Nadakai Gakuen

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 [Histoire]Une petite fleur perdue

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MessageSujet: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:11

Cela fait quelques années que j'ai écrit ce texte de presque 70 pages word, et j'aimerais des avis avant de recommencer l'exercice avec un texte plus complexe car plus travaillé (dont je suis en train de faire le monde). Il n'y a normalement pas de chapitre mais je vais découper en plusieurs morceaux, sinon ça rentrera pas ^^ ET si vous voulez mettre des commentaires, si c'est possible, les mettre dans un autre topic ^^ Voilà le début :


« Bienvenue dans votre dernier cycle d’apprentissage. Durant une année vous serez par groupes de 4 avec un tuteur pour vous apprendre à travailler en équipe. Jusque là, vous aviez l’habitude d’être en solitaire, et vous avez pu voir vos forces et vos faiblesses. Vous apprendrez qu’être en équipe c’est un avantage par moment, certains pouvant compenser vos faiblesses. Sur ce, je vous laisse avec vos tuteurs qui vont vous appeler. »

C’était le jour de rentrée pour Hana, qui était excitée comme une puce. Elle avait enfin pu passer les examens sans fléchir à cause d’une matière, toujours la même. Elle avait par contre la chance d’être une elfe, et de ce fait, elle avait plus de temps pour s’entrainer avant l’âge adulte. Non pas que cela devenait sa priorité, mais elle savait qu’en accomplissant des exploits, elle avait plus de chance de se faire remarquer par son père. C’était ça son objectif, que son père la remarque. Et il n’y avait qu’en devenant une grande magicienne pour le moment. Après elle se spécialiserait en tant que élémentariste. Mais pour le moment, elle attendait qu’on l’appelle. Les magiciens étaient appelés les premiers dans les équipes. Parce que c’était comme ça, il n’y avait pas de raison particulière. Mais lorsqu’elle entendit son nom, elle se précipita vers l’estrade auprès de son tuteur. Elle était tellement joyeuse qu’elle ne vit pas vraiment qui étaient ses partenaires. Elle était tout simplement heureuse, après 3 échecs, il fallait dire que personne ne pensait la voir un jour sur cette estrade. Elle partit avec ses compagnons dans une salle à part. Ce fut à ce moment là qu’elle se réveilla de son délire.

« Alors on est avec l’éternelle redoublante ? Quelle plaie ! »

Elle regarda la personne qui avait eu le culot de lui rappeler qu’elle était une grande redoublante et fit un regard de tueuse comme elle savait si bien les faire. Le garçon ne recula pas. Apparemment il était moins impressionnable qu’il en avait l’air. Un peu frêle sur les bords, il avait des cheveux d’un blanc étincelant qui faisait penser à la neige. Hana le connaissait, c’était un provocateur, et il était connu dans toute l’école pour avoir saccagé le gymnase un jour où il était en colère après le professeur. Il fallait dire qu’il n’en avait pas l’air, mais c’était un bon guerrier. Hana continuait à le fusiller du regard quand elle sentit quelqu’un la prendre par les épaules. Elle se retourna pour voir une personne qu’elle ne connaissait pas.

« Laisse Subaru dire ce qu’il veut. Moi je me présente, je suis Grez, mais tu as du l’entendre tout à l’heure quand on nous a appelé. »

Entendre ? Bah à vrai dire, elle n’avait rien entendu du tout, vu qu’elle avait été dans son délire, elle avait à peine écouté le nom de ses partenaires, ou même vu leur tête. Elle regarda d’ailleurs le garçon, qui avait les cheveux mi-longs châtains clairs. Lui, il avait l’air sympathique, contrairement à l’autre. Elle se retourna vers la troisième personne d’à peu près son âge. Lui il avait les cheveux courts, c’était bien le seul d’ailleurs vu que Subaru avait les cheveux assez long pour les attacher en queue de cheval et que ceux-ci retombent jusqu’au milieu de son dos. Il était brun presque noir, et ses yeux étincelaient de patience et de sérénité.

« Moi c’est Anzai, ravi de faire ta connaissance Hana. »

Apparemment tout le monde la connaissait déjà, elle n’avait donc pas besoin de se présenter. C’était une bonne chose, elle n’aimait pas les formalités. Un raclement de gorge fit tourner la tête des quatre jeunes, un homme assez âgé, pour ne pas dire vieux, était derrière eux, en train d’attendre qu’ils aient finis de parler. C’était maintenant son tour de s’exprimer. Il avait les cheveux gris et assez courts eux aussi. Sa barbe assez longue faisait penser un peu à Merlin des livres de Hana.

« Et bien, puisque vous vous êtes partiellement présenté, je pense que c’est à mon tour de le faire. Je suis Light Tsukiyo, votre tuteur. »

Un murmure se fit entendre et tout le monde se tourna vers Subaru, dont les pensées avaient déplacé ses lèvres. Il venait de dire « pourquoi un vieux ? » Anzai fut le premier à répondre à cette question.

« L’âge n’a rien à voir avec les capacités de chacun, et quelqu’un de plus âgé serait certainement plus sage qu’un jeune qui n’a pas encore vécu beaucoup de chose. »
« Merci Anzai. Bon, je vais finir ma présentation. Je suis un guerrier, tout comme Subaru, mais j’ai un peu perdu en dextérité, je dois bien l’avouer. Je vais vous laisser tour à tour vous présenter, dire votre nom, votre âge, votre race, votre classe, et vos spécialités. »
« Subaru, 16 ans, humain, guerrier, spécialisé dans l’art de l’épée. »
« Moi c’est Grez, j’ai 17 ans, je suis aussi un humain, je suis guérisseur, et je suis spécialisé pour les potions. Par contre mon point faible c’est de soigner les grosses plaies. »
« Je suis Hana, j’ai 106 ans, je suis une elfe magicienne, et ma spécialité c’est de renforcer mon équipe et de la protéger. J’ai du mal avec les sorts d’attaque. »
« Mon nom est Anzai, j’ai 62 ans, je suis un hybride humain elfe. Je suis un invocateur, et je peux appeler des dragons élémentaires. Par contre j’ai du mal avec les Shikigamis. »


Maintenant chacun s’était présenté à sa manière. C’était peut être bref, mais c’était suffisant pour Monsieur Tsukiyo. Il savait maintenant à peu près le caractère de ses élèves. Il ne restait plus qu’à voir leurs capacités, et pour cela rien ne valait mieux qu’une mission. Parce que le dernier cycle marchait sous forme de missions. Cela pouvait aller du chat perdu à l’escorte d’une personne importante. Pour le moment, seules les missions du type chat perdu étaient au programme, pour faire travailler leur capacité à se serrer les coudes, et vu le caractère de certains, ce n’était pas gagné. Il voyait mal Hana et Subaru faire équipe, Subaru étant trop fier pour se faire aider. Il fallait dire aussi que l’alliance magicien guerrier avait beau être puissante, elle n’était pas toujours en harmonie à cause de leurs rivalités. Le guerrier était l’ennemi principal du magicien, tout comme le nain vivait en rivalité constante avec l’elfe. Par chance, ils n’avaient pas de guerrier nain.

« Bon, première chose que nous allons faire, c’est tester votre capacité à travailler en équipe. Pour cela, je vais lâcher des oiseaux dans cette pièce, et vous allez devoir les rattraper, et si vous les blessez, vous serez obligés de les soigner. C’est votre première mission. »

Au mot mission, Subaru se prépara, main à l’épée, avant qu’Anzai le prenne par l’épaule et lui fasse un non de la tête. Pas d’épée pour cette mission. C’était trop dangereux pour les oiseaux. Ils risquaient de périr sous les coups, ou de perdre leurs ailes, et malgré les pouvoirs de guérisseurs qu’ils avaient avec eux, ils ne pouvaient pas les faire repousser ou les recoller. L’épée n’était donc pas préférable lors de cette mission. A contre cœur, il la rangea, et regarda ses camarades d’un air dégouté. Il allait être obligé de les attraper à main nue, ce qu’il n’appréciait guère. Une fois qu’ils furent tous prêts, le professeur Tsukiyo lâcha les oiseaux qui se mirent à voler dans tous les sens dans la salle de classe. Subaru essaya plusieurs fois de les attraper et finit par dire qu’il n’y avait pas moyen de les avoir. Là, Anzai et Grez se mirent à discuter et proposèrent une solution.

« A ce que l’on sache, Hana est une magicienne qui doit bien être capable de décupler la vitesse et l’agilité d’une personne. On peut toujours lui demander qu’elle décuple les tiennes pour que tu ais plus de chance d’attraper ces oiseaux. »

La réponse fut un refus absolu, Subaru, comme l’avait prévu le professeur, refusait la moindre aide extérieure. Anzai poussa un soupir et invoqua un dragon de la taille des oiseaux, puis il demanda à celui-ci d’attraper les volatiles. Ce dragon ressemblait en tout point aux dragons asiatiques sauf qu’il était d’un rose pâle. Lui aussi eut du mal, mais il réussit à en attraper un après plusieurs minutes. Hana ne savait pas si cela marcherait, mais elle utilisa une incantation pour améliorer la vitesse et l’agilité du dragon, comme avait proposé l’invocateur un peu plus tôt. Cela eut la chance de fonctionner, et le dragon pu en attraper deux autres. Mais il en restait toujours une petite dizaine, et Subaru était toujours en train de s’évertuer à en attraper sans aide. Là, ils essayèrent à nouveau de le convaincre de se faire aider, mais il refusa de nouveau. Ils n’insistèrent pas et essayèrent à trois de trouver une solution pour être plus performants.

« Je pourrais les ralentir, dit Hana, mais le soucis, c’est que ces oiseaux ne restent pas immobiles. Mon sort risque de les rater. »
« Et moi, je ne connais pas de moyen de ralentir ou de faire que ces oiseaux nous obéissent. »
« Ecoutez, proposa Anzai, nous avons pour le moment une solution qui nous permet d’être à peu près performants non pas sur la vitesse mais sur les résultats. C’est déjà pas mal, autant ne pas trop se compliquer la vie pour une première fois. Compris ? »
« Oui ! »
« Oui. »

Ils finirent donc de la même manière ce qu’ils avaient commencé, et réussirent à eux trois à avoir tous les oiseaux, et à soigner ceux que le dragon attrapait un peu trop sauvagement. Ils eurent les félicitations de leur tuteur. Par contre celui-ci se tourna vers Subaru.

« Tu as bien vu que travailler seul n’apportait pas grand-chose, tu aurais du essayer d’accepter l’aide que les autres te proposaient et ne pas discuter sur leur bon sens à cause d’une fierté personnelle. C’est cela faire un travail d’équipe. »

Sur ces mots, il se retourna et sortit de la salle, laissant ses élèves seuls pour qu’ils puissent discuter entre eux. Ils voyaient par la porte qu’il était resté à proximité. Subaru se tourna rapidement vers les autres, et détourna son regard, un peu honteux de n’avoir réussit là où ils avaient fait équipe pour y arriver. Il n’osait pas non plus sortir à cause de leur professeur qui était encore là. Il resta silencieux un moment, pendant ce temps, les trois autres discutaient.


« Il est impressionnant ton dragon, même si il est de petite taille. Tu peux en invoquer d’autres, et des plus grands ? »
« A dire vrai Hana, je peux en appeler quatre, un par élément, et je leur donne la taille que je veux. »
« Il y a plus que quatre éléments. » Fit remarquer Grez. « Il y a l’eau, le feu, la terre, l’air, et aussi la foudre, le métal, le bois, la glace et j’en passe. »
« Oui, disons dans ce cas que ce sont les dragons des quatre éléments les plus connus. »
« C’est déjà impressionnant ! Dire que je suis à peine capable de lancer un sort d’attaque. »
« Peut-être, mais tu sais très bien les sorts d’aide. »
« Grez a raison, si tu n’avais pas été là avec ta magie, j’aurais certainement eu plus de mal à attraper ces oiseaux. »
« Oui, surement. »

Pour couronner le tout, Hana fit une mine un peu déçue. C’était à cause de son inefficacité aux sorts d’attaque qu’elle avait échoué plusieurs fois à son examen.


Dernière édition par Erwan Prigent le Ven 5 Juil - 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:11

Les jours passèrent et l’équipe du enchainer les missions. Subaru continuait à faire bande à part tandis que les trois autres travaillaient leur coopération. C’était un peu gênant selon eux que Subaru refuse de mettre sa fierté de côté pour réussir leurs missions. Ils y arrivaient, mais toujours avec une insatisfaction au résultat, et des réprimandes de la part de leur tuteur. Ils essayèrent en vain de convaincre le guerrier de se lier à eux, en travaillant côte à côte, mais rien n’y faisait, sa fierté personnelle était trop grande pour qu’il puisse la mettre à part le temps d’une mission. Puis vint le jour où ils devaient passer en examen devant un jury pour décider s’ils étaient aptes à passer dans les étapes supérieures plutôt que de rester d'éternels étudiants. C’était la dernière marche avant le marché de l’emploi. Il n’y avait que Hana qui stressait pour cet examen, elle ne s’était pas améliorée depuis et elle se doutait qu’on allait lui demander un sort d’attaque. A dire vrai, les quatre personnes pensaient qu’ils allaient passer séparément, ce qui aurait été un avantage énorme pour Subaru et un gros désavantage pour Hana. Mais leur tuteur les ramena à la réalité.

« Ce qu’on teste ici, ce ne sont pas vos capacités individuelles, mais votre travail d’équipe. Subaru, pour une fois, accepte l’aide des autres. »

Suite à une grimace et bien des supplications, Light Tsukiyo réussit à avoir gain de cause, et Subaru se tourna vers les autres.

« C’est bien pour avoir cet examen que j’accepte de faire équipe avec vous. »

Ce fut un grand soulagement pour tous, et ils entrèrent sereins dans la salle dans laquelle ils allaient passer leur examen. Ils ne savaient pas encore ce qui les attendait, mais ils étaient impatients de finir leur besogne pour ensuite pouvoir faire de vraies missions données par des personnes extérieures, parfois importantes, et gagner leur argent ainsi. Bien sur leur travail pouvait être de bas de gamme par rapport à d’autres parce qu’ils n’avaient pas encore fait leurs preuves sur le terrain réellement.

L’examen allait commencer, et ils étaient plusieurs groupes à être présents. Il y avait de toutes races et de toutes classes. Tous formaient un groupe de quatre. Ils étaient alignés les un derrière les autres. Anzai, le plus sage et le chef de l’équipe, était placé en premier, suivit par Subaru, puis Grez et enfin Hana. Ils écoutèrent les instructions. L’examen consistait en un tournoi où chaque équipe devait s’affronter. Il n’était pas obligatoire d’être le premier du tournoi pour être accepter, il fallait juste montrer leur travail d’équipe. Les explications furent courtes mais bien formulées, aussi, chacun savait ce qu’il avait à faire. Pendant les matchs, les équipes qui ne se battaient pas étaient dans une autre salle, et devaient attendre qu’on les appelle pour aller sur le terrain. Ainsi personne ne voyait la stratégie des autres équipes. Cela permettait de devoir s’adapter selon ceux contre qui ils se battaient. Ils avaient bien sur le droit à tout ce dont ils avaient besoin comme armes, même si la plupart avec les leurs avec eux. L’équipe que nous suivons avait le numéro 7, un chiffre porte chance pour Anzai. Ils attendirent dans la salle, observant les réactions de chacun. Certains étaient inquiets ou stressés alors que d’autres, comme eux, étaient plutôt calme, malgré l’excitation qui se faisait ressortir. Anzai avait regardé pendant les explications le nombre de groupe à passer, ils étaient 12. Ils n’allaient donc pas passer rapidement. Et il était hors de question de parler stratégie devant tant de monde, et ne pouvant s’isoler, ils allaient devoir s’adapter et improviser pendant leur combat.

Après plusieurs dizaines de minutes d’attente, ce fut leur tour de passer, ils étaient contre l’équipe 8, puisqu’ils passaient par numéro pour commencer. Ils se dirigèrent ensemble vers la salle de combat où se trouvait un jury composé de quatre personnes. Ils étaient tous de l’école où ils avaient travaillé pour parvenir à leur niveau. Chacun étant le représentant d’une classe. Hana sentit le stress monter en elle quand elle vit son propre frère ainé dans le jury. Il était un guerrier hors norme à tel point qu’il avait passé toutes les étapes de l’apprentissage à une grande vitesse et qu’il était maintenant un des guerriers les plus respectés. Elle savait qu’il n’allait pas lui faire de cadeau. Isildur n’était pas du style à laisser ses sentiments dépasser son professionnalisme. Il était de loin le meilleur professeur, mais le plus strict et le plus exigent vis-à-vis de ses élèves. Elle se mordit la lèvre, se sentant maudite. Puis, elle regarda ses compagnons, qui semblaient aussi un peu nerveux. Elle poussa un soupir et se plaça derrière Subaru pour lui lancer des incantations d’aide. C’était tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment. Anzai se plaça aussi en arrière, et Grez resta encore plus en retrait. Subaru sortit son épée de son fourreau. Il se plaça, près à combattre. Puis, le signal fut lancé. L’objectif était de faire le plus de points sans blesser l’adversaire. Et pour faire des points, il fallait un travail d’équipe parfait.

Subaru se précipita sur l’adversaire qui semblait être aussi un guerrier, ou plutôt une guerrière. Elle avait des cheveux roux presque rouges et elle se battait avec une lance. Elle bloqua sans soucis le coup que Subaru essaya de lui porter. Celui-ci fit une pirouette sur lui-même et alla la toucher du plat de sa lame le côté de celle-ci. Pendant ce temps, Anzai invoqua un de ses dragons qui était aussi rouge et enflammé qu’un incendie. Ils restèrent pourtant en retrait, et Subaru alla les rejoindre d’un saut. Ils ne se parlaient pas, mais se comprenaient d’un regard. Hana profita de leur immobilité pour lancer une de ses incantations pour améliorer la vitesse et l’agilité de Subaru. Puis elle resta en retrait, se sachant inutile. Elle fit tout de même apparaitre une barrière quasiment invisible entre Grez et les autres. Il fallait protéger leur guérisseur pour qu’il puisse soigner les autres. Cette barrière, les alliés pouvaient la franchir, mais pas les adversaires. L’invocateur de l’autre équipe fit appel à l’une de ses bêtes pour pouvoir se défendre. Il avait un oiseau assez grand et lui aussi enflammé. Anzai ne s’effraya pas de cet adversaire, car il avait déjà eu à le battre au cours de son apprentissage, et il connaissait ses points faibles. Hana, elle, reconnu le magicien qui était face à elle. C’était un bon élève qui savait parfaitement utiliser des sorts de combat. Par contre il n’était pas d’une grande utilité quand il s’agissait de donner des aides à ses alliés. Dans le cas présent, ça pouvait aussi bien être un point fort qu’un point faible. Elle avait toujours perdu face à lui. Il fallait dire qu’ils ne s’étaient battus qu’une seule fois et qu’elle était en face à face. Sans connaitre de techniques de combat, c’était plus difficile. Mais là, ils étaient en groupe. Hana se plaça derrière sa barrière magique aux côtés de Grez. Anzai lança son dragon sur l’oiseau. Celui-ci l’esquiva et fit un plongé sur l’invocateur de l’équipe 7. Ce fut Hana qui bloqua l’attaque en plaçant temporairement une barrière entre les deux. Celle-ci disparut quand l’impact eu pour effet de repousser l’adversaire. Subaru se démenait contre la guerrière et arrivait à peut près à la toucher sans trop de difficulté. Hana, elle, observait la scène, et voyait que pour le moment, l’autre magicien n’attaquait pas, comme s’il protégeait leur guérisseur. Subaru fut touché sur le côté gauche de sa hanche. Il recula et Grez en profita pour aller le soigner pendant qu’un deuxième dragon apparaissait sur le terrain. Un dragon tout bleu qui donnait l’impression d’être tout droit sortit de l’océan. Celui-ci protégea Grez et Subaru contre la guerrière. Une fois soigné, Subaru repassa à l’attaque et Grez retourna derrière la barrière.

Le combat dura encore plusieurs minutes, avant qu’un sifflet vienne annoncer la fin du combat. Tous se stoppèrent, stupéfiés. Pourquoi siffler la fin d’un combat alors que celui-ci n’avait pas de vainqueur. Ils furent juste congédiés pour toute réponse à leurs questions. Ils retournèrent dans la salle d’attente, et on se précipita vers Subaru pour lui demander comment c’était passé le combat. C’est là que les autres se rendirent compte qu’il était vraiment populaire malgré son sale caractère. Celui-ci ne donna aucune réponse. Il alla juste s’assoir sur l’un des fauteuils présents dans la pièce. Son équipe se retrouva autour de lui, mais personne n’osait décrocher un mot. Les équipes suivantes passèrent et une attente interminable se fit ressentir dans la salle. Finalement, quand tout le monde était passé, le jury entra dans la salle d’attente et tout le monde se remit en rang. L’un d’entre eux annonça la fin du tournoi. Des protestations se levèrent, protestant contre ce choix, le tournoi venait à peine de commencer.

« Nous avons des problèmes plus important, et nous avons pu voir qui est capable de s’en sortir au combat en équipe. Nous n’avons pas besoin de plus. Les équipes 1, 5, 7 et 12 sont reçues. »

Hana contint sa joie et elle vit un grand sourire s’afficher sur les visages de ceux qui avaient réussi. L’homme qui parlait continua en disant que ceux qui avaient échoué pouvaient passer les voir pour connaitre les raisons de ce choix.


En sortant de la salle, Hana et Grez sautèrent de joie, tendit que Anzai souriait, et que Subaru affichait son habituelle visage sans expression. Pourtant, Hana avait une lueur de tristesse dans ses yeux, elle avait vu son frère la regarder d’un de ses regards rabaissant. Ce n’était pas grâce à lui qu’elle était passée avec son équipe. C’était parce que les autres avaient du insister. Elle savait très bien qu’aux yeux des siens, elle n’était qu’une erreur qui ne savait pas se battre. Chacun se tourna vers les autres. Maintenant leurs chemins allaient se séparer. Ils allaient trouver d’autres groupes qui allaient les accepter ou travailler en individuel. Anzai demanda qui allait faire quoi.

« Moi, je vais parfaire mon entrainement avec un guérisseur que je vais chercher. » annonça Grez. « J’ai encore beaucoup à apprendre, une fois que je serais meilleur, j’intègrerais les rangs de ceux qui protègent un roi du continent. »
« Moi, je pense que je vais travailler mes sorts d’attaque si je trouve un maitre. Mais je ne pense pas rentrer tout de suite dans le monde du travail. » Poursuivit Hana.
« Moi, je vais chercher des annonces pour travailler. » Acheva Subaru.
« Et bien c’est ici que nos chemins se séparent. »Dit tristement Anzai.  « Ce fut un plaisir de travailler avec vous. Si l’occasion se représente, on refera peut-être équipe. Je vous souhaite bonne chance à vous. »

De loin, leur maître les observait, et les laissa s’éloigner dans des directions différentes.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:14

Après plusieurs mois de petits boulots, Anzai trouva enfin un emploi fixe. Il faisait maintenant partie de l’équipe d’invocateurs du roi du royaume de Solenia. C’était un royaume paisible où seule l’élite pouvait entrer au service du roi. Anzai avait fait ses preuves quand il avait par hasard sauvé la jeune princesse, qui avait une dizaine d’année. Il était en train de se rendre vers le village où il pouvait toucher sa récompense quand il vit une petite fille jouer près d’un ravin et tomber dedans. Il avait tout de suite appelé un de ses dragons pour l’empêcher de s’écraser au fond du ravin. Le père avait vu la scène et avait de suite demandé au garçon d’être la garde rapprochée de la petite. Celui-ci avait accepté avec une certaine réserve. Il savait gérer une équipe, mais pas des enfants. Tout du moins, il n’avait jamais essayé. Le roi le rassura en disant qu’il n’avait qu’à la protéger, sans forcément s’occuper d’elle, elle avait des servantes pour cela.

Pourtant, depuis qu’il était entré à son service et qu’il restait constamment auprès de l’enfant, celle-ci ne cessait de s’approcher de lui. Il fallait dire que de par sa taille assez grande, et ses pouvoirs, il était plutôt rassurant pour l’enfant, qui s’avéra avoir envie de connaitre un peu plus ce preux chevalier qui l’avait sauvé d’une mort certaine. Il était donc contraint de s’occuper d’elle toute la journée, de jouer à ses jeux. Il s’en lassait assez rapidement, mais il devait avouer qu’il avait une bonne situation, il était nourrit, logé, blanchit, et pouvait prendre quelques heures le soir pour lui. Aussi, il en profitait pour lire. Il ne s’entrainait jamais pour l’invocation de ses dragons, n’en ayant pas besoin. Il avait déjà un bon niveau, pouvant appeler quatre dragons élémentaires. C’était plutôt rare pour quelqu’un qui sortait de l’école de réussir un tel exploit. Il se savait doué mais n’en prenait pas la grosse tête.

Une des distractions de la petite princesse était de suivre partout où il allait le pauvre Anzai, qui n’avait plus une minute à lui, sauf lorsque l’enfant s’endormait. Elle ne voulait plus le lâcher, au point que le jeune homme ne pouvait plus faire la moindre chose, et qu’il était obligé de se présenter devant le roi avec l’enfant. Bien évidemment, celui-ci évitait de l’appeler, ou le convoquait le soir, quand l’enfant dormait. C’était un homme bienveillant malgré son vieil âge. Ce soir là, il avait demandé la présence d’Anzai auprès de lui. Cela faisait à peine un mois que ce jeune prodige était à son service, et il voulait le faire évoluer à un niveau plus haut que la protection de sa fille. Bien sur, il y tenait fermement. Comme il l’avait déjà expliqué à l’invocateur, il avait perdu sa femme à la naissance miraculeuse de cette enfant tant attendue. Elle était devenue la chose la plus importance à ses yeux. Faire parti de la garde de cette enfant était un privilège, mais il y en avait un encore plus grand, celui de la protection du roi lui-même. Et ce fut la proposition que faisait sa majesté à Anzai, qui pourtant n’était encore qu’un adolescent, presque adulte certes, mais adolescent toujours. Il le voulait pour gardien de sa propre vie, il ne voulait pas que la petite s’attache à un de ses gardes car il pouvait à tout moment partir au combat si besoin il y avait. Anzai compris les intentions du roi, et les accepta. Il n’était pas en phase de refuser du travail, surtout que c’était mieux payé, et qu’il pourrait ensuite réaliser son rêve : voyager dans le monde pour instaurer la paix dans le cœur des hommes.

Il se retrouva donc avec une petite partie des soldats du roi dans des appartements luxueux. Il fit la connaissance d’un homme d’âge mur qui s’avéra être un elfe. Il se nommait Yuki Shiraha, et il provenait de la contrée de Seimei, un lieu où il y avait de nombreuses forêts denses. Il ne connaissait pas le roi de ces contrées, n’ayant pas vraiment suivit les cours de géopolitique de son apprentissage. Il n’avait d’ailleurs pas envie d’en savoir plus. Il se renseignerait si jamais le roi venait à se déplacer en ces contrées. Yuki était aussi blond que les blés, et ses cheveux étaient attachés en un chignon serré, et dont les cheveux longs pendaient vers le sol, arrivant jusqu’à son dos. C’était un guerrier aussi froid que Subaru d’apparence, mais avec plus d’humanité et qui savait faire équipe. Il était trop âgé pour être passé dans l’école dans laquelle les derniers jeunes étaient passés. L’école était trop récente, elle avait une dizaine d’année tout au plus. Les plus anciens avaient été formés avec des maîtres qui enseignaient leur savoir à quelques élèves, bien sur cela se faisait encore, mais moins qu’auparavant. Mais du coup il y avait plus de personnes qui avaient des difficultés dans certains domaines et qui ne pouvaient passer du temps à y remédier vu le nombre de personnes dans les classes.

Anzai discutait beaucoup avec Yuki. Il avait apprit qu’il était dans ce royaume de Solenia depuis son enfance, que ses parents l’avaient confié au roi pour qu’il devienne quelqu’un de puissant et qui serait fidèle au royaume qu’il servirait. C’était ce qu’il était devenu. Il ne contestait jamais les ordres du roi, et les suivaient à la lettre. Anzai était plutôt de ce comportement là lui aussi, mais il savait raisonner, et il ne se jetait pas dans des pièges évidents. C’était ce qui différenciait les deux hommes. Pourtant les deux s’entendaient parfaitement bien. Ils étaient en plus de même tour de garde du roi, vu que deux groupes se relayaient pour le protéger. La vie y était paisible vu que personne ne voulait s’en prendre à ce souverain, tout du moins pas chez ses sujets, le roi régnant en prônant l’égalité et le partage. Bien sur on lui versait des taxes, qu’il utilisait à bon escient. Il était connu pour sa diplomatie et son grand cœur. Toujours prêt à aider ses voisins, il leur apportait nourriture et autres ressources quand il en avait de trop et d’autres pas assez.
Yuki était aussi l’un des conseillers du roi, cela faisait tant d’années qu’il travaillait à son service que le roi lui faisait une entière confiance. Ses conseils étaient souvent judicieux, et aidaient le souverain dans sa quête du bien être de chacun. Ainsi Anzai y avait trouvé sa place, et se satisfaisait de son sort. Quand ce n’était pas son tour de garde, il allait avec Yuki sur le terrain d’entrainement, où ils s’entraidaient pour s’améliorer. Yuki se battait avec toutes armes, ayant tout de même une préférence pour les dagues et les dards. Pourtant, il n’arrivait jamais à atteindre Anzai, qui avait une bonne défense avec ses dragons. De plus, il les contrôlait bien. Il avoua un jour son secret à Yuki, il suffisait d’être un ami de ses invocations pour que celles-ci acceptent de le protéger. Il ne fallait pas passer par la force avec elles, mais par la douceur et la compréhension. Aussi, il lui arrivait de temps à autre de s’isoler et d’invoquer un de ses dragons pour que celui-ci puisse de dégourdir et discuter avec lui. La première chose qui étonna Yuki, c’était que les dragons puissent parler.

« En fait, lui expliqua Anzai, ils ne parlent pas vraiment, on se comprend, c’est plutôt comme si je parlais tout seul vu de l’extérieur, mais nous nous comprenons, cela m’a valut des années d’entrainement, bien avant que je rentre dans cette école. »

C’était la première fois qu’Anzai dévoilait son secret, mais il savait que cela ne le pénaliserait pas dans ses prochains combats. C’était juste la manière dont il avait dressé ses dragons qu’il avait dit. Ce n’était pas une chose des plus importantes, il s’avérait bien de cacher leur point faible. Yuki n’était pas dupe non plus, il savait que Anzai ne lui révèlerait jamais une chose aussi importante que leur point faible. Il avait pourtant constaté que Anzai utilisait souvent le dragon de l’eau pour se protéger, celui de feu pour attaquer, et les deux autres de manière neutre. Mais n’ayant aucun pouvoir, il ne pouvait pas s’en prendre aux dragons, son épée entaillant à peine leur peau. A eux deux, ils étaient les deux meilleurs éléments de la garde rapprochée du roi.

Puis vint le jour où on leur confia une mission de la plus haute importance, apporter un document aux rois voisins. Le roi convoqua les deux hommes et leur donna un document. Il devait l’apporter d’abord au roi du pays qui se trouvait au nord, puis à celui qui se trouvait au sud. Il n’y avait qu’un seul document, aussi ils devaient le garder précieusement et ne pas le laisser entre les mains de bandits et autres ennemis. Les deux hommes partirent sur l’heure, à dos de cheval. Ils portaient la tunique de la royauté, et seul Yuki possédait l’armure qui allait avec. Celle-ci était d’un vert étincelant, avec des couleurs argentées dessus. La tunique que portait fièrement Anzai était elle aussi verte. C’était les couleurs du royaume. Leurs chevaux n’avaient pas d’ornement sur eux, c’était plus facile pour eux de se déplacer. Ils chevauchèrent au pas toute la partie nord du royaume, saluant les paysans et les autres habitants qu’ils croisaient. Leur tenue permettait de les reconnaitre. Ils mirent deux jours à arriver à la frontière entre les deux royaumes. Étant en paix, il n’y avait pas beaucoup de garde des deux camps. On leur demanda tout de même ce qu’ils venaient faire en cette contrée. Ce fut Yuki, qui possédait le parchemin, qui le leur montra en indiquant qu’il devait l’apporter à leur roi au plus vite, ordre de sa Majesté. On les laissa passer et ils entrèrent dans le royaume de Ryuku. Tout comme la contrée qu’ils protégeaient, celle-ci était dirigée par un Humain, et la plupart des habitants étaient eux aussi des humains. Anzai se demanda si Grez, Hana et Subaru venaient d’une de ces deux contrées. Il ne leur avait jamais posé la question.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:15

Il y avait trois royaumes tenus par les humains : Solenia, Ryuku et Marachi. Ces trois contrées étaient côtes à côtes, dans un alignement nord-sud. Solenia se trouvait au milieu et avait souvent été la proie des querelles des deux autres pays. Ryuku se trouvait au nord et Marachi au sud. Pendant longtemps, ces deux pays avaient été en guerre pour des querelles de leurs rois. Solenia en avait beaucoup souffert, se trouvant au milieu, mais depuis plusieurs années, elle avait pu se reconstruire tout doucement, par chance, leurs ressources n’avaient pas été endommagées. Seules les maisons avaient été détruites, et la guerre n’avait pas duré assez longtemps pour détruire plus le royaume de Solenia. Ryuku se trouvant plus au nord, son climat était plus difficile à vivre que Solenia, et leurs ressources étaient minimes. Aussi ils demandaient beaucoup d’aide à leur voisin. Marachi avait à peu près le même climat que Solenia, et ils se refusaient de demander de l’aide aux autres pays.


Yuki et Anzai étaient maintenant dans les prairies de Ryuku, et ils avançaient toujours au pas. Ils mettraient deux jours pour arriver au château du roi. Aussi ils en profitaient pour discuter, tout en restant sur leurs gardes. Les deux hommes étaient calmes, et ne semblaient pas vraiment impressionnés ou surpris par le manque de ressources flagrant du pays. Ils savaient qu’il y avait un accord entre les deux pays qu’étaient Ryuku et Solenia. Solenia fournissait de la nourriture en échange de quoi la paix devait régner entre Ryuku et Marachi. Si une guerre éclatait, ils arrêteraient la transaction. Anzai était arrivé bien après la guerre qui s’était achevée sur les terres du pays qu’il devait maintenant défendre. Il était plutôt content de savoir que la paix régnait, même si c’était temporaire. Il n’aimait pas les attaques des adversaires, préférant se garder d’utiliser ses pouvoirs plutôt que de les utiliser pour faire du mal à quelqu’un. Il n’aimait pas la violence gratuite ou forcée. Il préférait régler les conflits par le parlé. Malheureusement, il savait que cela ne fonctionnait pas toujours. Ils s’arrêtèrent la nuit dans une auberge et laissèrent les chevaux dans l’écurie de celle-ci. En entrant, Anzai regarda autour de lui. Il n’aimait pas cette animation ambiante. Lui qui préférait le calme, il n’était pas dans son élément. Certainement que cela se sentait puisque Yuki posa sa main sur son épaule pour le rassurer. Anzai savait qu’il n’était pas friand de cette animation lui non plus. Ils se dirigèrent vers l’aubergiste, sentant les regards se poser sur eux à leur passage. Il était vrai qu’ils portaient les couleurs du royaume de Solenia, et que ça n’était pas courant. Yuki demanda une chambre pour deux. L’aubergiste leur donna les clés après avoir été payé. Par chance, dans tous les royaumes de ce continent, la monnaie était la même. Cela avait été réalisé pendant la période des grands échanges, pour faciliter la vie des marchants ambulants, et des autres marchants quand des étrangers venaient leur acheter ce dont ils avaient besoin. Ils montèrent directement dans la chambre sans manger. Il était fréquent que Yuki saute le repas du soir, et Anzai refusait de manger avec toute l’agitation qu’il y avait en bas.

« Normalement nous arriverons demain dans la matinée chez le roi. » Annonça Yuki.

Anzai ne répondit pas, il était déjà en train d’enlever ses bottes et de s’allonger sur le lit pas très bien entretenu. Il n’y avait pas de puces ou autres insectes envahisseur, mais l’odeur qui régnait dans la pièce était assez désagréable aux narines du demi-elfe. Il avait un sens de l’odorat assez développé. Il entendait aussi très bien, même si son oreille était moins fine que celle des elfes de sang pur. Yuki en profita pour défaire son armure. Puis il alla se passer un coup d’eau sur le visage grâce à la bassine qu’il y avait dans un coin de la pièce. Anzai savait qu’il faisait très attention à son hygiène de vie. Lui-même était assez à cheval sur cela, mais quand il voyageait, il avait prit l’habitude de ne pas gaspiller l’eau. Aussi il attendrait le lendemain matin pour se débarbouiller et passer de l’eau sur son corps. Il poussa un bâillement étouffé et commença à fermer les yeux. Pourtant, il ne dormait que d’un œil. Il avait l’habitude de ne pas dormir profondément quand il était en mission ou sur la route. Il avait plusieurs fois été attaqué par des brigands de passage. Il dormait rarement dans des auberges.
Par chance, cette nuit là, personne n’entra dans leur chambre et ils purent se reposer entièrement pour être frais le lendemain. Ils prirent un petit déjeuner consistant, composé de pois et d’une viande séchée. Ils repartirent alors que l’aube était à peine visible. Ils préféraient avancer le plus rapidement, et restaient malgré tout au pas. Yuki ne voulait pas épuiser les chevaux inutilement. Cela risquait d’être mauvais pour eux, et comme il avait amené son propre cheval dans l’aventure, il y faisait grandement attention. Anzai, lui, n’avait pas encore de quoi se payer un cheval, et même s’il le pouvait, il ne le ferait pas, il préférait la marche à pied, même si c’était plus long. Il pouvait ainsi mieux ressentir ce qu’il y avait autour de lui. C’était une habitude qu’il affectionnait. Ils arrivèrent au château quand le soleil était à son zénith. Ils s’approchèrent et des gardes demandèrent la raison de la venue de deux soldats de Solenia. Ils se présentèrent et indiquèrent leur mission. Les soldats les firent entrés à condition qu’ils descendent de cheval. On les confia à des écuyers et ils se dirigèrent, précédés par un garde, vers la salle du trône. Une fois arrivés, Anzai et Yuki s’inclinèrent respectueusement. Le roi leur demanda de se relever, et ils s’exécutèrent. Yuki alla à sa rencontre et lui présenta le rouleau qui contenait le message. Le roi lit en silence ce qui était écrit. Il rendit le papier.

« Vous direz à votre roi que je le suis dans sa démarche. J’espère que le roi de Marachi nous suivra aussi sur cette voie là. Bon courage pour la suite de votre mission. »

Les deux soldats saluèrent à nouveau le roi et reculèrent avant de se retourner pour sortir. Anzai, un peu curieux de nature, se demandait ce que pouvait contenir le rouleau de papier que Yuki avait. Pourtant il ne posa pas la question. Ce n’était pas ses affaires mais celles du roi, il n’avait pas à s’immiscer dans cette histoire plus qu’il ne devait. Aussi, il resta avec sa curiosité insatisfaite à reprendre son cheval. Cette fois ci, Yuki partit au petit galop pour arriver le plus vite possible au royaume du sud, en passant par leur château pour donner la réponse du roi de Ryuku. Anzai le suivit sans lui poser la moindre question, et sans parler. C’était une chose qu’ils aimaient bien tous les deux, rester là, sans parler et attendre que le temps passe. Ils mirent seulement deux jours à arriver au château de leur roi, et Yuki s’y arrêta pour le prévenir rapidement de la réponse du roi de Ryuku. Il revint quelques dizaines de minutes après, voyant Anzai assis contre un arbre, surveillant les chevaux qui broutaient. En l’apercevant, Anzai se releva, et se dirigea vers sa monture. Ils reprirent leur route et allèrent vers le royaume de Marachi, qui se trouvait plus près du château. Toujours au petit galop, ils traversèrent les bois et les champs pour arriver au bout d’une demi-journée à la frontière. Celle-ci était mieux gardée puisque le roi de Marachi n’aimait pas vraiment les étrangers.

« Que venez vous faire ici ? » Demanda un des soldats de garde.
« Nous avons un message à porter au roi. » Répondit Yuki.
« Quel est le contenu de ce message ? »
« Cela ne nous a pas été dit, nous avons juste un papier à lui remettre, laissez nous passer. »
Ils restèrent plus d’une dizaine de minute, et Anzai sentait son ami gonfler de colère contre ce garde qui ne faisait que son travail. Aussi, il descendit de cheval, donna les rênes à son ami et s’approcha du garde.
« Nous sommes des messagers du roi de Solenia. Notre mission est d’apporter ce rouleau à votre roi. Si vous n’avez pas confiance en nous, alors laissez nous passer avec des soldats de votre contrée pour qu’ils nous surveillent. »

Étonné par cette demande des plus étranges, le soldat décida qu’il valait mieux les laisser passer. Anzai le remercia et sauta sur son cheval pour continuer la route avec Yuki. Marachi était une petite contrée avec beaucoup de monde dessus. Mais ils avaient la chance d’avoir beaucoup de terrains pour faire des champs. Ils avaient abattu la plupart des forêts qui étaient dans leur pays. Aussi, les deux hommes passèrent uniquement devant des champs, et sentaient le regard des paysans. Ils n’étaient pas vraiment le bienvenu dans ces contrées, puisque ils avaient combattu contre Marachi il y avait bien longtemps de cela, afin de garder leurs terres. Mais Anzai pensait que depuis le temps, les gens auraient leurs cœurs apaisés. Apparemment, il s’était trompé. Il espérait que le roi serait moins réticent que les paysans. Ils arrivèrent en fin de journée au palais du roi. Ils s’arrêtèrent à la porte de celui-ci. Il y avait à nouveau des gardes qui les empêchèrent de passer. Yuki prit alors la parole.

« Nous avons un message à transmettre en main propre au roi. Veuillez nous conduire à lui. »

Un des gardes partit et ils attendirent pendant plusieurs minutes, ce qui agaçait Yuki. Pourquoi autant d’attente pour apporter juste un message ? C’était insupportable pour l’homme qui, malgré son calme, était un impatient. C’était la première fois qu’Anzai le voyait ainsi, aussi nerveux. Ils purent enfin rentrer et se dirigèrent à pied vers l’entrée du bâtiment. Ils arrivèrent tout de suite dans la salle du trône. Là, ils s’inclinèrent et attendirent qu’il les autorise à se relever pour s’exécuter. Le roi leur demanda quel message ils lui apportaient. Yuki s’avança et lui donna respectueusement le papier et il se recula. Il savait que ce roi de Marachi était très strict sur le respect qu’on lui devait, alors autant ne pas le contrarier pour éviter un quelconque conflit. Le roi lu le message à voix haute, ainsi la curiosité de l’invocateur fut satisfaite. Il su que c’était pour faire une paix entre les trois pays, et de réunir leurs meilleurs éléments parmi les jeunes pour les envoyer dans l’école dans laquelle Anzai avait fait son apprentissage. C’était une proposition sans aucun compromis. Le roi sembla réfléchir sur la question. Il finit par prendre la parole.

« C’est une proposition intéressante. Il est vrai que seuls ceux qui veulent y aller qui y vont, et pas forcement les meilleurs. Du coup nous avons des talents peu exploité. Je pense que je vais accepter cette proposition. Prévenez votre roi que je me déplacerais d’ici la prochaine lune pour voir avec lui ce qui peut être organisé. »

Il rendit le papier à Yuki qui le salua respectueusement, et Anzai en fit autant. Puis, ils se reculèrent jusqu’à la porte ouverte, où ils se retournèrent pour aller donner la réponse au roi. Ils devaient avant trouver un lieu où dormir. Ils trouvèrent une auberge, où ils s’installèrent pour la nuit. Ils n’eurent aucun ennui et repartirent le lendemain porter la réponse au roi. Ils arrivèrent en fin de journée au château, où ils furent accueillis avec chaleur. Yuki lui rendit le papier, et donna la réponse du roi de Marachi. Ils ne restèrent pas longtemps auprès du roi, suffisamment pour savoir que le roi de Ryuku allait lui aussi rendre visite au roi avant la prochaine lune. Un messager l’avait prévenu. Une question brula les lèvres de Anzai, qui était malgré tout assez jeune par rapport à son aîné, et donc qui comprenait moins bien cette histoire. Aussi, il essaya de se renseigner auprès de Yuki, qui ne lui donna aucune réponse. Anzai allait donc devoir garder des questions sans réponse. Il retourna dans la chambre qui lui était réservée et en profita pour faire sa toilette pour enlever la saleté qu’il avait accumulée sur sa peau et ses vêtements durant sa mission. Il savait que quand le roi donnait une mission, il laissait ses soldats se reposer une journée. C’était torse nu que Anzai du accueillir une personne qui toquait à la porte. C’était un petit enfant, fils d’un des soldats du roi qui entra. Anzai aurait voulut le renvoyer, mais vu son doux regard d’enfant timide, il ne pu lui demander de partir. Il lui demanda ce qu’il venait faire ici.

« Je voudrais que vous me parliez de votre école. »

Anzai ne pu qu’être surpris. Il savait que son école n’était pas encore très connue. Comment un enfant comme lui pouvait en avoir eu vent ? Il se contenta de lui dire de s’asseoir sur son lit et prit une chaise qui trainait dans la pièce qu’il posa à côté du garçon. Il lui raconta son parcours, les différentes classes que l’on pouvait retrouver, les examens, et bien d’autres choses. Le jeune enfant avait les yeux qui brillaient. Il avait à peine 10 ans, et il lui fallait attendre un an avant de pouvoir entrer dans cette école. Encore faudrait-il que son père soit d’accord. Il demanda aussi autre chose, s’il pensait qu’il était capable d’y aller ou s’il n’avait pas le niveau.

« Tu sais, j’avais dans mon équipe la dernière année une magicienne qui avait encore des difficultés. Tu peux y aller si tu te sens capable de t’entrainer tous les jours. Les magiciens, invocateur et guérisseurs mettent plusieurs années à réussir à lancer leurs premiers sorts et invocations. Tu n’as pas à t’inquiéter. Tu as d’excellents professeurs, et ça t’aidera beaucoup. Maintenant, c’est à tes parents de choisir. »
« Et toi, tes parents ont acceptés ? »

Les yeux d’Anzai se voilèrent. Il n’avait pas connu ses parents, et la personne qui l’avait élevé était décédée avant son entrée dans l’école. Il avait fait toutes les démarches seul.

« Non, je n’ai pas eu leur accord, tout simplement parce qu’ils m’ont abandonné à ma naissance. Je n’en connais pas la raison, mais je suppose que c’est parce que mon père ou ma mère avait une pression sur un enfant métissé. Je suis un demi-elfe, et auparavant, c’était mal vu. Depuis quelques temps seulement, les enfants peuvent être métissés. Je crois que cette école m’a sauvé. »

Il avait eu des mauvaises expériences avant d’entrer dans l’école, et encore, il avait été remarqué au début pour son caractère un peu turbulent. Cette école l’avait beaucoup changé, il devait l’avouer. Il était devenu un modèle pour les plus jeunes, et un compagnon agréable pour les autres. Il congédia le petit enfant, lui disant d’en parler à son père. Il se retrouva de nouveau seul, et il prit une tunique simple pour sortir de sa chambre. Pourtant, en regardant la tunique, il avait les yeux voilés. Il se souvenait de son passé, celui où il n’était qu’un voleur des rues qui avait besoin de manger. Comment il connaissait cette école ? C’était qu’une fois, il avait eu des ennuis, et qu’il avait invoqué un de ses dragons pour se défendre. Un homme l’avait vu, et lui avait parlé de cette école où il pourrait s’entrainer pour s’améliorer, et où la vie serait différente. De plus, cette école était gratuite et on y manger à sa faim. Ce fut ce qui l’avait motivé à y entrer.
Il secoua sa tête, ce n’était pas le moment de se souvenir du passé. Il enfila sa tunique couleur chair et il sortit de sa chambre pour aller à l’extérieur. Il avait besoin de se détendre, et le seul endroit où il y arrivait, hormis sa chambre, c’était dans le parc du château, dans un coin reculé, auprès d’un arbre. Il y avait des chances qu’il retrouve Yuki, mais sa présence ne le dérangeait pas. Il se retrouva auprès de cet arbre, et il s’assit, sans se poser de question, avant de regarder autour de lui. Il y avait la cour qui se trouvait là, les riches marchants qui vendaient à l’extérieur leurs plus précieux tissus qu’ils trouvaient sur des terres qu’Anzai ne connaissait pas. Après plusieurs minutes, Anzai vit son ami arriver et s’installer auprès de lui. Ils n’échangèrent pas un mot pendant un moment. Puis vint enfin une autre personne, une fille, soldat, qui se dirigea vers eux. Anzai leva les yeux vers elle. Elle était rousse au regard de braise. Anzai la connaissait bien, elle était de celles qui faisaient partie de son groupe de garde. Cela voulait dire que la relève était assurée par le deuxième groupe.

« Alors comme ça vous avez eu une mission de messager. C’est plutôt étonnant, normalement un seul messager aurait suffit. Vous savez pourquoi une telle importance ? »
« Tu sais Anälia, même si nous le savions, nous n’aurions pas à le transmettre. Vas t’adresser au roi si tu veux une réponse. »

C’était Yuki qui avait parlé avec sa froideur habituelle. Anzai n’avait pas ouvert la bouche, si Yuki ne voulait pas dire le contenu de son message, c’était qu’il avait ses raisons. Il fallait dire que cet homme n’avait confiance qu’en peu de personnes, et Anzai avait la chance d’en faire parti. La femme pourtant ne s’arrêta pas là, et elle s’installa à côté du demi-elfe. Ce qu’il savait d’elle c’était qu’elle était humaine, et bonne guérisseuse. Elle n’allait jamais s’entrainer avec les autres, mais elle soignait toujours Anzai et Yuki quand ils se battaient un peu trop sérieusement. Ces trois là faisaient une bonne équipe. C’était juste dommage que Yuki n’ait pas confiance en Anälia. Il connaissait la puissance de ses soins, pour avoir un jour soigné une sale brûlure, mais cela s’arrêtait là.

« A quand votre prochain entrainement ? Je trouve que cela fait un moment que vous ne vous êtes pas battus. »
« Anälia, nous ne sommes plus des enfants, nous ne nous battons plus aussi souvent. »
« Même sans être des enfants, vous ne cessiez de vous battre au début. »
« La paix règne sur le royaume, et rien ne présage une guerre, pourquoi s’entrainer aussi souvent qu’au début ? Nous avions besoin de savoir le niveau de l’autre, maintenant que nous le connaissons, nous n’avons plus besoin de continuer ces combats inutiles. »
« Toujours aussi fuyant quand on parle de combat, quand changeras-tu Anzai ? Nous sommes prêts à nous battre s’il le faut. Que ça soit contre des brigands ou des terroristes, tout peut arriver, alors il faut être toujours au meilleur de sa puissance. »

Anzai ne répondit pas. Oui, il évitait des conflits armés, mais il savait que ça pouvait être inévitable. Mais après tout, il avait toujours bien réussi ici. Alors, il ne changerait pas son fusil d’épaule. Anälia poussa un soupir, décidément elle n’en tirerait rien de ces garçons, tous les deux aussi discrets malgré leur imposante prestance. Elle les savait sages et posés, toujours en train de réfléchir à quelque chose. Anzai reprit pourtant la parole.

« A la prochaine mission, on essaie de t’emmener, ça te convient ? »

Un hochement de tête suffit à la réponse positive de la jeune humaine. Il fallait dire que le roi s’était entouré de plusieurs personnes qui sortaient de l’école d’Anzai. Anälia était de quelques promotions avant lui, et elle s’était présentée auprès du roi juste après la validation de son apprentissage. Elle venait de ce pays, et elle avait été envoyée dans l’une des premières promotions. Elle avait du connaitre Hana, mais Anzai ne lui avait jamais posé la question. Il ne voulait pas savoir ce que les autres pensaient d’elle. Lui, il avait vu une jeune fille un peu trop énergique, qui connaissait certes peu de sorts, mais qui était vraiment douée pour ce qu’elle savait faire. Anzai l’appréciait, parce qu’elle acceptait souvent les remarques bien fondées. Et d’un certain point de vue, elle ressemblait à Anälia, sur son côté curieux et à lui faire des remarques. Il les appréciait, ces filles franches qui avaient de l’énergie.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:16

Un matin, le soleil se levait doucement, et une musique résonnait dans le château. Une musique agréable, douce et chaleureuse. Une enfant se déplaçait dans le labyrinthe du château. Personne, à part les serviteurs, n’était réveillé. Il y avait aussi cette enfant, et certainement la personne qui jouait de la musique. Un autre bruit se fit entendre, celui d’une voix grave. La musique s’était arrêtée, et l’enfant aussi. Une servante attrapa l’enfant et la força à retourner dans sa chambre. Ce n’était pas une heure pour se balader dans les couloirs. La musique reprit, et cette fois ci, c’était un homme qui marchait. Il se dirigea vers le haut du château, dans un grenier qui était presque oublié. Yuki poussa la porte de la pièce et la referma en silence. La personne qui jouait était de dos.

« Alors c’est toi le nouveau ? »

Le garçon aux cheveux blancs cessa de jouer et se retourna. Il eu un regard hautain vis-à-vis de l’homme qui avait osé l’écouter. Puis la porte s’ouvrit de nouveau et Anzai réussit à voir son ami, sans faire attention au nouvel arrivant. Ils n’étaient pas dans la même section des soldats du roi de Solenia.

« Qu’est ce que tu fais aussi tôt dans un endroit aussi improbable ? Et c’était quoi cette musique ? Je n’ai jamais rien entendu d’aussi doux. »

D’un signe de tête, Yuki lui montra le garçon aux cheveux blancs. Anzai se tourna et écarquilla les yeux.

« Subaru ? Mais qu’est ce que tu fais ici ? Je croyais que tu ne voulais pas entrer au service de quelqu’un. »
« C’est pas tes affaires ! »

Toujours fidèle à lui-même. Anzai se contenta de sourire, il avait retrouvé un de ses premiers partenaires de missions, et il avait déjà une requête à faire au roi. Se retrouver auprès de lui pour reprendre les missions ensembles. C’était, malgré les difficultés qu’il avait eu, les meilleurs moments de sa vie. Mais il devait convaincre le roi, et ça ce n’était pas gagné. Mais il ne lui restait pas de doute, il allait convaincre Yuki et ça marcherait. Juste une dernière curiosité :

« Dis-moi Subaru, de quel instrument tu jouais ? »
« Ça ne te regarde pas. »

Il en était sur, il n’aurait aucune réponse. Subaru avait du perdre le peu de confiance qu’il avait en lui. Anzai ne dit rien d’autre, toutes les réponses seraient identiques. Yuki se décala sur le côté, laissant passer le garçon aux cheveux blancs pour qu’il sorte. Anzai vit un ocarina au creux de sa main. Alors il jouait de l’ocarina … C’était plutôt original pour quelqu’un qui ne montrait pas ses sentiments. Anzai se souvenait parfaitement de la mélodie, et Anzai la siffla un instant, avant que Yuki l’en arrête.

« Tu gâche la musique. » Lui dit-il.

Anzai était de son avis, la mélodie qu’il sifflait n’avait pas l’expression de celle de Subaru. Il en jugea que le garçon n’était pas aussi froid qu’il en paraissait. Au contraire, il était capable d’émotions, mais il préférait le cacher, pourquoi cela ? Pourquoi s’était-il forgé une telle personnalité ? Il essaierait de s’en informer.

« Tu sais dans quelle section il est ? »
« Aucune idée Anzai. Tu le connais apparemment. »
« Ouais, on était dans la même équipe pendant notre dernière année, celle où on commence les missions avant de faire le dernier test. »
« Je vois, il faudra que tu me raconte comment ça se passe dans cette école, je suis plutôt curieux. »
Anzai le regarda, lui, curieux ? C’était bien la première fois qu’il l’entendait dire cela. Lui qui le pensait sans curiosité, toujours à rester neutre face à tout ce qui existe autour de lui. Mais il ne s’en focalisa pas, il était juste surpris un moment.
« Si tu veux, et je te présenterais Subaru d’une manière plus … Comment dire … Plus délicate. Mais c’est son caractère, il est toujours comme ça. Le pire c’était quand il était avec Hana, ces deux là ne se supportaient pas. »
« Hana ? »
« La magicienne de notre équipe. Elle est talentueuse pour aider les autres et les protéger, mais elle ne sait pas attaquer les autres, elle ne connait pas les sorts d’attaque. »
« C’est inutile alors. »

C’était vrai que Yuki était un guerrier qui favorisait l’attaque, alors qu’Anzai préférait la défense et la protection de ceux qui ne pouvaient pas se battre, mais qui n’étaient pas inutile sur le terrain, par exemple les guérisseurs. C’était leur complémentarité qui les rendaient forts ensemble.
Les deux hommes redescendirent du grenier, alors que le château commençait à se réveiller. Ils se dirigèrent dans leurs appartements, où ils auraient leur repas avant de prendre leur tour de garde.

De son côté, Subaru se dirigea vers ses appartements. Il était un de ceux qui n’entraient pas dans une des sections des soldats royaux. Il avait choisit d’avoir une certaine liberté, en acceptant le contrat qu’il avait passé avec le roi, il était devenu un de ses soldats indépendants. Il avait le droit de faire des missions pour le royaume de Solenia autres que celles du roi. Il avait choisit cela parce que ça lui apportait plus d’argent que quand il faisait des missions sans savoir comment se nourrir le soir. Après ces quelques mois sans savoir quoi faire, et sans vouloir rentrer chez lui. Il avait finit par aller dans son royaume pour trouver du travail. Il n’y avait que le roi qui lui avait proposé un travail stable, où il était rémunéré tous les mois, logé, nourrit, et blanchi. C’était une bonne situation et il devait en profiter avant de se faire connaitre. Il regarda par la fenêtre de sa chambre, bien sur on lui avait déjà apporté son repas, mais il ne mangeait pas encore. Il songeait à Anzai, qui était au même endroit que lui. Il aurait préféré ne pas revoir ses anciens compagnons, c’était des mauvais moments de sa vie qu’il préférait oublier. Surtout avec cette Hana, qui ne servait à rien selon lui.
Il se souvenait des querelles qu’il y avait eu entre eux, et il n’avait jamais réussi à se faire entendre avec cette furie. Il ne l’aimait vraiment pas. La seule chose de bien qu’elle avait fait, c’était de lui avoir permis de passer son examen final. Il poussa un soupir et alla manger son repas.


Anzai, de son côté, parlait de ses projets à Yuki. Il voulait se retrouver avec Subaru, vu la bonne stratégie qu’ils avaient eu lors de leur examen final. Il lui raconta comment ils avaient passé leur examen. Yuki écoutait attentivement, et finit par faire un commentaire.

« Mais dans un vrai combat, vous feriez comment ? »
« Et bien, comme à chaque fois, on s’adaptera. »
« Vous devriez peut-être refaire équipe non ? »
« Oui, certainement, mais je ne sais pas où se trouvent Grez et Hana. Sans eux, on ne fera pas l’équipe d’avant. Je crois que les deux ont cherché un maître. »

C’était tout du moins ce qu’ils avaient dit quand ils s’étaient séparés. La discussion aurait pu continuer si ce n’était pas à leur tour de prendre la relève auprès du roi. Ils s’habillèrent en circonstance, et y allèrent. C’était aussi le moment de présenter Subaru aux membres de la garde. Anzai le savait, c’était ainsi qu’on l’avait présenté quand il était arrivé. Il se retrouva en rang, devant le roi et le jeune garçon aux cheveux blancs. Ainsi, Anzai pu savoir dans quelle section il était accepté. Cela s’avéra être un des soldats indépendants du roi. Alors il y avait peu de chance qu’ils se remettent en équipe. Anzai ne montra pas la peine que cela lui affligeait, préférant rester de marbre, avec son habituel sourire bienveillant et son air serein. Seul Yuki avait perçut un changement dans sa posture, qui trahissait ses émotions. Puis, ils prirent la relève de l’autre groupe.


Subaru sortit bien rapidement de ces présentations, il n’en avait pas besoin, il préférait rester invisible aux yeux des soldats qui étaient tous, selon lui, aussi stupides les uns que les autres. Servir aveuglément leur roi en était la preuve. Il préférait aller faire un tour hors du château voir si on avait besoin de son aide. Il vêtit son armure qu’on lui avait confiée, la verte avec des ornements argentés dessus. Il rangea son épée dans son fourreau et se dirigea hors du château, tout en prévenant le roi qu’il allait à la rencontre de ce royaume qu’il connaissait, mais qui lui semblait si étranger. Il fallait dire que même si il était né ici, il avait grandi dans les hautes montagnes qui sont à la limite de la forêt sacrée, qui se trouvait à l’autre bout du continent, près du royaume de Tsuki. Les conditions étaient assez difficiles, puisque la neige recouvrait presque toute l’année le sol rocailleux. Les montagnes de Tsuki étaient répandues pour être les plus froides. Il n’était pas très à l’aise dans ce pays où il risquait de retrouver sa famille. Il n’en gardait que de souvenir le visage de sa mère qui l’avait confié à un maitre d’arme, qui avait finit par l’envoyer dans cette école, qui lui semblait si insignifiante. Il arriva dans le premier village, qui était le plus important de la contrée. Il en fit le tour, cherchant de missions intéressantes qui pouvait l’aider à se muscler, à travailler son maniement de l’épée, ou autres chose de ce genre. Il trouva un forgeron qui devait ramasser toutes ses enclumes pour les remplacer par des nouvelles. Subaru l’y aida et reçut comme récompense le droit de faire réviser son épée, ce qu’il fit. Elle avait juste besoin d’être un peu plus affutée et le forgeron s’en occupa de suite pour ne pas faire attendre un des soldats du roi. Après que son épée fut de nouveau opérationnelle, Subaru parti, sans même un remerciement à cet homme. Il le jugeait inférieur puisqu’il n’avait pas réussi à être une personne qui protégeait quelque chose. D’ailleurs, qu’est ce qu’il protégeait lui-même ? Ses sentiments ? Est-ce qu’il savait lui-même qu’il était capable de sentiments ?

Il rentra au château, il n’y avait pas grand travaux à faire dans le village. Il préférait revenir dans ses appartements, avant d’aller s’entrainer sur le terrain adapté du château. C’était désert quand il arriva, ce qui l’étonna vu qu’en général les différentes sections de soldats du roi venaient s’y entrainer. Enfin, il n’allait pas se plaindre. Enfin si, malgré tout, il lui fallait une personne pour s’entrainer. Il resta un instant à regarder le terrain vide. Il n’en entendit pas les pas qui se dirigeaient vers lui.

« On peut peut-être t’aider Subaru ? »

L’humain se retourna sans méfiance, il connaissait cette voix. Il ne l’avait que trop entendu lors de ses premières missions en groupe. Il se trouvait face à Anzai et à l’homme qui l’avait découvert à jouer de la musique.

« Je ne vois pas comment vous pourriez m’aider. »
« Peut-être en te proposant un adversaire. Yuki ici présent est lui aussi un guerrier. Vous pourriez vous battre l’un contre l’autre non ? »

Yuki dégaina sa dague pour lui montrer qu’il était prêt à se battre. Subaru sembla hésiter, puis il dégaina son épée et les deux hommes allèrent se placer au centre du terrain, Anzai ne serait qu’un spectateur. Ce n’était pas plus mal, Subaru était doué à l’épée, c’était indéniable, mais Yuki avait plus d’expérience, et donc pouvait le battre. Anzai ne paria pas sur le résultat, mais ça promettait d’être un combat intéressant. Il s’installa confortablement sur le sol, assez loin des deux personnes prêtes à se battre. On pouvait voir dans leurs yeux qu’ils étaient sérieux et que ça ne serait pas qu’un combat d’entrainement, mais un véritable duel jusqu’à ce que l’un des deux abandonne, ou perde la partie face à la mort. Ils s’arrêteraient juste avant de donner la mort. Anzai sentit une présence derrière lui, et il se retourna, c’était Anälia qui était curieuse de voir ce combat elle aussi. Et puis, si l’un d’entre eux venait à être blessé, il fallait bien quelqu’un pour les soigner.

Le combat commença après quelques instants de regards pour jauger l’autre de sa motivation. Subaru se lança le premier sur son adversaire et essaya de lui lancer un coup, seulement, l’elfe était plus rapide et plus agile que lui. Il esquiva avec l’agilité d’un chat et lui asséna un coup sur le flanc droit, avec le plat de sa lame. Ainsi, il évita plusieurs fois la lame de l’humain, et continuait à l’attaquer avec le plat de sa dague. Anzai le voyait bien, il s’amusait à ainsi le malmener, et il en connaissait la raison, c’était du à son sale caractère, et au fait qu’il ne répondait pas aux questions qu’on lui posait. Il n’avait jamais vu Yuki s’amuser autant au combat, d’ordinaire, il attaquait assez rapidement. Là il cherchait à énerver le nouveau avant de l’attaquer. Plusieurs fois pourtant, on entendit le coup de la dague et de l’épée s’entrechoquer.

« Il est plutôt doué le nouveau, mais il n’arrive pas à la cheville de Yuki. »
« En même temps, as-tu déjà vu quelqu’un battre Yuki dans son environnement. Il n’y a que des magiciens et des invocateurs qui puissent le vaincre. »
« Oui, je sais, il en a de l’expérience. Il faut dire qu’il a commencé à toucher à l’épée dès son enfance, et qu’il s’en est fait une passion. »
« Le combat, une passion … C’est bien l’une des seules choses que je ne comprendrais jamais. »
« L’important c’est que tu sache te battre si un danger venait à arriver sur le royaume. »
« Quel danger pourrait arriver ? Solenia est un royaume sans ennemi. »
« Pour le moment Anzai, pour le moment. On ne sait pas de quoi l’avenir nous réserve. »
« Seuls les sages peuvent déduire des étoiles l’avenir, mais ne peuvent le changer, aussi, ils se gardent bien d’en parler. Et comme le seul sage que nous ayons à proximité est le roi, qui a trop de responsabilité sur le dos pour pouvoir s’occuper des étoiles ...  »
«... Nous ne connaitrons pas l’avenir. »
« Comme on dit si bien, demain est un autre jour. »

Pendant qu’ils discutaient tranquillement, les deux autres continuaient à se battre. Yuki avait désarmé Subaru, qui désormais se contentait d’éviter les coups tout en cherchant une stratégie pour reprendre son épée qui était à l’autre bout du terrain.

« Tient, ton petit protégé est mal parti. »
« Ce n’est pas mon protégé, c’est un compagnon d’arme. »
« Peu importe, il est quand même mal parti, il n’a plus d’arme sur lui. »
« Ne le sous estime pas, il connait des attaques sans armes. »

Il fallait dire que depuis leur première mission, attraper des oiseaux, Subaru s’était entrainé à être plus rapide et agile qu’il ne l’était déjà, mais apparemment, ça ne suffisait pas face à l’elfe.

« Dis-moi Anälia … »
« Oui ? »
« Qu’est ce qui t’as motivée à rejoindre les rangs des soldats ? »
« Et bien, c’est que à Tsuki, nous n’avons pas beaucoup de ressources, et si je ne devenait pas une guérisseuse comme ma mère, je n’aurait servi à rien. Ici l’argent est aussi plus présent, on gagne plus, même si on dépense plus. J’économise de l’argent que je perçois pour l’envoyer à ma famille. »
« Et de quelle race es tu ? »
« Je suis une humaine, partiellement. »

Anzai ne lui demanda pas quelle était son autre sang car il savait que cela pouvait offenser. Il se contenta donc de sa réponse. Il tourna le regard vers les deux hommes et vit Subaru sur le sol, et Yuki au dessus de lui, la dague collée contre la gorge. Puis il se releva, et aida l’humain à en faire de même. Subaru récupéra son arme, la rangea, et les deux hommes se dirigèrent vers le couple qui discutait.

« C’était pas mal, mais ce jeunot a encore beaucoup à apprendre. »

Ils hochèrent tous la tête et rentrèrent au château.

Depuis ce moment là, Subaru passa plus de temps en compagnie de Yuki et Anzai, et parfois Anälia, pour s’entrainer régulièrement avec l’elfe. Il faisait des progrès constants et ne cessait d’étonner les autres. Un jour même ils se mirent à deux contre l’invocateur. Celui-ci resta vainqueur malgré tous leurs efforts, et ils en conclurent qu’un guerrier, même aussi puissant que possible, ne pouvait vaincre ses dragons à la peau si solide. Anälia ne pouvait que les regarder, étant une guérisseuse, elle n’avait pas de quoi combattre. Mais c’était toujours pratique d’avoir quelqu’un qui pouvait soigner dans son équipe, surtout quand on avait des blessés. Les entrainements de Subaru furent quotidiens, et l’humain ne s’en déplaisait pas. Il aimait ça, se battre et progresser. Une fois même il réussit à toucher l’elfe et à l’érafler. C’était un grand progrès pour lui. Il en était content, mais toujours insatisfait. Il voulait plus, toujours plus.

Puis vint le jour où le roi accueillit les souverains de Ryuku et Marachi. Il demanda à Subaru et Anzai de se tenir auprès de lui. Il voulait montrer le niveau de ceux qui avaient fait l’école où il voulait envoyer les meilleurs éléments. Mais Anzai doutait que ça leur permette de s’améliorer vraiment, il pensait qu’avoir un maître était plus profitable. Cependant, on ne lui demandait pas son avis, donc il se tairait. Les rois se retrouvèrent dans une salle à part, où il y avait une grande table ronde. Ils se retrouvèrent les uns à côté des autres, et commencèrent par discuter politique. Anzai et Subaru n’écoutèrent pas, cela ne les concernait pas. Quand ils vinrent à parler de l’école, le souverain de Solenia leur demanda de s’approcher. Ils s’exécutèrent et regardèrent les deux autres rois. Ceux-ci semblaient septiques quand aux talents des deux jeunes hommes. Bien sur, ils avaient déjà vu Anzai puisqu’il était un des deux messagers, mais ils ne l’avaient pas vu à l’œuvre. Le roi leur demanda de montrer leur talent.

« Pardonnez moi Majesté, mais il serait préférable de montrer nos talents à l’extérieur, ici c’est un lieu trop à l’étroit, nous risquerions d’abimer quelque chose. »

Le roi jugea les paroles d’Anzai comme étant justes, aussi il invita ses confrères à se lever et à se diriger vers le terrain d’entrainement. Une fois arrivés là bas, ils virent plusieurs soldats s’entrainer. Le roi leur demanda de faire une pause le temps d’une démonstration. Il demanda à quelques uns de ses guerriers de se mettre en face des deux garçons. Anzai et Subaru étaient moins nombreux que leurs adversaires, mais cela ne les inquiétaient pas. Le combat commença, et Subaru tira sa lame. Anzai, quant à lui, invoqua tout d’abord son dragon de feu. Puis ils attaquèrent en même temps, visant des personnes différentes. Subaru prit un des soldats et leurs épées s’entrechoquèrent. Il fit un tonneau pour se retrouver derrière son adversaire qui fut déstabilisé, il pu ainsi le désarmer et le mettre à sa merci. Pendant ce temps le dragon de feu continuait à foncer sur les autres soldats, qui l’esquivaient du mieux qu’ils le pouvaient. Puis un des soldats s’échappa du groupe et fonça sur Anzai, qui invoqua un deuxième dragon, celui de l’eau. Celui-ci le protégea de l’attaque armée, Subaru revint à la rescousse de son frère d’arme et réussit à désarmer l’adversaire. Un des rois, celui de Marachi, fit cesser le combat. Tout le monde rangea son arme, et Anzai rappela ses dragons en lui. Les deux sortants de l’école se dirigèrent vers les rois, qui semblaient avoir des choses à leur dire. Ce fut le roi de Ryuku, un homme d’âge mur, qui ouvrit la parole.

« C’était assez impressionnant ! Ces dragons sont de taille incroyable. Surtout, ils avaient une taille différente, le rouge était plus petit que le bleu. Mais votre entraide était remarquable aussi. Vous savez travailler en équipe. C’est ce qu’on vous apprend là bas ? »
« La dernière année oui, les autres années sont faite pour qu’on maitrise notre pouvoir, ou notre maitrise des armes. Et mes dragons sont de la taille que je veux. Par contre, il est rare que l’on maitrise plusieurs invocations en même temps. Beaucoup me disaient que j’étais différent des autres. »
« C’est compréhensible, continua le souverain de Marachi. On voit en plus que vous savez vous servir de vos invocations, quand à ce jeune homme, on voit qu’il maitrise à la perfection les armes, tout du moins l’épée. Je pense qu’envoyer nos éléments là bas serait une bonne idée. »
« Si je peux me permettre, si vous envoyez vos jeunes personnes là bas, pensez à leur trouver un maître pour après. Il y a un groupe pour le moment peu nombreux par classe, mais on ne peut pas voir les défauts de chacun. S’il veut vraiment progresser et connaitre ses points faibles, voire les faire disparaitre, il leur faut un maître qui les suivra suffisamment longtemps pour leur dire ce en quoi ils doivent vraiment faire attention. »
« Alors pourquoi devrions nous les envoyer là bas dans ce cas ? »
« Parce que les professeurs sont des personnalités, qui peuvent leur permettre d’améliorer leurs talents, et qu’il y a une année qui force à progresser dans le travail d’équipe, ce qui n’est pas fait dans notre environnement. »
« Pour moi, cela me parait convenable. » Sortit finalement de roi de Ryuku.

Le roi de Marachi hocha la tête, leur décision était prise, ils enverraient leurs enfants là bas. Anzai jugea préférable de leur annoncer une chose avant qu’ils envoient des personnes là-bas.

« Il y a une sélection à l’entrée, pour savoir si les personnes ont vraiment des capacités. »

Pendant tout ce temps, Subaru était resté silencieux, et avait les sourcils froncés. On ne connaissait pas sa pensée, et il n’allait pas la dire, Anzai le connaissait assez pour le savoir. Le roi congédia les deux personnes et repartit avec ses confrères. Une discussion politique s’imposait.


Anzai et Subaru allèrent rejoindre Yuki pour lui raconter ce qui venait de se passer. Ils estimèrent qu’il avait le droit de savoir. Ils le retrouvèrent dans l’aile nord du château. Il était en train de lire dans la grande bibliothèque. Anzai aimait bien cet endroit pour la source d’informations qu’il contenait. Il y venait souvent pour se renseigner sur le royaume de Solenia, autant sur le présent que sur son passé. Il y avait aussi des informations sur les autres pays, mais il n’avait pas encore eu la curiosité de les lire. Il fallait dire que Anzai ne connaissait qu’un seul autre pays, et encore que l’établissement où il s’était entrainé et ses alentours. C’était dans le pays de Mutsiko, à l’est de Solenia. Il n’était pas doué en géographie ni en son sens de l’orientation. Il avait beaucoup de qualités, mais pas celles là. Ils restèrent quelques instants sans le déranger dans sa lecture. Discrètement, Anzai regarda ce qu’il lisait. C’était un livre qui parlait du royaume de Seimei.

« N’as-tu pas assez d’informations sur ton propre pays ? »

Yuki leva les yeux vers Anzai. Son regard était empli d’indifférence, comme à son habitude. Il referma le livre qu’il avait entre les mains, et se releva. Il alla ranger l’ouvrage à sa place, et retourna donner sa réponse à Anzai.

« Et bien, je suis ici depuis mon enfance. Je ne connais mon pays que par les livres. J’aimerais un jour y retourner pour savoir ce qui se trouve là bas. »

Et bah, il avait du en voir des rois et des guerres ce pauvre elfe. Anzai ne le connaissait pas tant que cela finalement. En même temps il ne lui avait pas posé beaucoup de questions depuis qu’il était arrivé, et il en était de même pour Subaru. Anzai n’était pas aussi curieux qu’il pouvait le paraitre, et il n’allait pas se renseigner, il les laisserait parler d’eux même.

« Et que me vaut ce dérangement ? »

Subaru resta silencieux pendant qu’Anzai lui raconta tout. De l’arrivée des deux autres rois dans le château, au combat mené contre les autres. Il félicita aussi les talents de Subaru qui s’était bien amélioré. Yuki l’arrêta là. Il ne voulait pas en savoir plus. En même temps, il ne pouvait pas en savoir plus puisque Subaru et Anzai n’en savaient pas plus. Ils se retournèrent pour laisser Yuki seul dans sa lecture. Cependant, ils entendirent les pas de l’elfe les suivre. Ils ne se retournèrent pas et chacun rejoignit ses appartements
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:17

Cela faisait quelques mois que Grez était à la recherche d’un maître. Il fallait dire que dans ce pays, Ryuku, il n’y avait pas beaucoup de guérisseurs qui acceptaient de prendre des élèves. Il avait finit par s’entrainer seul, soignant les paysans comme les animaux. Sa vie était monotone, et il ne gagnait pas vraiment d’argent. Par contre les paysans lui offraient en remerciement de la nourriture. Il n’avait certes pas vraiment de quoi se loger, mais il pouvait manger à son gré. Et offrir de la nourriture était un immense cadeau dans ce pays aux paysages dégarnis. L’herbe poussait peu, et donc peu d’animaux y vivaient. Grez savait aussi que le pays avait des relations avec Solenia, mais il ignorait tout ce qui se passait sur le plan politique. Sa seule préoccupation était de trouver sa nourriture du lendemain. Un guérisseur seul ne faisait affaire qu’en ville, et encore, s’il était le seul dans cette ville. Il n’avait pas l’envie de se mettre à son compte et de rester dans un seul village. Il préférait les voyages et les terres inconnues. C’était d’ailleurs pour cela qu’il était venu à Ryuku, s’éloignant de son pays natal qu’était Solenia. Il voulait être au service de quelqu’un, ou alors reformer un groupe qui accomplissait les missions qu’on leur offrait, et dont l’estime était assez élevée. Il y avait certes des guildes, mais cela ne l’intéressait pas, il n’aurait pas été avec les même compagnons à chaque embarquées. Il venait à regretter son année passé auprès de Subaru, Anzai et Hana. Surtout qu’ils avaient eu la chance d’avoir un maître pour les guider, et un bon maître, même s’il n’y connaissait rien aux soins. Il avait toujours un sourire, au coin du feu le soir quand il pensait à cela. Il avait apprécié Hana, qui malgré ses difficultés, était une bonne magicienne de défense et d’entraide. Lui n’avait presque pas été utile. On demandait rarement l’aide des guérisseurs, quoi que certains, maitrisant les armes, puissent empoisonner celles-ci avec des poisons de leur confection, et abattre leurs ennemis au combat. Mais ce genre de guérisseurs étaient rare et bien souvent travaillaient en solitaire. Lui-même était un homme « de meute ». Il n’aimait pas la solitude, et favorisait le travail d’équipe. Aussi rester seul dans ces plaines ne lui était pas agréable. Il voulait en savoir plus sur les autres pays aussi, ne connaissant que son village de Solenia, et l’endroit où il avait parfait son apprentissage.

Un jour, alors qu’il était en train de marcher, il aperçu au loin des armures vertes aux ornements argentés. Il reconnu les couleurs de son royaume, et ne pu s’empêcher de penser à ses parents, à qui il n’avait plus écrit depuis son départ de l’école. Les cavaliers étaient au nombre de deux et avançaient au pas. Ah s’il avait su, il se serait de suite présenté au roi pour lui demander de l’accueillir au sein de ses troupes. Mais Grez n’était pas sur de lui comme il l’avait montré avec les autres, il était plutôt du style à rester en retrait face à tout ce qui touchait la royauté. Il n’espérait qu’une seule chose, c’était que ces deux cavaliers apportaient une bonne nouvelle, ou un accord quelconque. Il réfléchit un instant pour savoir où se trouvait le château. S’il en croyait le chemin que prenaient les deux hommes, c’était vers le nord ouest. Il suivit cette route, si ça se trouvait, il allait retrouver sa chance dans cet endroit où il errait depuis plusieurs mois. Il s’était d’ailleurs un peu amaigrit. Il buvait l’eau des sources qu’il trouvait, bien que celles-ci étaient rare, ou encore l’eau contenue dans les puits.

Finalement, après quelques jours de marche, il arriva dans un village où, par chance pour lui, la plupart des personnes étaient malades, et souffraient d’un mal apparemment incurable. C’était là qu’il entrait en scène. Il n’y avait aucun guérisseur dans les parages, et il fut le premier à arriver au secours des gens. Il ne savait pas grand-chose sur leur maladie, mais il pouvait toujours essayer. Ce fut d’un pas hésitant qu’il alla voir un des villageois et lui demanda ce qui se passait.

« Et bah, mon p’tit m’sieur, c’est pas la fête chez nous crémoué. On a des malades partout, et tous les mêmes symptômes. Des douleurs à faire crever un requin au ventre, des pupilles dilatées, et pour finir des violents vomissements. C’est qu’à ce train là, on aura plus personne dans le village crémoué. »

Bien, les symptômes n’étaient pas significatifs d’une maladie en particulier, mais il pouvait toujours essayer d’en savoir plus. Il se présenta comme étant un guérisseur et les yeux du paysan s’ouvrirent en grand.

« Ben ça, c’est qu’on a pas vu un seul guérisseur dans ce village depuis ben longtemps. Vous pourriez faire quelque chose ? »
« Je ne vous promets rien, mais je peux toujours essayer. »

Et Grez se mit au travail de suite, examinant un à un les patients. Ils étaient tous atteints du même mal, c’était donc une épidémie dans ce village. Il n’avait jamais travaillé sur cette maladie. Il n’avait plus qu’à utiliser les plantes qu’il avait dans son sac pour réussir à trouver un remède. Il avait de nombreuses plantes dedans. Il trouva les différentes plantes pour soigner les symptômes qu’il avait pu analyser. Il fit un remède, et resta quelques jours à attendre les résultats de cette collation. Il eut quelques bons résultats. Il restait surtout au chevet d’un jeune garçon qui avait en plus une terrible fièvre. Il y avait des personnes qui étaient à un stade plus avancé de la maladie. Pour ceux là, le remède qu’il avait concocté était quasi inefficace. Il lui fallait trouver autre chose. Déjà trouver un moyen de faire baisser la fièvre. Il connaissait plusieurs moyens, qui n’étaient pas des remèdes. Il appliqua ses cours et remarqua, au bout de quelques jours, que la fièvre avait baissé. Il réessaya le remède qu’il avait réalisé quelques jours auparavant, et il pu constater après quelques jours que cela fonctionnait. Ayant soigné la plupart des personnes malades, il fut grandement récompensé. On lui offrit de quoi manger pendant plusieurs jours. C’était peut-être maigre, mais il savait que ce village était pauvre. Pour eux, c’était un immense sacrifice. Il repartit sur la route et se rendit au château de Ryuku. Il en eu pour peu de temps, trouvant rapidement le chemin qui y menait. Il s’y présenta pour demander une audience au roi. On lui annonça que celui-ci était parti et qu’il pouvait voir le chef de la garde royale. Ce n’était pas le moment de faire le difficile. Il accepta. On le mena jusqu’à lui. Là il se présenta et formula sa requête.

« J’aimerais savoir où l’on peut trouver un guérisseur qui accepte de prendre un élève. »
« Nous avons bien un guérisseur à la cour qui n’a pas encore d’apprenti, mais je vous préviens, il est sévère, et ne vous fera aucun cadeau. »
« Cela me convient. »

A ces mots, le garde alla voir une autre personne et lui demanda quelque chose. Grez ne pu comprendre ce qui s’était dit vu qu’il était trop loin. Il attendit plusieurs dizaines de minutes, debout, dans la salle du trône, et il en profita pour l’observer. Les couleurs étaient chatoyantes, rouges et dorées. Le trône était composé de deux sièges, un plus grand que l’autre. Il devina que c’était pour accueillir le roi et la reine. Pourtant il avait ouïe dire que la reine ne se montrait jamais, et qu’elle était malade, même les meilleurs guérisseurs ne pouvaient la soigner de sa folie. Il se demandait bien ce qu’elle pouvait avoir pour que cela soit ainsi. Il ne pu réfléchir plus longtemps qu’arriva un homme à peine plus âgé que lui. Grez le salua avec respect, devinant qu’il était celui qui allait l’entrainer. Il regretta au regard de l’homme d’avoir accepté un maître sans avoir vu son visage.

« Alors c’est toi qui a demandé un maître. Tu dois être désespéré pour venir le quérir au château. »
« A dire vrai, tous les guérisseurs que j’ai rencontré étaient soit des débutants, soit des personnes qui ne voulaient pas d’élèves. Je n’ai pas eu vraiment de choix. »

Un acquiescement de la part du maître guérisseur, et celui-ci se retourna en faisant signe à son nouvel élève de le suivre. Grez allait avoir du mal, il le pressentait. Mais il ne pouvait plus faire marche arrière maintenant. Son maître portait le nom de Doku. Il était en fait un humain d’après ce qu’il disait, mais même Grez en doutait. Même si cet homme était doué, il fallait bien des années pour maitriser entièrement l’art de la médecine magique Il devait avoir du sang d’une autre race, surtout qu’il était plutôt petit pour un homme. Grez se jura de trouver quel sang se trouvait en lui. Bien sur, il allait certainement avoir du mal, mais il n’abandonnerait pas. Pas plus qu’il resta à travailler avec acharnement quand il se retrouvait face à une difficulté. Doku repéra qu’il avait vraiment envie de progresser, mais une chose semblait le perturber : l’ennui. En effet, hors des périodes de travail acharné, il avait remarqué que Grez n’avait pas de passion, et qu’il ne se mêlait pas aux autres. Comme si quelque chose le perturbait. En fait, le jeune homme essayait de trouver réponse à ses questions. Est-ce qu’il reverrait un jour ses anciens amis, ou était-il contraint à rester seul jusqu’à trouver une équipe qui ne lui conviendrait pas ? Est-ce que ses amis avaient eux aussi trouvé ce qu’ils cherchaient ? Il passait son temps à réfléchir à ces nombreuses questions. Un jour, Doku surprit son élève, le nez dans les livres, comme cherchant à se renseigner. Même si la curiosité n’atteignait pas le maître, il s’approcha pour connaitre le contenu de ce qu’il lisait. C’était un ouvrage sur Seimei et son histoire. Il s’étonna à le voir ainsi découvrir le lieu où vivaient la plupart des elfes. Pourquoi une telle lecture ? Qu’est ce qui l’avait poussé à se réfugier dans la bibliothèque ? Il se racla la gorge, comme ramenant son élève à la réalité. Celui-ci releva la tête et se leva d’un coup, reposant son livre sur la table devant laquelle il se trouvait.

« Il est rare de vous voir lire, encore moins sur un pays si éloigné du notre. »
« Je cherchais juste à avoir quelques bases pour partir après mon apprentissage. Je ne sais pas encore où aller, mais je m’intéresse aux voyages. Je ne suis pas un sédentaire dans l’âme. »
« Alors c’est cela votre passion ? »
« Il faut croire que oui. »

Grez rangea son ouvrage, il reprendrait la lecture plus tard, il avait un entrainement à parfaire. Il réussissait déjà à soigner les différentes plaies, mais pas les plaies les plus impressionnantes. Il avait du sacrifier plusieurs animaux pour cela. Mais il progressait rapidement, au plaisir caché de son maître. Ils allèrent tous les deux dans leur salle appropriée pour l’entrainement de l’humain. Celui-ci se doutait que, vu la carrure de son maître, le sang autre que celui de l’homme qui coulait dans ses veines étaient celui d’un nain. Il l’avait d’ailleurs entendu pester plusieurs fois contre les elfes, mais jamais avec trop de malveillance. Malgré sa froideur, il n’avait pas mauvais fond. Il faisait penser à Subaru, et Grez se demandait si sa carapace était brisée, ou s’il était toujours aussi froid avec les gens. Est-ce qu’il avait vaincu sa fierté pour travailler avec d’autres ? Il savait que la grande partie de sa mauvaise humeur constante était le fait qu’il se trouvait en compagnie de Hana, qu’il jugeait inutile. Pourtant lui, il l’aimait bien cette jeune elfe. Mais il lui trouvait un côté un peu trop gamin. C’était peut-être ce qui exaspérait le guerrier.

Cette fois ci son maître ne lui présenta pas d’animal mais un humain qui avait été blessé au cours d’un entrainement. Il se tourna vers Grez.

« Aujourd’hui, tu n’a pas le droit à l’erreur. Tu vas soigner un homme. SI tu y parviens, nous passerons à autre chose qu’un guérisseur doit savoir faire. »

Grez se demanda bien de quoi son maître lui parlait. Mais il obéit sans lui poser de questions. S’il en avait posé, il aurait eu comme réponse un « tu verras ». Aussi mystérieux que possible, l’humain qui veillait à son apprentissage n’avait jamais parlé de lui, ou d’autre chose que de ses entrainements. Grez aurait bien aimé en savoir un peu plus. Il était curieux de nature, et il voulait tout savoir, mais il était toujours insatisfait face à cet homme qui le rabaissait toujours, trouvant toujours une erreur ou un détail qu’il n’avait pas réussit. Il avait beau faire de son mieux, ce n’était pas assez pour Doku. Aussi, c’était une chose qui démotivait Grez, qui pourtant trouvait réconfort auprès des autres élèves guérisseurs qui lui assuraient qu’il avait le plus strict et pointilleux des professeurs. Mais tout le monde l’enviait, cet homme n’avait jamais prit d’élèves, on le jugeait trop jeune alors qu’il était le meilleur de la cour royale.

Pendant qu’il soignait l’homme, Grez sentait le regard de Doku sur lui. Il essaya de ne pas le faire paraitre, mais il était stressé. C’était la première fois qu’il lui laissait soigner un humain, dont la plaie était plus grande que celles qu’il avait soigné auparavant. Il finit après plusieurs minutes, et l’homme ne saignait déjà plus, sa plaie s’étant comme cicatrisée avec le temps. Il restait une marque, mais ça, Grez ne savait pas les faire disparaitre. Il savait que c’était ce sur quoi son maître allait lui reprocher, et il fut étonné d’entendre des applaudissements.

« Bien joué, ce n’était pas une plaie facile à soigner et vous avez réussit. Il est juste dommage que vous ne puissiez enlever cette cicatrice. »

L’homme qui avait servit de cobaye le remercia aussi chaleureusement, avant de saluer respectueusement Doku et de partir retourner à l’entrainement. Grez se tourna vers son maître, cachant la joie qu’il y avait en lui.

« Vous m’aviez dit qu’il y aurait autre chose que vous m’apprendrez si je réussissais cette épreuve. Puis-je savoir ce que c’est ? »
« Le transfert d’énergie. »

Grez ouvrit grand ses yeux, le transfert d’énergie, il en avait entendu parler mais n’avait jamais vu quelqu’un le faire. Il se demandait surtout en quoi cela consistait. On lui avait dit, durant son apprentissage à l’école, que c’était une technique assez particulière qui nécessitait plus de concentration et de sérieux que le soin physique. Il était sérieux quand il le fallait, mais est ce que sa concentration était la bonne ? Son maître le gênait dans son apprentissage, il le rendait nerveux. Pourtant il n’avait pas vraiment le choix. Doku lui expliqua ce en quoi cela consistait.

« L’objectif est de transférer ton énergie dans un autre corps pour que celui-ci soit capable de plus de choses qu’au départ. Si tu effectue le transfert d’énergie à un animal, celui-ci sera plus excité et pourra tenir plus longtemps sur ses pattes à gambader. Si tu l’effectue sur un humain, il se peut que celui-ci acquière une force dont on n’en connait pas la limite. Le seul souci, c’est que ça prend du temps et que ça a une durée limitée. Il faut aussi que durant le transfert d’énergie la personne reste immobile. Et après il y a des chances, surtout au début, que tu ais besoin de récupérer toi-même une certaine force vitale pour pouvoir de nouveau être utile. Savoir doser la quantité d’énergie à envoyer doit être mesurée avec précision, c’est pour cela qu’il faut des années d’entrainement. Pour ma part, j’ai réussi à le maîtriser en un an, mais les gens me considèrent comme un surdoué. Toi tu devrais y arriver dans deux ans. Tu progresse assez vite, mais il te faut d’abord comprendre ce que tu fais. C’est un bon raisonnement. »

Grez se sentit flatté, et sa fierté augmenta grandement. Il venait de le féliciter sur sa performance et sa capacité d’apprentissage. C’était énorme pour cet homme qui n’avait jamais félicité son élève durant toute la durée de l’apprentissage et qui trouvait toujours des défauts. Il cacha sa joie de peur qu’il ne le reprenne à trop montrer ses émotions. Mais il était prêt à attaquer la dernière partie de son apprentissage qui durerait apparemment deux années, deux longues années à continuer à parfaire ses pouvoirs.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:17

Les années avaient passé et Anzai était passé, avec Yuki, en tant que soldat indépendant. Ils avaient des missions de la part du roi, mais ils pouvaient vivre leur vie. Ils en profitaient pour sortir avec Subaru pendant leurs longues soirées à s’allonger sur l’herbe du parc du château et à regarder les étoiles. Yuki connaissait les constellations, et les apprenaient aux deux jeunes garçons. C’était pratique d’avoir une personne qui connaissait bien des choses. Anzai l’admirait toujours, et c’était son plus grand ami. Subaru lui, le voyait plus comme un rival, et il essayait de l’égaler dans tous les domaines, c’est ainsi qu’il s’était renseigné sur tous les pays, leurs traditions, leurs coutumes et bien d’autres choses. Anzai, lui, s’était juste renseigné sur les pays voisins, où vivaient les Humains. C’était les pays où il risquait le plus d’aller, alors autant les connaitre.
Ce soir là, ils étaient encore sous les étoiles à les regarder sans parler. Anzai reconnut quelques constellations, mais il ne savait pas lire dans les étoiles. Seuls les sages savaient le faire, et il n’avait pas la prétention d’en être un. Il n’avait pas l’intention de faire leur apprentissage qui durait des années et surtout il aurait du abandonner ses missions et ses amis, ce qu’il se refusait de faire. Anälia les rejoignit ce soir là. Ils étaient tous la tête au même endroit, et donnaient l’impression d’une croix pour ceux qui les voyaient en hauteur. Anälia et sa longue chevelure rousse contrastait avec le brun de Anzai, et Subaru avait une chevelure aux reflets argentés par la lune. C’était un moment très agréable pour eux. Subaru sortit son ocarina et commença à en jouer. Avec les trois autres personnes, il acceptait d’en jouer. Une douce mélodie en ressortit et ils fermèrent tous les yeux. C’était comme dans un rêve éveillé. Le vent soufflait légèrement, caressant leur visage. Ils restèrent un long moment ainsi, sans penser à rien. La mélodie s’arrêta et Subaru rangea son ocarina dans le petit sac qu’il avait à côté de lui. Ils restèrent encore un moment sans dire le moindre mot, puis Anzai fut le premier à couper le silence.

« Vous n’avez jamais eu envie de voyager ? »

Le silence retomba, comme si personne n’avait entendu la question qui venait d’être posée. Il abandonna à avoir une réponse, et referma les yeux. Il n’aurait pas du poser sa question finalement, mais ça faisait plusieurs mois qu’elle trottait dans sa tête. Tant pis, il n’aurait pas de réponse à sa question, parce qu’il aurait aimé partir avec eux, mais il doutait que Yuki et Anälia s’engagent là dedans. Subaru lui, il l’avait déjà entendu dire qu’il n’aimait pas la vie des sédentaires. Il fallait dire que la plupart des personnes sortant de l’école avaient un but, et ceux d’Anzai et Subaru n’étaient pas de rester dans un château, à protéger une seule personne ou un royaume. Il ne connaissait pas la motivation de Subaru, mais il était persuadé qu’il n’allait pas rester toute sa vie ici. Une réponse finit par arriver, c’était Anälia.

« J’ai vécu toute ma vie ici, même si j’avais envie de partir, je suis trop attachée au château et à ses habitants, je ne pourrais pas les abandonner. »
« Et toi Anzai, tu as envie de partir ? » Demanda Yuki.
« J’ai envie de découvrir le monde par mes propres yeux. Je n’aime pas les histoires dans les livres. J’ai l’impression que c’est moins réel. »
« Tu es comme notre roi. Savais-tu qu’il ne lisait presque jamais, et qu’il ne connait les coutumes des autres pays que de part son apprentissage auprès d’un des sages et à travers ses voyages ? »
« T’es sérieux Yuki ? »
« Yuki est toujours sérieux Anälia. Comme Subaru d’ailleurs. Je n’ai jamais vu un de ses deux là rire ou même sourire pour autre chose que le combat. »
« Eh oh ! On est là je vous rappelle. » Rétorqua Subaru.

Depuis qu’il était arrivé, Subaru était de plus en plus sociable, enfin seulement avec les trois autres et le roi, parce que pour le reste des gens, il devenait hautain et détestable. C’était un trait de son caractère qu’Anzai arrivait maintenant à cerner, et il savait à quel moment il aurait des réponses à ses questions.

« Personnellement, je ne pense pas rester ici toute ma vie. J’y ai beaucoup appris et maintenant j’aimerais repartir. »

Subaru était donc sur la même longueur d’onde qu’Anzai. C’était bon à savoir ça. L’hybride se redressa pour s’asseoir et il observa loin devant lui. Il y avait bien sur le château qui lui bloquait la vue, et par cette nuit de pleine lune, il pouvait très bien le distinguer.

« Chacun doit poursuivre sa voix. A vous de choisir la votre. »

Sur ces mots, Yuki se releva et retourna vers le château. Anälia le suivit de près alors que les deux jeunes restaient là où ils se trouvaient.

« Faire un voyage, ça peut être intéressant. »
« On le fait ensemble ? Le roi nous donnera congés si on lui donne de bons arguments. Qu’est ce qui te donne envie de repartir Subaru ? »
« L’envie de faire des actions reconnues. Ici, je suis dans l’ombre de Yuki et du roi, et personne ne me remarque. »
« T’en fais pas pour ça, tu es connu pour ton sale caractère. »

Pas de réponse. Anzai savait qu’il venait de blesser la fierté de Subaru, mais il lui fallait bien des claques de temps à autres, et seuls Anälia, Yuki et lui-même pouvaient lui en faire sans qu’il ne s’énerve.

« Et toi Anzai, pourquoi partir ? »
« J’ai envie d’apporter la paix dans le cœur des hommes, qu’ils soient humains, elfes, nains ou autre. Les querelles sont trop difficiles à supporter. »
« Je suis peut-être un chieur, mais je ne suis pas un utopiste. Redescend sur terre un peu, personne ne peut avoir la paix dans son cœur. On nous l’a bien apprit à l’école. Chacun a en soi une part des ténèbres qui peut ou non se cacher de la lumière … »
« … Et plus il y a de lumière, plus il y a des ténèbres. Je sais, on me l’a sans cesse rabâché. Mais apporter la paix dans le cœur des gens signifie pour moi qu’ils vivent en harmonie avec leur environnement. »
« Tu aurais du faire druide. »
« Tu sais bien qu’il n’y a de druides que les descendants directs de ceux-ci. »

Les deux gens se relevèrent, leur discussion était close et pour cause, le soleil commençait à pointer le bout de ses rayons et ils n’avaient toujours pas dormi. Ils ne se sentaient pas fatigués, mais ils savaient qu’on pouvait faire appel à eux à tout moment, alors autant être prêts.


Puis vint le jour où Anzai et Subaru prirent leur décision. Ils n’avaient plus qu’à prendre congés auprès du roi. Ils n’étaient pas inquiets pour la sécurité de celui-ci, puisqu’ils le savaient entre de bonnes mains avec Yuki et Anälia, ainsi que les autres soldats qui s’entrainaient dur pour atteindre le niveau de Yuki. Anzai l’admirerait toujours, puisqu’il lui avait montré qu’on pouvait être un guerrier pleins de ressources et de puissance sans pour autant utiliser la force brute, mais aussi en jouant sur le moral de ses adversaires. Ils promirent d’envoyer des messages par Shikigamis une fois qu’Anzai saurait les maitriser.

Leur route promettait d’être longue. Ils ne passeraient pas par Marachi, La situation était un peu tendue par là bas, ils avaient ouïe dire qu’il y avait des mouvements de révolte là bas. Alors autant éviter de rentrer dans un conflit qui ne les regardait pas. Ils prirent la route de Ryuku avec pour seuls bagages leurs économies, une cape pour se protéger du vent et de la pluie, et de leurs vêtements et armures. Ils avaient aussi des gourdes d’eau et de quoi se nourrir pendant quelques jours. Ils ne prirent pas de chevaux, préférant tous deux la marche à pied. Ils se retournèrent une dernière fois pour voir le château qui les avait hébergés pendant plusieurs années. C’était vraiment un beau château, certes en pierres grisâtres, mais avec deux tours principales qui étaient érigées en hauteur, et trois ailes. Une plein nord, celle qui se trouvait entre les deux tours, et les deux autres orientées ouest et est. Ils n’avaient pas encore quitté le secteur du château, et cela se voyait par les soldats qui se promenaient ou s’entrainaient au combat. D’ailleurs une chose marqua Anzai pour la première fois, il n’avait pas vu d’invocateur depuis qu’il était arrivé dans ce château. Il y avait quelques guérisseurs et quelques magiciens, mais surtout beaucoup de guerriers.
Ils étaient partis en plein mois de mars. Les dernières neiges finissaient de disparaitre, laissant sur leur passage des terrains boueux. Anzai était un peu plus ancré dans la propreté que Subaru, et il râlait quelque peu en voyant ses chaussures aussi sales. Il avait bien sur le droit aux remarques piquantes de Subaru. Mais pendant leur voyage, ils purent discuter comme ils ne l’avaient jamais fait. Ainsi, Anzai apprit que Subaru était en fait un fils de riches marchants, et qu’il avait développé depuis son enfance une attirance pour le combat, et qu’il ne cessait de se battre avec ses camarades de jeux. Il adorait les frapper avec un bâton, et ceux-ci ripostaient de la même manière. C’était un de ses jeux fétiches, et il en était toujours fier, vu qu’il gagnait presque tout le temps. On l’avait envoyé dans l’école de Mutsiko pour qu’il puisse apprendre à se battre. Il était la fierté de sa famille, mais il ne l’avait jamais demandé. C’était ce qui l’avait poussé à se mettre en avant, pour la fierté de ses parents. Et comme il avait beaucoup été gâté et toujours flatté, Anzai supposa qu’il avait prit un peu la grosse tête ce qui l’amenait à en devenir hautain avec les autres. Pourtant il y avait quelques personnes avec qui il était agréable et facile à vivre. Il y avait Yuki, Anälia et lui-même.

Ils arrivèrent dans un village où ils se posèrent pour la nuit. Leur route n’était vraiment pas difficile, et ils avaient la chance d’avoir pu garder leur blason royal, ce qui leur promettait un bon accueil, tant qu’ils restaient dans Solenia. Ils eurent ainsi plusieurs jour à marcher jusqu’à ce qu’un visage les interpelle dans un village où la fête semblait de mise.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:18

De son côté, Grez venait de finir son entrainement avec le Guérisseur Doku. Il n’avait pas pu avoir beaucoup d’informations sur lui, et ça le désolait quelque peu, surtout que cela lui dévoilait le fait qu’il n’était pas un fin observateur, contrairement à ce qu’on lui disait. Il aurait apprécié en savoir un peu plus sur lui, le connaitre, comme il avait connu ses amis. Mais on disait bien qu’un maître ne pouvait pas devenir un ami, du moins, pas dans ce pays là. Il y avait la différence entre le maître et l’élève. Et malgré ses entrainements, il ne l’avait pas dépassé. Mais cela faisait plusieurs années qu’il était dans le même château, à n’en sortir que pour certaines commissions pour Doku. N’étant pas sous la servitude du roi, il pouvait partir à tout moment, aussi, par cette fraiche matinée de fin d’hiver, il alla demander audience à sa Majesté pour lui annoncer son départ. Celui-ci ne posa aucune opposition. Grez était libre de faire ce qu’il voulait. Aussi, il partit en plein milieu de la journée pour commencer son voyage d’apprentissage. Une voix l’interpella, et il se tourna, sa cape volant dans son mouvement. C’était Doku.

« Prenez mon cheval, vous vous déplacerez plus rapidement. »

Grez le remercia mais refusa l’offre. Il n’avait pas l’habitude de monter à cheval et n’était pas sur d’en être capable. Doku lui demanda une dernière chose.

« Par où allez vous commencer votre voyage initiatique ? »
« Par Solenia, je n’y connais que mon village, et j’aimerais y repasser pour montrer à mes proches que je suis toujours en vie, je ne leur ai pas donné de nouvelles depuis bien des années. »

Puis il se retourna, laissant son maître derrière lui. Il lui fit pourtant un signe d’au revoir de dos. Grez n’aimait pas les adieux, c’était une chose qui lui affligeait une peine incommensurable. Aussi, il se disait que ce n’était qu’un au revoir, et qu’il repasserait par ici. Car même si son maître avait été très dur avec lui, il l’aimait bien. Il avait tendance à s’attacher trop rapidement aux gens. Il se jura de repasser par ici pour revoir ceux avec qui il avait sympathisé.

Il marcha pendant plusieurs jours avant d’arriver à la frontière entre Solenia et Ryuku. Là, il fut arrêté par des soldats qui lui demandèrent la raison de sa traversée. Il leur répondit sincèrement qu’il était un voyageur qui retournait dans son village natal. On le laissa passer sans aucun problème. Ainsi il se retrouva dans son pays natal. Il y respira l’air, c’était peut-être, voire même certainement, une idée qu’il s’était fait, mais il trouvait ses lieux si accueillants et agréables pour lui. Il aimait cet endroit, qui était divisé par la guerre quand il était partit. Il lui fallut encore quelques jours avant d’arriver dans son village. Devant l’entrée du village, il hésita. Est-ce qu’il avait bien fait de revenir ici après tant d’absence ? Est-ce qu’on le reconnaitrait ? Tant de questions qui se posaient dans son esprit. Le village portait le nom de Mai. C’était un endroit où l’on ne vivait que des récoltes faites dans les champs auprès du village. Il observa l’entrée d’où il pouvait voir sa maison. Ce fut une voix qui le réveilla de sa torpeur.

« Pousse toi d’la ! Y en a qui bossent ici ! »

Grez se retourna et se poussa, l’homme à la forte carrure entra dans le village. Il avait à peu près l’âge de Grez, et celui-ci se demanda s’il avait joué pendant son enfance avec ce garçon brun. Il ne se posa pas plus de questions et entra dans le village. Ce fut une fois entré qu’il eu un sourire, rien n’avait changé, tout était comme avant. Il pouvait revoir chaque maison, chaque rue, chaque visage familier. Il avança jusqu’à ce qu’une personne vienne vers lui.

« Bonjour étranger, que puis-je pour vous ? »

Grez regarda la vieille femme et allait répondre quand celle-ci commença à le regarder étrangement, comme si elle détaillait chacun des traits de ce garçon. Elle finit par avoir une lumière dans les yeux, et un immense sourire.

« Mais, par tous les dieux ! C’est Grez ! Grez est de retour ! »

La voix de la vieille femme s’était faite si forte que tout le monde se retourna, et que la plupart s’approcha du jeune garçon. Beaucoup confirmaient que c’était bien l’enfant qu’ils avaient envoyé dans l’école où il avait parfait son apprentissage de guérisseur. C’était un peu l’idole du village, puisqu’il était le seul à partir pour devenir quelqu’un d’important selon les villageois. Une femme d’un âge assez mur, ainsi qu’un homme du même âge que la femme dépassèrent la plupart des personnes et prirent le jeune humain dans leurs bras. Grez y reconnu ses parents. Une fois que ceux-ci le lâchèrent, une fille un peu plus petite que lui se jeta dans ses bras à son tour, c’était sa petite sœur. Il était heureux, il venait de retrouver sa famille au complet. Il resta quelques jours chez lui, avant qu’une fête puisse se préparer. C’était rare dans les villages de Solenia, mais l’occasion était si belle que tout le monde se mit à la tâche. Ce fut au bout de trois jours que la fête commença. Alors que Grez était assis sur son siège qui lui permettait de présider le banquet, deux personnes arrivèrent dans le village. Grez se releva et s’approcha des deux personnes.

« Anzai, Subaru ! Quel plaisir de vous revoir ! »

Il se précipita sur eux et les enlaça chaleureusement, ce qui déplut à Subaru qui n’était pas très contact physique. Celui-ci ne dit pourtant rien, au fond de lui, ça lui faisait plaisir de retrouver un ami, même s’il ne l’avouerait jamais. Grez se décolla d’eux et garda ses mains sur les bras de ses compagnons.

« Venez participer à la fête, et vous me raconterez ce que vous avez vécu depuis ces années. »

Il les mena jusqu’à la place où il se trouvait, et il les fit s’asseoir, leur offrant un peu de jus de fruit cultivé dans les vergers. Il s’installa à son tour et les trois garçons, enfin surtout Anzai et Grez, se racontèrent leur parcours. Subaru resta silencieux, préférant laisser les deux autres parler de choses qui lui paraissaient inutiles. Il n’aimait pas non plus les fêtes, il y avait trop de monde. Il reprit la conversation quand Grez s’étonna qu’ils voyagent.

« Mais quel est l’objectif de votre voyage ? »
« Parcourir le monde et le découvrir de nos yeux. »
« J’aimerais revoir Hana. »
« L’éternelle redoublante ? Pourquoi ne l’oubliez vous donc pas ? Elle n’était qu’un poids ! »
« Subaru ! Hana a des capacités, mais elle manque de confiance en elle pour les appliquer. »

La discussion continua sur la jeune elfe, Grez et Anzai la défendant, Subaru l’enfonçant. Ils finirent par arrêter de parler quand la danse commença, la sœur de Grez proposant à Anzai de venir danser avec elle. Grez fut lui aussi invité à danser, et Subaru resta seul sur sa chaise. Il fallait dire qu’avec son attitude, personne n’osait lui demander de danser. La soirée se termina dans la bonne ambiance et Grez invita ses deux compagnons à partager sa maison. Ils prirent la décision de repartir dès le lendemain pour visiter les différents pays. Ils ne passeraient pas par Ryuku finalement, repartant vers l’est pour retrouver le pays de Mutsiko pour retrouver leur école et voir si le frère de Hana était au courant d’où elle se trouvait.

Ce fut à l’aube qu’ils prirent leurs affaires, quelques provisions et qu’ils partirent, alors que tout le monde dormait. Grez avait juste laissé un mot à sa famille, promettant d’écrire régulièrement pour qu’ils ne s’inquiètent plus comme il s’étaient déjà inquiété. Il n’était pas du style à oublier ses promesses, du moins pas au départ. Aussi, il avait demandé à Anzai s’il savait invoquer ses Shikigamis. Celui-ci lui dit qu’il devait encore s’entrainer, mais qu’il pouvait en créer des qui pouvaient transmettre un message si ce n’était pas trop loin. C’était suffisant pour le moment, ça éviterait de payer un messager pour transmettre ses messages à sa famille.

« Ça semble assez agréable d’avoir une vraie famille. Tu en as de la chance Grez. »

Il regarda Anzai, alors il n’avait pas de famille ? Pas étonnant qu’il soit si mature alors. Ils prirent des chevaux dans un village un peu plus grand que celui d’où ils provenaient pour aller plus vite. Ils les laisseraient certainement à l’école, c’était toujours utilisé là bas. Subaru et Grez semblaient avoir plus de mal que leur ainé pour monter à cheval, mais ils réussirent très vite à prendre l’habitude, tant qu’ils n’allaient pas à fond. Ils étaient déjà montés à cheval durant leurs années d’école, mais ils n’en gardaient que quelques souvenirs. Cela revenait assez rapidement, mais pas assez pour aller au grand galop. Tant mieux, ça économiserait les chevaux. Ils mirent quelques jours pour arriver à la frontière. N’ayant pas eu de guerres depuis bien des décennies, il n’y avait pas de gardes et ils ne savaient qu’ils étaient passé qu’avec le bon sens de l’orientation de Grez et Subaru. Le paysage ne changea pas vraiment, ils étaient en forêt. Cette forêt portant le nom de Koganei. Elle s’étendait de l’ouest de Mutsiko à l’est de Solenia, passant par le sud de Yume. Cette forêt était réputée pour être des coupe-gorges. Mais les trois amis n’avaient pas peur. Anzai avait envoyé un dragon de la taille d’une main en éclaireur pour savoir s’ils devaient s’attendre à des brigands. Subaru avait l’épée à portée de main, et Anzai tous les sens en alerte quand même. Ce n’était pas la première fois qu’il passait par cette forêt, et il espérait qu’il n’y aurait pas de brigands sur leur passage.

Pas de chance, des brigands, il y en avait. Les cheveux devinrent d’un coup nerveux, refusant d’avancer. Ils descendirent de leurs montures et se préparèrent au combat. Ils avaient bien fait, un groupe de brigands apparut devant eux. Subaru dégaina son épée, et commença à entrer dans la bagarre, tandis qu’Anzai avait appelé un grand dragon aux couleurs de la mer, qui impressionna les assaillants. Grez restait en retrait, caché par la queue du dragon qui le protégeait de toute attaque. De nouveau, il se sentait inutile. Cependant, tandis que Subaru se battait à l’épée, il fut touché par un des sabres des adversaires. Il ne cessa pas pour autant le combat. Depuis ses entrainements avec Yuki, il avait prit l’habitude de la douleur, et les épées continuèrent de s’entrechoquer. La plupart des hommes avaient fui face au dragon, et il n’en resta rapidement que deux. Le petit dragon partit en éclaireur revint et se faufila sous le haut d’un des brigands, le déconcentrant totalement, et lui faisant perdre son arme. Anzai, bien qu’il ne savait pas se battre avec, la récupéra. Subaru s’était lancé dans un duel avec le chef de la bande. Leurs lames ne cessaient de s’entrechoquer, et aucun ne semblait mener le combat. Anzai fit des petits tours de main et on voyait bien qu’il ne savait pas manier l’arme. Par contre, il l’envoya plus loin, pour que le brigand ne puisse l’atteindre. Et il savait se battre à mains nues, après tout, il en gardait un passé lourd. Il s’approcha du bandit, dont le dragon venait d’arrêter d’embêter et lui envoya un bon coup de poing solide dans les dents. Celui-ci compris qu’il allait devoir se battre s’il voulait ce qu’il désirait : sa fortune. En plus ils n’avaient pas de chances, l’équipe n’avait pas beaucoup d’argent sur eux. Leurs économies étaient parties dans l’achat des chevaux. Ils se nourrissaient de ce qu’ils trouvaient à porté de main, et de gibier que ramenaient les dragons. D’ailleurs en parlant de dragon, le petit se plaça devant le visage de l’ennemi d’Anzai et lui cracha une petite, mais brûlante, flamme dans la figure. Celui-ci hurla et repartit sans demander son reste. Il ne restait plus que celui qui se battait contre Subaru. Malgré le fait qu’il soit maintenant tout seul, il ne cessait pas le combat. Après plusieurs entre-chocs des deux lames, Subaru réussit à le désarmer et se glissa derrière l’homme pour lui passer la lame sous la gorge. Il avait le choix, soit il les laissait tranquille et partait sans demander son reste, soit Subaru l’achevait. Il préféra la fuite, et Subaru le relâcha. Dès qu’ils furent à l’abri de ses brigands, le dragon qui protégeait Grez le laissa passer pour que celui-ci aille soigner son compagnon qui s’était blessé. Il passa sa main sur la plaie, et récita quelques formules pour que cela fonctionne. Après une minute, puisque la plaie n’était pas profonde, Subaru fut guéri. Ils pouvaient reprendre le chemin.
Ils remontèrent sur leurs chevaux après les avoir rassurés, et prirent la direction du sud est, c’était par là que se trouvait l’école. Ils mirent une journée pour y arriver de nuit. Ils trouvèrent une auberge pas très loin, et louèrent deux chambres, vu qu’une chambre était pour deux personnes maximum. Ils mangèrent le ragout qui était servit. Ce n’était pas ce qui leur convenait le mieux, mais s’ils voulaient des forces, ils devaient profiter de ce repas. Ils montèrent de suite se coucher, la nuit étant déjà bien avancée. Celle-ci se passa sans aucun problème et dès l’aube, ils se dirigèrent vers l’école, à dos de cheval. Une fois arrivés devant le portail de l’école, ils la contemplèrent, comme à leur première fois. Elle ressemblait en tout point à un manoir, sauf qu’on pouvait y voir des endroits faits pour les entrainements. Cela faisait plusieurs années qu’ils n’étaient pas revenus ici. Ils descendirent de cheval, et les confièrent à des écuyers de l’école. Puis ils se dirigèrent vers le bâtiment pour espérer y trouver Isildur, l’ancien maître de Subaru. Ils entrèrent dans le hall où une personne vint à leur rencontre. Il s’agissait du directeur de l’école, un vieil homme sage.

« Ah, mes chers petits, bon retour dans notre école. Non, ne me dites rien, j’ai lu que vous viendriez pour chercher des informations sur Hana. Malheureusement, notre bon Isildur est reparti chez lui suite à un appel de sa famille. Je suis désolé pour vous, mais les étoiles m’ont dit qu’il vous faudrait vous diriger vers le sud de la forêt sacrée pour les retrouver. »

Anzai avait essayé à plusieurs reprises de prendre la parole, mais le vieil homme ne lui laissait pas le temps. Il se contenta de refermer la bouche et de remercier le directeur. Il s’excusa aussi pour le dérangement qu’ils lui avaient causé. Le directeur leur pria de bien vouloir rester une journée pour qu’ils puissent donner leur expérience à des plus jeunes. Ils voulurent refuser, mais il insistait tant qu’ils acceptèrent. Ils furent donc séparés, se retrouvant chacun avec leurs anciens professeur. Anzai se retrouva dans la classe des invocateurs qui n’étaient encore qu’à leur premier cycle. Beaucoup étaient curieux de savoir qui était cet homme aux cheveux bruns et qui ne semblait pas à son aise. Il fallait dire que Anzai avait l’habitude de parler à des adultes, pas à des jeunes. Il était un peu embarrassé et sa gêne se voyait. Il finit par parler après que le professeur l’eu présenté.

« Euh … Tout d’abord bonjour à tous. Je … J’ai été comme vous assis à ces rangs il y a plusieurs années, et c’est ici que j’ai fait mon apprentissage… »
A peine eut-il fini de se présenter vaguement qu’une question s’éleva dans la classe.
« Vous pouvez invoquer quoi comme entité ? »
« Je … Euh … Les dragons. »

Un brouhaha s’éleva dans la salle de classe. Rare étaient ceux qui pouvaient invoquer des créatures légendaires. D’ordinaire on invoquait des chiens, des loups, ou parfois même des souris. Chaque invocation dépendait du caractère de l’invocateur. Le fait qu’il puisse invoquer des dragons signifiait tout d’abord qu’il avait plusieurs facettes de sa personnalité par les 4 dragons qu’il pouvait appeler. Puis cela montrait sa noblesse, car les dragons étaient des créatures issues de la noblesse. C’était souvent génétique d’être invocateur.

« Vous pouvez nous en montrer un ? »
« SI votre professeur accepte de nous mener jusqu’à la cour extérieure, il n’y a pas de problème. »

Tout le monde se tourna vers le pauvre professeur qui était hésitant.

« Je ne sais pas si c’est une bonne idée. »
« Si je veux invoquer un dragon de grande taille, c’est ce qu’il faut faire. Sinon il sera de petite taille et impressionnera moins les enfants. »
« Parce que vous pouvez choisir leur taille en plus ? »
« Et oui, ce n’est pas donné à tout le monde, ne vous mettez pas dans l’esprit que vous y arriverez uniquement par votre volonté, ça demande des années de travail. »
« Et vous, vous avez mit longtemps à maitriser ça ? »
« A vrai dire, je pouvais déjà invoquer mes dragons avant d’arriver dans l’école. »

Un brouhaha s’éleva à nouveau dans la salle de classe. Certains considéraient Anzai comme un génie, personne jusque là n’avait réussit à donner une forme corporelle à son invocation. Mais en plus il parlait de plusieurs dragons.

« Combien de dragons vous pouvez invoquer ? »
« Quatre. Un pour le feu, un autre pour l’eau, un troisième pour la terre, et un dernier pour l’air. »
« Et ils ont des noms ? »
« Oui, mais il est interdit de les révéler, c’est la règle chez moi. »

La discussion continua pendant un moment, avec la curiosité des jeunes élèves. Plus il parlait et plus il était à l’aise.

« Bon, vous voulez les voir ces dragons. »

Un grand oui sortit de la bouche des enfants en chœur. Le professeur leur demanda de se mettre en rang, et ils allèrent dans le calme dans la cours. Là, ils virent Subaru qui se battait contre le professeur de combat. Ils avaient tous deux une épée et on entendait les chocs de celles-ci. Anzai se délecta de ce combat beau à regarder. Subaru avait vraiment progressé ces derniers temps. Les entrainements avec Yuki avaient porté leurs fruits. Les apprentis guerriers regardaient avec admiration cet humain aux cheveux blancs. Malgré son jeune âge, il était doué, on ne pouvait le nier. Il était facile de savoir qu’il était de force égale à celle du nouveau professeur qui avait remplacé Isildur, le frère de Hana. Anzai regarda rapidement les apprentis invocateurs qui semblaient eux aussi émerveillés par Subaru. Le combat se termina lorsque l’épée de Subaru vola pour aller retomber sur le sol en sable. Il avait encore à apprendre apparemment. Anzai s’avança et alla ramasser l’arme de son ami qu’il lui tendit prudemment. Il n’avait pas envie que l’un des deux se blesse. Puis il se tourna vers les jeunes de sa classe.

« A mon tour de vous montrer ce que je sais faire. »

Il murmura des paroles incompréhensibles et fit apparaitre un dragon de feu qui l’entourait, suivit d’un dragon de l’eau qui s’envola pour retomber sur ses pattes, pas très loin des enfants. Anzai s’arrêta là pour le moment. Il demanda à ses dragons de s’envoler, tout en faisant des spirales l’un face à l’autre. Puis ils retombèrent sur sol en douceur. L’un cracha des flammes en l’air tendit que l’autre lançait de l’eau tout autour des flammes. Bref, Anzai rendait ses invocations comme dans un spectacle de saltimbanque. Il finit par rappeler ses deux dragons qui disparurent l’un dans la fumée, et l’autre dans un mouvement d’eau qui l’enlaçait. Ce n’était peut-être pas aussi impressionnant qu’un combat, mais ça montrait la touche artistique qu’il y avait dans l’âme d’Anzai. Il entendit pourtant des applaudissements qui le firent sourire. Il avait su attendrir son public. Les professeurs remercièrent les deux jeunes garçons et les congédièrent pendant que les enfants regagnaient leurs salles de classes.

« Et que fait Grez ? »
« Aucune idée, on l’abandonne ? »
« Subaru ! Même si c’est une plaisanterie, ça ne se dit pas. »

Le guerrier haussa les épaules et se retourna. Là ils virent le guérisseur arriver en leur direction.

« Ah, si on m’avait dit qu’il fallait faire une démonstration, je ne serais pas venu ! »

Anzai éclata de rire, il s’était dit la même chose, sauf que lui, c’était lui qui s’était proposé. Subaru, lui se contenta d’un sourire au coin de la partie droite de la lèvre. Lui aussi c’était dit la même chose. Maintenant plus rien ne les retenait en ces lieux, ils n’avaient qu’à suivre les indications du directeur.

« Le sud de la forêt sacrée ? Mais qu’est-elle allée faire là-bas ? Je croyais que personne n’avait jamais eu le droit d’y pénétrer à moins d’être un druide ou un membre de la famille Hatsuyuki, qui défend ces terres. »
« Au fait, quel est le nom de famille de Hana ? »

Il y eu un gros blanc, personne ne le savait. Si ça se trouvait elle faisait partie de cette famille. Non, cela se serait su si elle en faisait partie. Elle devait avoir eu des soucis et s’être réfugiée là-bas, et son frère l’aurait rejoint pour l’aider. Oui, c’était déjà plus plausible. Quoi que, comme le souligna Subaru, son frère ne l’aimait pas, il était toujours froid avec elle, et la regardait avec mépris et dédain. Ce n’était pas la meilleure des attitudes pour un frère. Mais certainement que lui savait où trouver Hana.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:18

Les trois gens reprirent finalement leurs chevaux, et partirent de l’école. Ils n’avaient plus rien à y faire, alors ils n’avaient pas de raison de rester. Ils remercièrent les professeurs et le directeur de leur accueil, et ils firent route tout d’abord vers Seimei. C’était là qu’elle avait dit qu’elle vivait auparavant, ils allaient enfin connaitre le pays qu’ils avaient tant entendu rabâcher. Elle se souvenait de tout, de la forêt que le pays abritait. Comment s’appelait-elle déjà, se demanda Anzai. Ah oui, Kimaro. C’était une partie de la forêt sacrée réservée aux elfes et aux autres habitants proches de la nature. Anzai ne les connaissaient pas vraiment, il ne s’était pas renseigné sur les différentes races qui existaient. Il connaissait les humains, vaguement, les elfes un peu mieux, et les hybrides mi elfes mi humains. Mais pour le reste, il n’en connaissait pas des masses. Ah si, il avait entendu parler de nains qui ne s’entendaient pas avec les elfes. Mais à part cela, il ne les connaissait pas. Il allait devoir se renseigner plus sérieusement s’il voulait parcourir le monde pour tout découvrir.

« Vous savez quelles races vivent dans la forêt sacrée et dans la forêt de Kimaro ? »
« Aucune idée. »
« Vous êtes vraiment incultes ! Il y a bien sur des elfes, des korrigans, des fées, et d’autres entités proches de la nature. On raconte même que la plus grande famille de druide vivrait là-bas. »

Au moins Subaru s’était documenté. Il fallait dire que quand il n’était pas dans le combat, il était dans la lecture. Il lui arrivait aussi de jouer de l’ocarina, mais Grez ne le savait pas. Seul Yuki et Anzai avaient découvert ce secret, et ils n’avaient pas l’intention de le révéler à quiconque, ils n’en voyaient pas l’intérêt. Mais pourquoi s’était-il autant renseigné ? Pour quels objectifs vivait-il ? Anzai se posait la question. Quant à Grez, il se disait juste qu’il avait un peu plus écouté en cours que lui, ce qui n’était pas très difficile, vu que pendant les cours théoriques, il était souvent à moitié endormi, puisqu’il était du style à avoir du mal à se lever le matin. Mais en fait, Anzai pensa qu’il valait mieux prévenir l’école et leur dire de faire des apprentissages plus poussés sur les différentes races, puisqu’ils n’évoquaient que les races qu’il y avait dans la salle. Ce n’était pas assez pour leur apprentissage.

« Bon, quelle est l’estimation du temps que l’on a pour y arriver ? »
« Sachant que l’on passe par Seimei, et qu’on doit chercher un peu partout pour la retrouver, on en a pour au mieux quelques jours, au pire pour des mois, voire des années. Je ne pense pas que ça soit une bonne idée de chercher sans se renseigner avant. Il y a sinon qu’une faible chance qu’on y arrive. » Expliqua Anzai
« Et puis pourquoi on fait ça pour cette redoublante ? »
« Tu as toujours un soucis avec elle Subaru ? Si ça se trouve elle s’est entrainée et qu’elle arrive à se battre comme une vraie magicienne. Arrête de l’appeler par ce surnom. » S’exclama Grez.
« C’est vrai que tu l’apprécie, mais en attendant, on a un vrai soucis pour savoir pourquoi on fait ça. »
Ce fut Anzai qui reprit la parole, histoire de faire taire les deux autres.
« La meilleure équipe qu’on ait eu, c’était bien la première. Light est lui aussi parti à sa recherche, je pense que Hana a des ennuis et qu’elle a besoin de notre aide. »
« Comment tu sais que le professeur Tsukiyo est parti à sa recherche ? »
« J’en ai discuté avec le professeur d’invocation. »

Là, ça changeait la donne pour Subaru, qui malgré les nombreuses remarques que lui avait faites son maître, l’appréciait et savait qu’il faisait les choses de manière à ce que la justice triomphe. Il était toujours du côté des justes, et des règles. S’il avait pris congé alors qu’il tenait énormément à cette école, c’était qu’il y avait une raison.

Ils n’avaient donc plus une minute à perdre, il leur fallait des indices pour réussir à retrouver à la fois Hana, mais aussi leur premier maître. Ils mirent les chevaux au galop et atteignirent Seimei dans la fin de la journée. Ils n’avaient plus qu’à retrouver les traces de leur maître et de leur amie. Ce n’était pas chose aisée, puisque personne ici ne semblait les avoir vus. Ils atteignirent dans la nuit la lisière de la forêt Kimaro. Là, ils établirent leur campement, et se donnèrent un tour de garde, ou plutôt Anzai imposa un tour de garde. Subaru commencerait, puis cela serait à lui-même, et enfin à Grez. Ce fut accepté, et Anzai et Grez se couchèrent, avec seulement une couverture qu’on leur avait passée au départ de leur voyage. Les chevaux broutaient un peu plus loin avant de s’endormir à leur tour. Seul Subaru restait là, à surveiller le feu et à écouter les bruits alentours. L’ambiance était assez lourde, avec le vent qui refusait de faire son apparition, et le manque de bruit aux alentours. Soudain, il entendit une chouette, qui devait être sortie de sa cachette pour chasser. Il ne s’inquiétait pas du tout, mais il restait quelque peu tendu au point que le moindre bruit le faisait presque sursauter. Puis, il centra son attention sur un bruit inhabituel la nuit, comme quelqu’un qui s’approchait. Il prit son épée et réveilla les autres, qui se mirent sur le qui vive. Ils attendaient que ce qui marchait se montre. Ils aperçurent une silhouette qui se détachait dans la lueur de la lune croissante. Ils purent reconnaitre, pour deux d’entre eux, une démarche bien connue. Puis, une autre qui se détachait à son tour. Anzai baissa sa garde et s’approcha, les bras ouverts.

« Yuki, Anälia ! Que venez-vous faire par ici ? »
« Nous avons eu pour ordre de vous accompagner dans la recherche de votre amie, les bruits cours que plusieurs personnes auraient disparut, dont le nom que tu m’avais donné Anzai. Ce nom, Hana, est revenu plusieurs fois dans la conversation, comme quoi elle aurait un lien avec ces disparitions. Nous devons enquêter. »
« Mais enfin, en quoi Hana aurait un lien avec tout cela. »
« Son nom est synonyme de malheur. Nous l’avons apprit, elle porte le nom de Tsuki. Hana de Tsuki. »
« Et quel est le rapport ? »
« Tu devrais revoir ton histoire Anzai. A moins que l’on ne vous en parle pas dans votre école, et dans ce cas, cela serait une erreur grandiose. »
« Cela ne nous donne pas la réponse Sieur Yuki. »

Si même Subaru ne comprenait pas, c’était que cela ne devait rester qu’en mémoire des êtres qui avaient vécu bien longtemps avant eux, ou alors que cela était tenu secret.

« Il faut vraiment vous faire un dessin ? Le pays de Tsuki est un pays où vit un peuple, qui ne porte que le nom de Tsuki, comme son village, et comme son pays, où vivent les plus grand mages noirs … »
« Mais enfin Anälia, Hana ne peut pas être une mage noire, elle connait à peine les sorts de combats. »
« Mais les malédictions, ça doit la connaitre, vu qu’elle est issue de la famille mère de ce village, qui vit réfugié dans la montagne de Tsuki quand on a mit sur leur dos les épidémies partout où ils passaient. Ils maudissent les gens autours d’eux, et se moquent des souffrances des autres. Cette famille est la pire de toutes. A eux seuls, ils peuvent détruire une armée. Nous ne connaissons que les grandes lignes de l’histoire, mais ils ont massacré une bonne partie du pays de Yume, et de Mutsiko. »
« Mais qui nous dit qu’elle est dans le coup ? »

Anzai peinait à croire une Hana maléfique, et préférait la savoir de leur côté. Subaru hocha de la tête, malgré sa mésentente avec l’elfe, il la voyait mal être aux côtés de personnes malfaisantes. Elle était peut-être trop naïve et s’était fait embarquer dans cette histoire. Mais qu’en était-il de son frère dans ce cas ? Il avait ses idées sur la justice, et le respect de celle-ci.

« Et dans vos discussions, vous avez entendu parler de Isildur ? »
« Nos espions ne nous ont pas apporté ce nom, cependant, s’il fait partie de cette famille, il faut faire attention à lui. »
« Dernière chose, comment avez-vous fait pour nous retrouver ? »
« Ne sous estime pas les pouvoirs des elfes ! »

Ils se dirigèrent tous autour du feu, et redistribuèrent les tours de garde. Subaru avait eu sa part pour la nuit et pouvait dormir. Mais Anzai n’arrivait pas à trouver le sommeil, et pendant son tour de garde, il restait à réfléchir. Est-ce que Hana pouvait les trahir ainsi ? Elle qui semblait si faible autant physiquement que psychologiquement. Comment pouvait-elle devenir méchante avec son caractère si enjoué, si enfantin ? Non, Anzai pensait qu’il s’agissait d’une erreur, mais il y avait cette histoire d’espions. Comment leurs espions avaient fait pour la retrouver, alors qu’eux restaient à la chercher en vain ? Peut-être que les étoiles s’étaient trompées, et qu’ils ne trouveraient pas de réponses dans le sud de la forêt sacrée. Sauf si son frère s’y trouvait, mais pour quelle raison ne se trouverait-il pas auprès de sa sœur ? Et aussi, pourquoi Yuki et Anälia étaient venus les voir ? Ils n’étaient pas dans la direction des montagnes de Tsuki, et si c’était là-bas que se trouvait cette famille, ils auraient du y aller, et non pas aller à l’autre bout du continent. Il y avait trop de questions pour qu’il puisse s’endormir, même quand don tour de garde fut terminé. Il observait les autres, Grez avait le sommeil agité, tendit que les autres dormaient sans peine. Subaru n’aimait pas Hana, et quelque soit le côté qu’elle défendrait, son avis ne changerait pas de si tôt. Quant aux deux autres, ils ne connaissaient pas Hana, c’était plus facile pour eux de rester calme. Et puis ils étaient plus âgés qu’eux, et avaient plus d’expérience. Yuki avait du voir des guerres sur le territoire de Solenia. Il était donc plus serein, et plus apte à savoir ce qu’il fallait faire. Mais lui, qu’est ce qui l’empêchait vraiment de dormir ? Il se tourna vers le ciel dont la voute étoilée devait normalement le détendre. Hana, il l’avait vu progresser, et ils s’étaient entraider durant bien des missions, elle était si joyeuse, si innocente, comment pouvait-elle passer du côté de cette famille ? Est-ce qu’elle leur avait joué un jeu ? Ou est ce qu’elle était elle-même quand elle était avec eux ? Pourquoi son frère la haïssait ? Tant de questions qui restaient dans sa tête. Il se dit finalement qu’ils suivraient les paroles du sage directeur et qu’ils se dirigeraient vers le sud de la forêt sacrée. Il se retourna sous sa couverture, et finit par s’endormir d’un sommeil peu réparateur.

Le soleil se levait à peine quand Grez se réveilla. La dernière personne dont c’était le tour de garde était Anälia. Il ne la connaissait pas, et avait juste compris que c’était une amie d’Anzai et Subaru. Il en profita pour aller s’installer à côté d’elle et pour savoir qui elle était vraiment.

« Je suis une des soldats du royaume de Solenia, sœur d’arme de Yuki et de vos deux amis. »

Elle n’en dit pas plus, et malgré l’insistance que Grez, elle resta muette. Il aurait aimé savoir de quelle race elle était, et de quelle classe. Les autres se réveillèrent les uns après les autres, et Yuki alla chercher des fruits pour un petit déjeuner où ils reprendraient des vitamines pour avoir la force de continuer leur chemin. On pouvait facilement voir aussi qu’Anzai et Grez étaient encore chamboulés par la nouvelle de la nuit. Yuki revint assez rapidement avec des fruits qui ressemblaient à des agrumes. Il en tendit un à chacun.

« Mangez, ça vous donnera des forces pour continuer la route. »

La question qu’Anzai s’était posé dans la nuit lui revint en tête, et il ne se gêna pas pour la lui poser.

« Pourquoi être venu à notre rencontre alors que vous nous avez dit que la famille dont il faut se méfier se trouve dans les montagnes de Tsuki ? »
« Parce que un des sages nous a aiguillé par ici, comme quoi nous trouverons quelqu’un pour nous aider. »

Exactement comme leur avait dit le directeur. Les étoiles ne s’étaient peut-être pas trompées finalement. Pour trouver des renseignements qu’il avait dit. Ils allaient certainement trouver un autre sage qui pourrait leur dire ce qu’ils devaient faire. Cette histoire remuait vraiment Anzai, qui avait pourtant la réputation d’être calme, mais dès qu’on s’approchait d’un de ses amis, il changeait complètement de comportement, très protecteur, il faisait tout pour que rien ne leur arrive.

« Il ne nous reste plus qu’à aller dans la direction du sud de la forêt sacrée. Où sont vos chevaux ? »
« Nous n’en avons pas. »
Anzai écarquilla ses yeux. Ils n’avaient pas de chevaux et ils avaient réussit à les rattraper, mais par quel miracle ? La surprise se lisait sur son visage, et Anälia reprit la parole.
« Nous avons demandé à un magicien de décupler notre vitesse, et nous avons utilisé les sens de Yuki pour vous retrouver, ayant apprit que vous cherchiez en gros les mêmes informations que nous. »
« Mais vous avez retrouvé Hana, vous avez même pu nous dire … »
« Nous ne l’avons pas retrouvé ! Mais nos espions entendaient souvent parler d’elle. »
Alors Hana n’était peut-être pas mauvaise. Son nom était peut-être évoqué parce qu’elle ne suivait pas les rangs de sa famille. Oui, ça devait être ça. C’était la meilleure des solutions. Grez le pensait, et Anzai en faisait aussi une supposition. Mais lorsqu’ils l’évoquèrent à Yuki, celui-ci hocha négativement la tête.
« Nous avons bien entendu qu’elle faisait partie de cette famille. Désolé pour vous, mais il va falloir vous y faire. Cette Hana n’est plus de vos amis. »

Non, c’était impossible, elle, si douce et énergique, si enfantine et innocente, comment avait-elle finit ainsi ?
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:19

Ils reprirent la route à pied, mettant toutes leurs couvertures, et quelques provisions qu’ils trouvaient sur le chemin, sur le dos des trois chevaux. Ils s’engouffrèrent dans la forêt de Kimaro, qui était la fin de la forêt sacrée, mais où chacun pouvait s’y retrouver grâce aux arbres assez espacés. Ils suivirent le chemin d’un ruisseau pendant quelques temps, pouvant ainsi remplir leurs gourdes dès qu’ils en avaient besoin, puis ils se dirigèrent vers le sud, longeant la limite entre Seimei et la forêt sacrée. Ils ressentaient la puissance qui émanait de cette forêt. Anzai hésitait à entrer dedans, sentant que ce n’était pas sa place. Anälia, qui fermait la marche, semblait elle aussi peu rassurée. Yuki semblait parfaitement savoir où aller, menant la marche. Marchant silencieusement, ils pouvaient entendre sans souci le chant des oiseaux, les pas du cerf, les déplacements des écureuils et bien d’autres sont encore. Le calme régnait dans la forêt, tout menait à penser qu’ils n’avaient rien à craindre, mais Anzai, Grez et Anälia ressentait le mystique de cet endroit. Ils n’étaient pourtant qu’à la frontière entre Seimei et la forêt sacrée. Puis, Yuki s’arrêta. Ils écoutèrent autour d’eux, et se demandèrent pourquoi un tel arrêt. On voyait qu’il hésitait.

« Nous allons maintenant entrer dans la forêt sacrée, préparez vous bien, tout peut nous arriver là dedans. Vous êtes prêts ? »

Malgré leur ressenti, Anälia, Grez et Anzai acquiescèrent, et Subaru, qui ne semblait pas inquiet, se contenta du silence. Après tout, qui ne dit mot consent. Ils pénétrèrent dans la forêt.
Après quelques pas, ils n’entendirent plus le chant des oiseaux, et ile durent rester proche pour être sur de se voir. La forêt était sombre, par le soleil caché par le feuillage touffu des arbres. Yuki avançait, sans se poser de questions. Il savait où aller. Etait-ce là l’un des pouvoirs des elfes, savoir s’orienter ? Ils marchèrent pendant plusieurs heures, s’arrêtant à peine pour boire, et ils finirent par arriver à une clairière. Là, tout semblait montrer qu’il y avait une forme de vie humaine : un endroit pour faire du feu, des vêtements qui séchaient sur une liane tendue par deux morceaux de bois, une tente, avec des traces de pas autours. Ils s’approchèrent prudemment, et laissèrent Subaru examiner les lieux. Il avait l’habitude, c’était dans la plupart de ses missions une des choses les plus importantes à faire, observer et analyser. Il entra même dans la tente après avoir vérifié qu’il n’y avait personne, et là, il reconnu une arme. Il ressortit, pas besoin de plus, il savait qui logeait en ces lieux. Mais vu qu’il n’y avait qu’une tente, il se douta qu’il n’y avait qu’une seule personne. Il se tourna vers ses compagnons.

« Nous avons trouvé maître Isildur. Ou plutôt son campement. »
« A quoi peux-tu affirmer cela ? »
« A ses armes, ce sont les siennes, le les reconnaitraient entre mille pour m’être battues contre elles. »

Il ne restait plus qu’à savoir où était l’elfe. Ils décidèrent de rester auprès du campement et allèrent pêcher les poissons qui se trouvaient dans le ruisseau qui coulait aux abords du campement. Subaru remonta le bas de son pantalon, et retroussa ses manches pour aller dans l’eau claire et il essaya de récupérer le poisson à mains nues. C’était ce qu’il avait fait durant son apprentissage à l’école pour améliorer sa discrétion et sa rapidité. Il en attrapa un sans aucun problème, et celui-ci était assez volumineux. Ils auraient de quoi manger dessus. ET puis s’il en fallait d’autres, il irait les pécher, ce n’était pas si difficile. Ils rallumèrent le feu et commencèrent à faire cuire leur proie. Ils se régalèrent jusqu’à ce qu’ils entendent des pas. Ils se retournèrent tous pour voir un homme aux cheveux bruns longs et au regard améthyste qui leur donna rapidement une idée de l’autorité de l’homme. Il observa un à un les différentes personnes, s’arrêtant plus longuement sur Yuki et Anälia, qu’il ne connaissait pas. Subaru se leva et s’inclina devant son maître. Il l’avait retrouvé, et ils pourraient lui poser les questions qui leur trottaient dans la tête. Seuls Yuki et Anälia étaient un peu sur le qui vive. Isildur coupa le silence en posant une question.

« Puis-je savoir ce que vous êtes venus faire ici ? »

Subaru se redressa et prit la parole.

« Nous sommes ici pour avoir des informations sur où se trouve Hana. »
« Oubliez là. »

La voix d’Isildur était si sèche qu’aucun ne se permit un commentaire. Mais Anzai se releva, presque outré par cette attitude. Qu’est ce qui lui prenait de leur dire de l’oublier ? L’elfe brun reprit la parole.

« Elle a fait son choix, et vous ne pouvez plus rien pour elle, oubliez là, et la guerre sera plus facile pour vous. »

Mais de quoi parlait-il ? Quelle guerre ? Qu’est ce qu’il savait, que d’autres ne savaient pas ? La curiosité emportant l’ensemble des voyageurs, et ce fut Yuki qui prit la parole.

« Vous entendez par là qu’une guerre se prépare. »
« Vous tenez vraiment à tout savoir ? »

Ils acquiescèrent tous, curieux de savoir ce qui se passait dans le monde. Isildur poussa un soupir et alla s’asseoir dans le cercle qu’ils avaient formé pour manger. Il prit un peu de poisson, sans qu’on lui en propose, et commença à narrer ce qui allait arriver, les raisons pour lesquelles il n’était plus avec sa famille, et la raison de la haine qu’il portait à sa sœur. Ils purent deviner dans ses paroles que ce n’était pas sa sœur qu’il haïssait vraiment, mais ses parents.

« Hana est trop manipulable, elle a choisit de suivre la famille au lieu de se rebeller comme je l’ai fait. Je suis contraint à vivre ici pour échapper à leur famille, parce qu’ici, ils ne me trouveront pas. Ce n’est pas une vraie famille d’elfes, certains sont humains, d’autres sont des nains, et bien d’autres peuples encore. Ils ont pour objectif de gouverner sur ce continent, et mon père est le leader de cette rébellion. Il a du manipuler sa fille pour qu’elle finisse comme eux, une personne capable de détruire tout sur son passage. L’école a eu vent de cette histoire, et j’ai croisé votre professeur Light Tsukiyo, qui la cherchait pour la ramener à la raison. »
« C’est aussi ce que nous allons faire ! » s’écria Grez.
« Dans ce cas, préparez vous à la mort, parce que quiconque serait contre leurs idées seraient condamnés à une mort certaine. Leurs sorts sont différents de ceux des magiciens normaux, ils utilisent les ténèbres. Même ceux qui font partie d’une autre classe, comme les guerriers, ont des pouvoirs pour asservir les magiciens. Parce que tout le monde le sait, un bon magicien est plus puissant qu’un bon guerrier tant qu’il reste à distance. »

Apparemment, tout le monde n’était pas convaincu vu que Subaru se racla la gorge pour montrer sa septicité. Il avait toujours considéré la plupart des magiciens comme étant des incompétents qui ne servaient pas à grand-chose. Isildur se releva.

« Il va bientôt faire nuit, je vous conseille de dormir ici, vous verrez demain la décision que vous prendrez. Je pense que vous avez besoin de réfléchir pour ne pas prendre une décision sur un coup de tête. »

Ils obéirent à l’elfe et prirent leurs couvertures pour s’abriter un minimum du froid. Ils laissèrent le feu s’éteindre, comme l’aurait fait Isildur s’il avait été seul. Cet endroit avait beau être mystique, il n’était pas dangereux pour ceux qui avaient de bonnes intentions. Les êtres de la forêt savaient sonder l’esprit des gens et ils ne s’en prenaient qu’à ceux qui avaient de mauvaises idées. Cependant, ils s’approchèrent durant la nuit, par curiosité de voir un groupe ainsi pénétrer dans la forêt sacrée, où peu de personnes n’osaient s’aventurer. Ce fut Anälia qui les remarqua, se réveillant dans la nuit. Elle resta à les observer. Il y avait de toutes sortes de créatures, mais ils ressemblaient en tout point à des esprits. Ils étaient presque transparents. Leur apparence était aussi variable qu’il y avait de créatures à les observer. L’un d’entre eux ressemblait à une femme, corps voilé par un drap et qui faisait penser aux gens de l’époque antique. Quand ils virent qu’une personne les regardaient, les esprits s’estompèrent jusqu’à disparaitre. Anälia e rendormit de suite, ce qui lui donna l’impression le lendemain d’avoir rêvé. Elle n’en parla pas aux autres, gardant cela pour elle. Isildur fut le premier réveillé et il faisait sa toilette dans l’eau du ruisseau. Il était torse nu, et Anzai, qui venait de se lever, l’imita, enlevant à son tour sa tunique et passa de l’eau sur son corps. Il fallait dire que c’était un des rares moments de toilette qu’il pouvait avoir. Il n’était pas aussi à cheval sur son hygiène que Yuki, mais un brin de toilette était toujours agréable. Surtout, l’eau fraiche lui remettait les idées en place. Ils furent bientôt rejoints par Yuki, et les trois elfes et demi-elfes restèrent sans dire un mot. Puis, une fois qu’ils eurent fini, Isildur leur passa une serviette. Pendant qu’Anzai s’essuyait, l’elfe brun prit la parole.

« Je ne hais pas ma sœur, mais ce qu’elle est devenue. Elle était trop enfantine avant, maintenant, elle se moque de ses amis, de sa famille, seul sa mission que mon père lui a confié lui est important. Je déteste ce qu’ils ont fait d’elle. Et c’est pour ne pas montrer sa vraie nature qu’elle faisait semblant de ne rien connaitre en magie. »
« Comment ça, faisait semblant de ne rien connaitre de la magie ? Mais elle n’était capable que d’aider les autres et de les défendre. »
« Non, elle est aussi capable d’attaquer, et elle est douée, mais si quiconque la voyait utiliser ses pouvoirs, elle aurait été découverte. Je ne sais pas si elle était vraiment bien avec vous, ou si elle faisait semblant. »

Alors là c’était la meilleure ! Hana capable de se battre ? Il l’avait bien vu de ses propres yeux qu’elle en était parfaitement incapable. Les autres se réveillèrent, et les garçons allèrent faire leur toilette tendit que Anälia s’enfonçait dans la forêt, suivant le ruisseau pour faire aussi sa toilette à l’abri des hommes. Lorsqu’elle revint, le repas était prêt. Elle s’installa au milieu de ces garçons. Ils étaient en train de décider par où ils allaient passer. Isildur, qui connaissait bien le continent, leur conseilla de rester dans la forêt sacrée jusqu’aux montagnes de Tsuki. Cela leur permettrait de s’approcher en toute discrétion du village où se trouvait la personne qu’ils recherchaient.

« Mais faîtes bien attention à vous une fois arriver là-bas, personne n’en ressort indemne, et s’ils vous reconnaissent, ils vous pourchasseront jusqu’à la mort. »
« Et toi, que vas-tu faire ? »
« Je vais rester ici, c’est une bonne cachette pour ne pas me faire repérer. »

Cette réponse mit Subaru hors de lui. Il se releva, et s’il y avait eu une table, il l’aurait certainement fracassée en deux avec son poing. Il ne voulait pas voir son maître aussi lâche qu’à ce moment là. Ce n’était plus un modèle s’il agissait ainsi.

« Mais qu’est ce qu’il vous arrive au nom des dieux ? Vous qui étiez si courageux, vous vous mettez à fuir et à vous cacher. Ce sont les lâches qui font ça, pas les gens comme vous. Reprenez-vous ! Le meilleur moyen de fuir ceux qui nous pourchassent, c’est de les attaquer en premier. »

Isildur baissa la tête devant son élève. Oui il était devenu lâche, il n’avait pas tort. Il ferma les yeux, il ne pouvait pas leur apporter grand-chose à part d’être éclaireur pour cette mission. Il rouvrit doucement ses yeux, regarda les yeux émeraude de son élève avec son regard améthyste.

« Tu as raison, je ne dois plus fuir. Je vais vous accompagner dans votre voyage, et essayer de raisonner ma sœur. Il faudrait aussi prévenir les autres pays qu’une guerre se prépare. »
« Inutile, nous allons essayer d’essouffler le feu qu’ils viennent d’allumer. »
Tout le monde regarda Grez, qui venait de sortir sa phrase philosophique, et celui-ci se sentit rougir.
« Euh … Je voulais dire, allons à leur rencontre essayer de les empêcher de faire du mal à quiconque. »
« Seul un grand mage pourrait nous aider, mais je ne sais pas où en trouver un. »
« Les grands mages vivent reclus. Le plus souvent ils vivent auprès des druides. Quelqu’un sait où l’on pourrait trouver un druide ? »
« Aucune idée. »
« Les druides vivent en général en forêt, expliqua Subaru. Mais aucun des livres que j’ai lu n’indique où les trouver. »
« Normal, ils vivent cachés pour éviter qu’on les dérange. Ils sont certainement dans la forêt sacrée pour la défendre. »
« Mais oui, la famille Hatsuyuki ! Il ne nous reste plus qu’à les trouver savoir s’ils savent où se trouve un mage qui pourrait nous aider ! »

Tout le monde acquiesça et ils se relevèrent et rangèrent le campement. Ils mirent tout sur le dos des chevaux et partirent tous les 6 vers la famille Hatsuyuki. Ils allaient la retrouver, il suffisait d’en avoir la volonté. De plus, ils avaient deux elfes qui pouvaient ressentir la présence d’humains. Ils marchèrent aussi toute la journée, arpentant par tous les coins du sud de la forêt. Rien n’y fait, personne ne se montra à eux, et ils finirent par renoncer pour la journée.
« Nous partirons plus au nord demain, si quelque chose se prépare, ils doivent être proche de cela, pour pouvoir les éloigner de la forêt. »

Oui, c’était certainement ça pensa Anzai, mais ils n’avaient aucunes preuves. Ils ne pouvaient se fier qu’à des hypothèses, et à leur instinct. Ils établirent leur campement dans une petite clairière où venaient s’abreuver les biches et cerfs de la forêt. Ils établirent cette fois ci des tours de garde pour surveiller le feu, et pour s’assurer que personne ne s’approche, même s’ils doutaient qu’il y ait une présence humaine dans les alentours. Il fallait surtout faire fuir les animaux par la présence du feu.
Anälia fut la première à assurer son tour de garde. Elle espéra revoir les esprits qu’elle avait vus la nuit précédente. Mais pendant tout son tour, elle ne voyait que les arbres sombres dont les feuillages volaient avec la présence du vent. Que c’était ennuyeux un tour de garde. Elle ne pouvait pas même lire, déjà parce qu’il faisait trop sombre, mais surtout parce qu’elle n’avait pas apporté de livre. Puis vint le tour de Anzai d’assurer son tour de garde, elle le réveilla, et celui-ci alla s’installer sur un tronc couché à côté du feu. Le crépitement l’endormait, mais il luttait pour que ses yeux ne se ferment pas tous seuls. Il fallait dire que ces dernières nuits, il n’avait presque pas dormit. Il ferma un instant les yeux.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:19

Lorsqu’il les rouvrit, il pouvait sentir sur son corps un poids supplémentaire, mais très léger. C’était une couverture, il regarda à côté de lui, c’était Grez qui lui avait laissé la couverture qu’il avait pour dormir. Les deux jeunes se regardèrent, et Anzai comprit que Grez ne dormait pas et qu’il s’était rendu compte que lui-même dormait alors que c’était son tour de garde.

« Tu devrais aller te reposer Anzai, je garde ton tour de garde, vu que normalement je suis juste après toi. »
« Non, c’est bon, ça va mieux. »
« Dans ce cas, ça te gêne si on discute, c’est normal de s’endormir quand on est seul, mais en discutant, on sera plus efficace. »
« Cela diminuera notre attention face au bruit, mais je doute qu’on ait besoin de nos oreilles. »
« Que penses-tu de cette histoire avec Hana. »
« A vrai dire, j’ai du mal à y croire. La Hana que l’on connait n’est pas pour les intentions de sa propre famille, elle avait besoin qu’on la rassure et qu’on lui dise que ce qu’elle faisait était bien. Elle était si innocente et enfantine, comment a-t’elle pu en arriver là ? »
« Je pense comme Isildur, si elle en est arrivée là, c’est qu’on l’a manipulée, il y a donc toutes les chances qu’on la ramène de notre côté. Il ne faut pas perdre espoir, la vie nous réserve bien des surprises, mais jamais des choses insurmontables. Il suffit d’y croire. »
« Tu es bien optimiste Grez. »
« Il le faut bien pour avancer dans la vie. Tu devrais l’être un peu plus, ça te permettra de ne pas te morfondre pour tes amis, et de toujours essayer de trouver une solution. »
« J’y peux rien, ce n’est pas moins qui ai choisi ma nature profonde. »
« C’est sur … »

S’ils avaient pu choisir leur nature, est ce qu’ils auraient pu retenir Hana quand ils s’étaient séparés après leur examen ? Non, Anzai le savait, se poser des questions sur le passé ne changerait rien. Ils allaient devoir affronter leur amie, pour la sauver des griffes de sa famille. Pour cela, il fallait encore les trouver.

Un Shikigami en forme d’oiseau arriva. Anzai reconnu de suite la nature de la chose, maitrisant à peu près lui-même ce genre d’invocation. L’oiseau se posa à côté de Yuki. Le message lui était donc adressé. Anzai alla le réveiller pour qu’il puisse écouter le message. Grez, qui n’avait jamais vu de Shikigami, s’étonna à voir l’animal parler.

« Il y a urgence, des demeures de Yume ont été saccagées, et les villages mis à feu, un feu noir comme les ténèbres. On aurait repéré une jeune fille qui menait l’attaque. Voici un portrait dessiné à partir des renseignements. »

L’oiseau disparut pour montrer un visage. Anzai fronça les sourcils et se maudit tandis que Grez étouffa un cri de rage. C’était évident maintenant, Hana faisait parti de leur ennemis. ET elle avait mené l’attaque. Son visage était très clair par le croquis qu’ils avaient sous les yeux.

« Il nous faut retourner à Yume pour aller protéger les autres habitants. Laissons tomber nos recherches pour la famille Hatsuyuki. Nous reviendrons plus tard, quand on aura réglé ce problème. »
« Pas de précipitation Anzai, il faut être prudent avec cela. Foncer tête dans le mur est une bêtise. Nous allons d’abor trouver la famille Hatsuyuki, et nous trouverons un mage grâce à leur aide. »
« Mais ! Et les habitants ?! »
« Solenia va envoyer des troupes pour éviter ce genre d’attaque. Nous n’avons pas à nous en faire, écoute un peu ton cerveau au lieu d’écouter ton cœur. »

Anzai baissa la tête, c’était la première fois qu’on lui faisait ce genre de remarque, et il s’en sentit blessé. Il avait toujours écouté son cœur, et jusque là, tout avait fonctionné comme il le souhaitait. Alors que là, on lui demandait de changer. Yuki le prit par les épaules.

« Tu n’as pas à t’inquiéter pour tout le monde, pense d’abord à toi, ce n’est pas de l’égoïsme de d’abord penser à soi tant qu’on peut penser aux autres au bon moment. Mais là, nous avons besoin de nous protéger, et sans mage, nous échouerons face à leur armée. Aussi petite soit-elle, elle est très efficace. Foncer à Yume, c’est se jeter dans la gueule du loup. Tu comprends ça ? »
« Je crois que oui. »

Yuki le relâcha et commença à réveiller les autres. Pendant ce temps, Grez éteignait le feu, et Anzai restait debout, tête baissée. Oui il devait avoir raison pour avoir plus d’expérience que lui. Il devait lui faire confiance, comme il l’avait toujours fait. Il sortit de sa torpeur quand Anälia l’attrapa par le bras.

« T’en fais pas, on la sauvera ton amie. »

Il acquiesça de la tête et se retourna vers les autres qui l’attendaient. Il fallait dire que même si Grez avait été proche de Hana, cela n’était pas au même point qu’Anzai, qui la protégeait tout le temps de Subaru. Ils partirent alors que la nuit était toujours là, ils se reposeraient un peu plus souvent pour dormir un peu sur la route. Ils filèrent vers le nord, ils devaient trouver cette famille Hatsuyuki. Ils n’avaient plus d’autre choix. Le souci, c’était qu’après de longues heures de marche, ils n’avaient toujours pas vu quelque chose qui ressemblait à une maison, ou à une quelconque demeure. Ils firent une halte et prirent le reste d’eau qu’ils avaient dans leurs gourdes. Ils allaient devoir les remplir à nouveau. Enfin, quand ils verraient un ruisseau. Anälia s’éloigna un moment du groupe pour explorer les environs, et là, elle revit un esprit sous forme de femme, qui était perchée à un arbre. Celle-ci rigolait, ce qui agaça Anälia.

« Qu’est ce qui te fais rire ainsi ? »
« C’est que, vous ne savez pas où aller pour trouver la famille maîtresse, alors que vous pourriez le savoir en écoutant les arbres. »
« En écoutant les arbres ? Mais personne ne sait faire ça dans notre groupe ! »
« Pas même toi ? Pourtant avec ton côté dr… »
« Je n’en suis pas une ! Je suis une humaine ! »
« Comme tu veux, mais toi, tu peux écouter les arbres. »

Puis l’image de la personne disparut. Anälia ne voulait pas comment elle pouvait faire pour écouter les arbres, et si ça se trouvait, l’esprit était un esprit malin qui lui jouait un tour. Pourtant, elle décida de le croire, et ferma les yeux pour se concentrer. Ecouter les arbres, si elle en était capable, elle pourrait aider ses amis. Elle se concentra, et entendit le cri de certains oiseaux qu’elle ne connaissait pas, elle entendait au loin le brame du cerf, l’eau d’un ruisseau qui coulait. Mais rien sur les arbres. Elle essaya de centrer son attention sur un arbre qui était face à elle. Elle entendit un vague « est ». L’est, il fallait aller à l’est. Elle retourna voir ses compagnons, qui essayaient de se repérer par rapport au parcours qu’ils avaient déjà effectué.

« Je pense qu’on devrait essayer de se diriger vers l’est. » Proposa-t-elle.

Ils la regardèrent, elle qui venait de débouler dans la conversation, et se demandèrent pourquoi aller s’enfoncer encore plus dans la forêt.

« Je pense qu’on devrait essayer, je le ressens, c’est comme si mon instinct me disait d’y aller. »
« On peut toujours essayer. » Affirma Yuki. « Après tout, nous sommes actuellement à peu près au nord de Seimei. »
« Et pourquoi ferait-on confiance à votre instinct ? » Demanda Isildur. « Qui sait où ça nous mènera. Il vaudrait mieux ne pas trop s’enfoncer dans la forêt. »
« Nous n’avons pas d’autres pistes, autant essayer. » Suggéra Anzai.

Ils discutèrent pendant un moment, puis la décision fut prise d’aller dans la direction qu’indiquait la seule fille du groupe. Anälia menait d’ailleurs la marche et elle essayait d’entendre à nouveau les arbres, mais elle n’y arriva pas. Elle ne pouvait pas assez se concentrer et elle ne pouvait que suivre l’est. AU bout d’un moment, ils arrivèrent en haut d’une falaise. La troupe s’arrêta.

« Et bien voilà où ça nous mène, dans un cul de sac ! »
« C’est étrange, remarqua Anzai, on dirait que ce trou est entouré par des falaises, comme des murailles infranchissables. Il faudrait savoir ce qu’il y a en bas. »
« Bonne idée le génie, mais comment on va faire ? » Questionna Isildur.
« On voit que vous n’avez jamais vu mes talents à l’œuvre. Je peux non seulement invoquer des dragons, mais aussi choisir leur taille. J’avoue que pour l’examen, je les ai fait grands, mais pour qu’on ne les repère pas cette fois ci, je vais en faire apparaitre un petit. »

Il se concentra sous le regard de chacun, et un dragon rose pâle surgit dans sa main. Il devait faire la taille de sa main tout au plus. Il l’envoya vers le fond du trou, et le dragon vola pour aller voir ce qu’il y avait.

« Il ne nous reste plus qu’à attendre. »

Anzai s’assit un peu plus loin de la falaise, et il fut bientôt imité par les autres. Qu’est ce qu’ils avaient à faire d’autre ? Ils ne dirent pas un mot, mais le silence était plutôt agréable, coupé par le chant d’oiseaux inconnus, par les pas d’un animal qui passait dans les environs, sur le feuillage craquelant étendu sur le sol. Puis, après plusieurs longues minutes, le dragon revint, et porta son message à Anzai. Celui-ci fut d’ailleurs le seul à comprendre l’animal mythique, et il se releva.

« Il y a du monde dans cette crevasse, un village pour être précis, et il y a de quoi y descendre, mais c’est assez dangereux. Qui préfère rester ici à attendre ? »

Personne ne se manifesta, Anzai en conclus que tout le monde voulait le suivre. Il leur fit signe de se relever et de le suivre. Il marcha le long de la falaise pour finir par trouver une sorte d’escalier sans barrière pour empêcher que l’on tombe dans le vide, et que ces escaliers étaient vraiment étroits.

« C’est pour dissuader de descendre ? »
« C’est fortement probable. »

Anzai fit réapparaitre son dragon, de la taille du triple d’un humain cette fois ci. Il fit monter Anälia et Subaru en premier, et il grimpa sur le dos de son dragon pour descendre d’une manière moins dangereuse. Quand il se posa sur le sol, Anzai expliqua au dragon qu’il fallait ramener les trois autres. L’animal s’envola et revint quelques instants plus tard pour déposer les trois autres personnes. Ils se retrouvèrent donc à l’entrée d’un village. Anzai rappela son dragon qui disparut dans un courant d’air. Puis, ils pénétrèrent dans le village.
A première vue, il était bel et bien habité, mais les personnes les regardaient étrangement. Elles devaient se demander comment ils étaient arrivés ici. Ce fut Anälia qui fut la première à demander où ils étaient et où l’on pouvait trouver des membres de la famille Hatsuyuki.

« Mais ma p’tite dame, lui répondit un vieillard, ici tout le monde fait partie de la famille Hatsuyuki. Nous n’avons pas de lien du sang, mais nous avons tous servit la forêt, et celle-ci nous le rend bien. Nous avons construit ce village que l’on appelle Naku. Mais comment vous avez fait pour descendre, les grands oiseaux sont dans leur volière et ce sont eux qui nous font la montée ou la descente de la falaise. »
« C’est que nous avons un ami qui peut invoquer les dragons. Pouvez-vous nous dire à qui on peut demander un renseignement de grande importance. »
« C’est dans la grande maison tout au fond, vous ne pouvez pas la rater, il y a la volière qu’est immense à côté. »

Anälia le remercia et se tourna vers ses compagnons, qui avaient attendu la fin de la discussion. Elle leur certifia qu’ils étaient bien dans le village de Naku, village des Hatsuyuki. Elle leur retranscrit les paroles du vieillard et ils prirent direction du grand bâtiment à côté duquel se trouvait la volière. En y arrivant, ils purent constater que la volière était vraiment immense, et que c’était étonnant qu’ils ne l’aient pas vu avant, quand ils étaient en haut de la falaise. Ils entrèrent dans la maison après avoir frappé, et furent accueillit par une dizaine de personnes. Elles étaient toutes vêtues d’une cape blanche, et leurs tenues étaient de même couleur, par contre, ils ne portaient pas la même tenue. Certains étaient en robes, tendit que d’autres étaient en tuniques et pantalons. L’un d’entre eux s’approcha et ne leur demanda même pas la raison de cette venue.

« Nous savons qui vous êtes, et ce que vous rechercher. Nous avons de quoi vous aider, mais tout d’abord, nous aimerions être surs que vos intentions futures sont bien bonnes. Aussi, nous allons vous sonder. »

Puis, avant même qu’ils puissent dire un mot, ils sentirent tous une sorte de lien avec chacun un des sages Hatsuyuki. Cette opération invisible à l’œil nu dura quelques instants. Celui qui était le plus près d’eux écarta les bras.

« Soyez les bienvenus dans notre demeure, où vivent les sages Hatsuyuki. Vos intentions sont bonnes, mais risquées. Nous savons ce qui s’est passé, les étoiles ne mentent jamais. Votre amie n’est plus de votre côté, quelle tristesse … »

Subaru se mit à penser que l’homme était trop bavard et celui-ci le regarda.

« Veuillez me pardonner si je suis trop bavard, mais c’est ma nature. »

Subaru ouvrit en grand ses yeux, comment avait-il deviné ? Est-ce qu’il lisait dans les pensées ?

« Pour en revenir à ce que je disais, votre quête sera difficile, mais n’est pas impossible. Il suffit de lui rappeler qui elle est. Mais même ceci ne sera pas facile. On lui a ancré une personnalité qui n’est pas la sienne. Nous vous encourageons dans votre démarche. »

Anzai allait ouvrir la bouche pour parler mais à nouveau le sage reprit la parole.

« Quant à votre mage, vous n’en trouverez pas avant d’avoir retrouvé votre amie. C’est elle le mage que vous cherchez. C’est elle qui pourra vous aider à détruire la famille Tsuki. Il ne faut pas que le désastre qui a isolé cette famille resurgisse. Il faut surtout que vous achevez la larve avant qu’elle ne se transforme en un monstre que l’on ne pourrait affronter. Mais d’ailleurs, il y a bien un membre de cette famille parmi vous. »
« Isildur ? Bien sur mais il n’est pas de leur côté. »
« C’est bien ce qu’on dit les étoiles. Un valeureux guerrier, un de ceux qui sauvera la jeune princesse. »
« Princesse ? »
« Oui, elle est la princesse de Tsuki, c’est ce roi contre qui vous devez vous battre. »
« Hana ne parlait jamais de sa famille hormis son frère, était-ce pour une raison particulière ? »
« Les étoiles ne nous donnent pas les émotions des personnes, ni leurs pensées. Elles prévoient les désastres et les bienfaisances de la vie. Nous ne sommes pas devins, nous pouvons ressentir les émotions quand les personnes sont proches de nous. C’est ainsi que j’ai su que votre ami s’ennuyait. Maintenant, allez rejoindre le lieu des désastres et oubliez que vous nous avez rencontré. Gardez juste à l’esprit mes paroles. Sur ce, je vous demanderais de ne pas revenir par ici avant d’avoir retrouvé votre amie, cela serait pour vous un échec. »

Ils acquiescèrent tous et repartirent. Ils n’avaient pas eu ce qu’ils voulaient, et ils trouvaient les gens de ce village bien étranges. Ils allèrent jusqu’à l’entrée du village et Anzai ré-invoqua son dragon, cette fois ci de la taille la plus grande qu’il pouvait. Il pourrait transporter tout le monde du premier coup et ne pas avoir d’aller retour à faire. Il y avait quelques villageois qui les observaient, emporté par la curiosité de voir un dragon. Une fois montés dessus, ils s’envolèrent vers le haut de la falaise. Une fois arrivés sur le sol, ils glissèrent doucement du dragon qui s’était mit à plat ventre pour qu’ils soient moins en hauteur.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:20

ls n’avaient plus vraiment de choix, il leur fallait convaincre Hana de revenir dans leur camp. Et ce n’était pas chose gagnée. Tout du moins d’après ce qu’avait dit le sage du village de Naku. Et ils savaient qu’ils pouvaient leur faire confiance, ils étaient toujours extérieurs à chaque guerre ou affrontements quelconques qu’il y avait sur le continent. C’était aussi un bon endroit pour s’abriter lorsqu’on en avait besoin, mais ils ne semblaient pas très accueillants. Tant pis, aucun ne voulait vivre en ermitage. Ils n’avaient plus qu’à retourner à Yume. C’était là bas qu’ils trouveraient la jeune fille qui avait sombrée du côté des ténèbres. Ils se mirent donc à marcher.

Après plusieurs journées de marche intensive, ils s’arrêtèrent en revoyant la lumière du soleil, si brillante. Ils étaient dans la forêt de Kimaro, où la végétation était moins dense. Ils établirent leur campement, vu que le soleil commençait à décliner. Ils trouvèrent dans leurs provisions de la viande séchée, mais pas assez pour tous. Les deux guerriers Subaru et Yuki se dévouèrent pour aller en chercher de la fraiche. Ils prirent chacun leur épée et dague pour s’enfoncer sans un bruit dans les bois. Pendant ce temps, les autres discutaient. Ils parlaient de ce qui les attendait, et de savoir ce que Hana était réellement devenue, parce que personne, pas même son frère, ne l’avait vu lors de ses instants de malveillance. Ils imaginaient les scénarios les plus probables : villages brulés, champs dévastés, corps calcinés et transpercés par des lames de guerriers l’accompagnant. Ils ne voulaient pas croire qu’il était impossible de ramener Hana à la raison. Et Isildur semblait le plus persuadé qu’ils arriveraient à la ramener à elle. Il l’avait toujours regardé avec mépris et dédain, peut-être était-ce pour cela qu’elle ne l’avait pas suivit. Il aurait du faire plus attention à elle. Il s’en voulait de ne pas avoir été le frère qu’elle recherchait, mais un frère qu’elle préférait fuir. Il fallait dire que tout le monde avait des espoirs sur elle dans sa famille. On disait que les magiciens qui naissaient là-bas étaient hors normes. Elle, elle avait joué la comédie en faisant croire à tous qu’elle était nulle dans les sorts d’attaque, mais était-ce pour se cacher ou parce qu’on lui avait ordonné ? Trop d’incertitudes dans le cœur et la pensée du frère ainé, il n’arrivait plus à se concentrer sur le feu qu’il était en train d’allumer. Anzai vint à son secours, l’aidant à allumer le feu, et lui conseillant d’aller s’asseoir. L’invocateur se demandait bien comment cet elfe avait fait pour survivre avec aussi peu de moyens pour s’en sortir. Lui qui semblait si fort quand il l’avait vu dans l’école, le voilà rendu à trois fois rien, un lâche qui avait fui sa famille plutôt que de l’affronter, une personne qui voulait que sa sœur redevienne l’enfant qu’elle était. Anzai se demandait bien quels genres de relations il y avait entre le frère et la sœur. Mais il ne lui posa pas la question, c’était trop délicat. Isildur était celui qui avait le plus d’espoir, autant ne pas lui en demander trop, il n’aurait pas tenu le coup. En fait, il était un peu comme ils avaient connu Hana, quelqu’un de fragile mentalement, mais qui veut montrer sa force.

Les deux autres guerriers revinrent avec des lapins, deux par personne. Ils firent cuire les lapins à la broche pour se restaurer avant d’aller se coucher. Ils établirent les mêmes tours de gardes que d’ordinaire. Ils étaient sortis de la forêt sacrée, et il y avait plus de chance qu’ils se retrouvent avec des brigands ou autres personnes malveillantes. Autant qu’il y ai une personne sur le qui vive pour alerter si besoin ceux qui pouvaient les éloigner. Mais par chance, la nuit se passa sans problèmes. Au réveil, ils mangèrent le reste du lapin, avec des fruits que Yuki était parti cueillir avant que le soleil ne se lève. Quand ils furent prêts, ils mirent le reste de leurs provisions, avec quelques fruits attrapés par Yuki lorsqu’il était partit à la cueillette, sur le dos des chevaux. Ils allaient devoir s’en débarrasser à un moment. Mais pour l’instant ils en avaient besoin. Ils étaient dans la contrée de Mutsiko. Ils quittèrent rapidement la forêt pour se retrouver sur des plaines qui ne semblaient pas avoir été le témoin d’une quelconque bataille. Ils ne savaient pas où exactement se trouvaient les villages calcinés et les dépouilles à brûler pour que leurs cendres soient emportées par le vent et que leur âme puisse réintégrer le corps d’un bébé lors de sa naissance. C’était les croyances du pays. Ils traversèrent Mutsiko en quelques jours et ile arrivèrent un peu plus au sud de la forêt Koganei. Ils remontèrent vers le nord pour retrouver le pays de Yume. Ils vendirent d’abord leurs chevaux à un riche marchant qui en avait besoin pour transporter ses produits. Ils gardèrent leurs bourses pleines, et s’en allèrent vers le nord de Yume. Plus ils avançaient, plus ils se demandaient si ce n’était pas une farce qu’on leur avait fait avec cet histoire d’incendie. Mais rapidement, ils virent des flammes, ou plutôt de la fumée, s’élever vers le ciel. Ils se mirent à courir pour aller dans le village qui était en contre bas de la colline où ils se trouvaient. Là ils virent un spectacle horrible. Des maisons brulaient, des corps gisaient sur le sol, et la plupart des femmes pleuraient. Yuki fut le premier à aller à l’avant d’une des femmes et lui demanda ce qui s’était passé. Entre deux sanglots, elle réussit à articuler.

« Mon fils … Ils ont enlevé mon fils … Oh mon bébé … Qu’est ce qu’ils vont en faire ? »

Il se tourna vers les autres qui avaient posé la même question, et qui avaient eu sensiblement la même réponse. Les enfants enlevés, c’était bien ce qu’on leur avait dit avant de partir mais pas des maisons calcinées. Il y avait un autre souci : les flammes étaient noires comme les ténèbres. Comme leur avait narré le sage. Noires comme les ténèbres, Isildur en était sur, ça ne pouvait être qu’un membre de sa famille, qui plus est magicien. Et il n’en connaissait qu’une seule : Hana. Elle avait du commencer par propager ce feu dans la ville, faisant sortir hommes, femmes et enfants. Ils avaient embarqué la plupart des enfants, seulement la plupart parce que certains étaient dans les bras des femmes, qui pleuraient leur mort. Toutes appelaient l’aide des dieux, espérant qu’ils acceptent. Mais le groupe n’était pas aussi crédule, il n’y avait plus d’enfants qui pourraient être vivants parmi ceux qui se trouvaient là. C’était exactement ce que leur avait décrit le vieux sage. Anzai se releva et tourna sur lui-même, pour essayer d’estimer le nombre de survivants dans cette rue. Ce fut à ce moment là qu’il l’aperçu, cette ombre qui se détachait sur l’une des maisons en feu. Il n’eut le temps de réaliser qu’elle était là, que l’ombre s’en alla. Il ne lui courut pas après, ne sachant pas s’il avait rêvé ou si c’était bien une personne qui avait surgit d’entre les flammes.

« Il faut se diriger vers l’ouest. »

Anzai se retourna vers Isildur, qui semblait ressentir quelque chose. Il regardait fixement l’ouest de là où ils étaient. C’était le chemin à prendre selon lui. Personne ne le contredit, mais il fallait faire quelque chose pour ces survivants.

« Partez sans moi, je vous rejoindrais. »

C’était Yuki qui voulait s’occuper lui-même des blessés. Il argumenta que, en plus, sans lui ou avec lui ça ne changerait rien, c’étaient des personnes que Hana connaissait qui pouvaient la remettre sur le droit chemin. Ils laissèrent donc Yuki s’occuper des survivants et partirent à 5. Ils marchaient presque au pas de course, ils se doutaient que l’ennemi n’attaquerait pas deux fois dans le même après midi. Ils arrivèrent au soir dans un village qui était encore en bon état. Ils entrèrent et furent tout de suite accueillit … Par des lances faites à la main, et d’autres armes avec ce qui avait été trouvé, comme des fourches. Anzai leva les bras, et les autres l’imitèrent.

« Nous sommes des envoyés du roi de Solenia pour vous protéger et éviter qu’il arrive à votre village la même chose que la plupart des villages. »

Les gens gardèrent un instant leurs armes en l’air, jusqu’à ce qu’une voix se fit entendre, leur disant d’arrêter d’accueillir des gens important de cette manière là. L’homme s’approcha et dit être le représentant de la ville. Il était plus calme que les autres, comme si il savait que rien de mauvais n’arriverait. Pourtant, il accueillit avec chaleur les personnes qui étaient des envoyés des dieux. Il leur proposa de rester dans la nuit avec eux, mais ils insistèrent pour rester réveiller à tour de rôle pour surveiller le village. Ils eurent gain de cause, et purent s’alterner à patrouiller dans le village. Ils empruntèrent une corne pour souffler dedans au cas où il y ait un danger, pour prévenir les villageois et les autres compagnons.

La nuit tomba et ce fut à Anzai de commencer à surveiller le village. Il en profita pour découvrir ce dit village, découvrant tous les recoins et observant chaque toit, chaque endroit par où quelqu’un pouvait passer. Quand ce fut le tour de Isildur de prendre la relève, il lui donna toutes les indications qu’il avait remarqué. Isildur les retint, et commença son tour de garde, faisant la même chose que son confrère. La nuit continua ainsi sans problèmes, jusqu’à ce que, à l’aube, Anälia souffle dans la corne. Tout le monde se réveilla, les habitants restant à leurs fenêtres comme convenu la veille au soir si le son de la corne résonnait. Les compagnons de la jeune femme se précipitèrent à l’extérieur, avec leurs armes pour certains, les autres prêts à attaquer et à se défendre. Il y avait en fait, dans la rue principale, une silhouette féminine, habillée en noir avec un long manteau. La plupart des défenseurs du village reconnurent la personne qui se trouvait là. C’était Hana. Celle-ci s’approcha et s’arrêta en face d’eux. Elle portait un tee-shirt noir et un short de même couleur. Ses chaussures étaient pratiques pour marcher, et toujours noires. Elle les fixa avec un regard neutre. Puis elle les doubla, leur murmurant au passage.

« Ne restez pas là. »

Elle continua son chemin, manteau volant au vent et ressortit du village. Les compagnons se regardèrent. Il y avait quelque chose qui clochait chez elle. Elle était de ceux qui attaquaient les villages, et elle venait de leur dire de partir. Pourquoi ? Tout le monde se posait la question.

« QU’est ce qu’on fait ? »
« On reste ici, Yuki doit nous rejoindre et nous avons promis de défendre ce village. Ce ne sont pas ses paroles qui nous feront changer d’avis. »

Tout le monde acquiesça face à la remarque d’Anälia. Subaru regardait avec mépris l’ombre de Hana qui se voyait toujours au loin. Sa rancœur vis-à-vis d’elle ne s’était pas arrangée, et s’il avait pu, il l’aurait affronté.

« Et puis, ajouta-t-il, si elle nous a dit de partir c’est certainement parce que ce village va être attaqué. Il faut qu’on reste ici. Qu’on l’empêche de s’en prendre à des innocents. »

Tout le monde était d’accord sur ce point là, ils resteraient à patrouiller dans le village. Toute la matinée, on pouvait les voir marcher dans les rues, questionner les personnes, rassurer les inquiets, et bien d’autres choses. Ce fut en milieu d’après midi, alors qu’Anzai et Subaru se croisaient dans une rue, qu’un cri se fit entendre. Ils se précipitèrent vers l’origine de ce cri. Ils se trouvèrent face à un homme en noir qui essayait d’enlever un enfant de 7 ans maximum. Subaru prit son épée et fonça sur lui pour l’éloigner de la mère et de son fils. Il réussit à se placer entre les deux innocents et l’homme en noir. Puis, les cris commencèrent à s’élever d’un peu partout. Isildur les rejoignit et les retrouva, dragon d’eau invoqué qui éteignait les premières flammes noires. Ils recherchèrent l’origine de ces cris, et virent qu’un peu partout, il y avait des hommes en noirs qui essayaient d’enlever les enfants et qui tuaient tous les hommes qui se mettaient en travers de leur chemin. Anälia et Grez avaient beaucoup à faire pour soigner les blessés, et ils se retrouvèrent à trois pour essayer d’arrêter cette bande en noir. Isildur chercha leur chef, et le trouva sans trop de problème. C’était une jeune fille, celle qu’ils avaient croisé dans la journée, Hana. Elle portait la même tenue que durant la matinée. De son perchoir sur l’un des toits, elle lançait des boules de feu noires, les flammes des ténèbres comme disait si bien les villageois. Le dragon d’Anzai avait du mal à suivre la cadence, et il finit par abandonner, son maître étant parti avec Isildur à la poursuite de Hana. Il avait appelé son dragon de l’air et volait dessus. Il bloqua le passage à Hana et se mit à lui parler.

« Hana, qu’est ce que tu fous ? Tu crois vraiment que c’est comme ça que tu réaliseras tes rêves. »
« Je n’ai pas de rêve, je n’en ai pas le droit. »

Puis elle réussit à s’enfuir, laissant là un Anzai abasourdi. Isildur, lui, continuait à la pourchasser. Le dragon de l’eau recommença à jeter l’eau qu’il pouvait renvoyer par sa gueule, pour éteindre les flammes. Maintenant que la magicienne n’attaquait plus le village, il n’y avait pas de nouveaux foyers de flammes. Il pu se concentrer sur sa tache. Anzai reprit ses esprits et alla bloquer la sortie avec un de ses dragons, et invoqua celui de feu pour qu’il aille bloquer l’autre sortie. Ainsi il pouvait sauver les enfants. Les enleveurs n’eurent pas d’autre choix que de s’affronter à un dragon dont la peau était si dure que leurs épées ne l’entaillaient même pas. Ils durent passer par Anzai, dont le dragon qui se trouvait derrière lui lançait des sphères d’air. Isildur finit par bloquer Hana dans une ruelle dont elle ne pouvait s’échapper. Il avait son épée à la main, et il s’approchait d’elle. Celle-ci plaça ses mains devant elle, comme si elle allait lancer un sort. Pourtant quelque chose la retint. Une larme coula sur sa joue et elle tomba à genoux.

« Pourquoi as-tu fui ? Pourquoi m’a tu abandonné ? »
« Je pensais que tu me suivrais si j’avais le courage de fuir, mais regarde ce qu’ils ont fait de toi : une meurtrière sans scrupules. »
« Ne parle pas de moi comme si tu me connaissais. Je n’ai pas eu le choix, c’était ça ou la mort. »
« Alors tu aurais du fuir, et les éviter, voire les combattre pour éviter que ce qui s’est produit à cause de toi ne se produise de nouveau. »

Il baissa son arme et s’approcha d’elle, mais elle recula jusqu’à se plaquer contre le mur qui se trouvait derrière elle. Elle était assise sur le sol.

« Pourquoi n’avez-vous pas fui comme je vous l’ai dit ? »
« Tu as peur de nous faire du mal ? »
« Non, je tuerais tous ceux qui se trouveront sur mon passage. »
« Et pourtant, tu ne m’a pas tué. Tu avais pourtant l’avantage. »
« Tais-toi. »
« Et les autres, tu ne les tueras pas … »
« Tais-toi ! »
« Tu n’en as pas le courage, tu tiens trop à nous. »
« TAIS-TOI ! »

Et là elle explosa de rage et de tristesse, et se releva, préparant une attaque, elle lança des flammes pour déstabiliser son frère, et elle se précipita pour fuir. Il ne pu la rattraper, et la vit monter sur les toits. Elle appela à la retraite et les hommes abandonnèrent les enfants pour la suivre. Anzai et Subaru firent le tour des victimes. Ils allèrent demander quelle était la tradition pour les morts, et on leur répondit qu’on les brulait pour que leurs âmes trouvent un endroit meilleur pour vivre. Aussi, ils réunirent les corps sur la grande place, après que Grez et Anälia eut vérifié qu’ils étaient bien morts. Pendant qu’ils soignaient tous deux les autres blessés, Anzai et Subaru brulèrent les corps. Isildur les rejoignit et il ne semblait pas en très bon état moralement. Une fois que les corps furent brulés, Anzai alla voir le frère ainé et s’assit à côté de lui, sur le côté d’une maison. Isildur lui raconta ce qui s’était passé.

« Il est évident qu’elle est manipulée par quelqu’un de supérieur. SI seulement j’avais su, je l’aurais tiré par le bras pour fuir cette famille. »
« Isildur, dit Anzai en posant une main sur l’épaule de son compagnon, personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. Mais il faut bien que l’on réfléchisse, elle a faillit fléchir sous tes paroles, nous recommencerons le nombre de fois qu’il faudra pour la ramener parmi nous. »
« Mais comment, elle refuse d’écouter. »
« Je pense savoir qui la ramènera à nous, mais encore faut-il qu’il accepte de lui parler. »

Isildur le regarda, oui il parlait bien de Subaru, celui qui semblait la détester. Il avait les mots blessants à son égard, mais qui l’amenait toujours à réfléchir. C’était comme cela que ça fonctionnait quand ils étaient en équipe. Elle allait aussi réfléchir à ce que Isildur venait de lui dire, et peut-être avec de la chance, elle reviendrait d’elle-même vers eux. Il fallait toujours espérer c’était ce que Grez lui avait appris. Alors Anzai espérait le retour de son amie. Et Isildur devait l’espérer lui aussi, au lieu de se lamenter. Il ne ressemblait vraiment pas à ce qu’Anzai gardait comme image de lui. Il l’avait vu si fort et sans émotions. Il était si fragile maintenant. Il avait besoin qu’on le soutienne. ET les meilleures pour cela n’étaient pas là. Si seulement ils trouvaient un moyen de ramener sa sœur à la raison.

Subaru vint les voir, leur annonçant l’arrivée de Yuki. Anzai et Isildur se relevèrent et allèrent à sa rencontre.

« Alors ? Que s’est-il passé en mon absence. »

Anzai raconta tout dans les détails, et Yuki fronça les sourcils. Il n’aimait pas ça, l’enlèvement des enfants cela réservait une belle armée pour plus tard. A peine étaient-ils en préparations d’un plan pour revenir qu’ils faisaient déjà du grabuge. Qu’est ce que ça serait quand la guerre éclatera. Ils avaient besoin d’être plus nombreux. Mais la plupart des contrées se défendraient avec leurs armées. Les trois royaumes de l’ouest refuseraient de faire alliance, et les autres pays n’avaient pas vraiment d’armées. Ils se retrouveraient complètement démunis. Une question vint à l’esprit de Subaru, qui se dirigea vers Yuki pour la lui poser.

« Comment a-t-on repoussé les adversaires lors de la dernière guerre ? »
« Je n’en ai malheureusement aucune idée. J’étais trop jeune à l’époque, Solenia m’avait protégé, et par chance ils n’étaient pas arrivés jusque là. »
« C’est dommage, j’aurais aimé savoir comment on pouvait les repousser. »
« Il faut se servir de la lumière. »

Ils se retournèrent vers Isildur qui avait un peu repris ses esprits.

« Ma famille utilise les ténèbres pour se battre, d’où les flammes noires. Il faut utiliser des sorts de lumière pour les vaincre. »
« Mais aucun d’entre nous ne les connait, et encore moins les maîtrise. »
« La seule personne que je connaisse qui puisse les maîtriser, c’est Hana ou sa mère. Mais sa mère est introuvable depuis bien des années. »
« Tu veux dire votre mère ? »
« Non, seulement la sienne, nous ne sommes pas nés de la même mère. Hana est une fille illégitime parce que mon père a violé une magicienne pour avoir un enfant avec ses pouvoirs. Nous sommes une famille de guerriers, et les magiciens bien entrainés sont puissants. C’est pour ça qu’il voulait un enfant magicien. Il a gardé la femme enfermée dans un cachot le temps de la grossesse, puis une fois que Hana fut née, il l’a renvoyé dans son monde, lui arrachant son enfant. On a caché que Hana maitrisait la lumière, pour éviter qu’elle ne l’utilise, et on a favorisé les ténèbres qu’il y avait en elle. C’est une petite partie d’elle-même mais elle l’utilise que trop bien parce qu’on le lui a apprit. »
« Il y a donc vraiment un moyen de la ramener à nous ? »
« Oui, mais pour le moment, il faudrait trouver sa mère. Et à partir de là, nous saurons si elle peut nous aider en utilisant la lumière pour la sortir du pétrin dans lequel s’est fourré Hana. »
« La seule chose qui nous reste à faire, c’est d’essayer de la retrouver. Quelqu’un sait par où commencer les recherches ? »
« Les étoiles nous guideront. Il nous faut juste un sage pour nous aiguiller un peu mieux. »

Sur ces mots, ils laissèrent le village, bien sur après avoir soigné les blessés et promis que du renfort arriverait, et ils allèrent à la recherche de la mère de Hana.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:20

Ils se trouvaient dans le nord de Yume, au nord ouest pour être précis, près du fleuve Nakatu. Ils pouvaient à la limite aller au château de Ryuku, qui n’était pas très loin, mais est-ce qu’ils trouveraient un sage là-bas ? Oui certainement. Tous les rois avaient des sages. Ils pouvaient aussi se rendre dans la demeure du chef du pays de Yume, mais c’était déjà plus loin. Sa demeure était isolée dans la forêt Koganei. Ils réfléchirent au plus vite, car les renforts risquaient de ne pas arriver très vite, Anzai avait envoyé un Shikigami à chaque royaume dirigés par des humains, soient Ryuku, Solenia et Marachi. Leurs renforts étaient les bienvenus. Quant à eux, ils finirent par se diriger vers la demeure royale du pays de Yume. Ils ne savaient pas ce qui les attendait là-bas, mais ils jugeaient plus logique d’aller à sa rencontre pour lui expliquer la situation, lui dire qui était leur ennemi, et trouver un sage pour les aiguiller. Le voyage dura plusieurs jours, et Anälia commençait à en avoir assez de marcher. Ils ne faisaient que ça depuis facilement un mois. Elle qui était une sédentaire, ça ne lui plaisait pas vraiment. Une fois arrivés à bon port, un Shikigami apparut devant eux, demandant à Yuki et Anälia de revenir pour mener les troupes de Solenia protéger le pays de Yume. Ils se séparèrent donc, non sans regrets, et se promirent de se retrouver une fois que Hana serait revenue de leur côté.

Ils n’étaient donc plus que quatre, Subaru, Isildur, Grez et Anzai. Ils entrèrent après avoir signalé leur présence, et le roi les accueillit non sans crainte. Il avait bien sur entendu parler d’eux, le village qu’ils avaient protégé avait alerté de ce qui s’était passé par un messager qui les avait précédés de quelques heures. Eux, ils s’étonnèrent sur la nature du roi, c’était un nain. Pas étonnant qu’il semblait nerveux à la vue d’un elfe et d’un demi-elfe. Cependant, il n’était pas impulsif, il demanda juste que les deux qui avaient du sang elfique s’éloignent un peu. Puis, il les remercia tout d’abord pour avoir protégé un de leurs villages, mais jugea qu’à eux seuls, ils ne pouvaient rien faire contre une armée qui était montée depuis bien des années, et entrainée à vaincre n’importe quels adversaire.

« Maintenant que vous vous êtes montrés, ils vont chercher plus de magiciens ou d’invocateurs pour se battre. »
« Qu’importe, répliqua Subaru, nous serons là pour défendre ces terres. Nous avons beau être des nomades, nous ne laisserons personne nous barrer le chemin. »
« Voilà qui est bien parler, mais à vous seuls, vous ne pouvez rien contre une armée, il faudrait une autre armée pour les prendre en chasse. »
« Solenia prépare déjà ses soldats pour venir protéger vos terres. »
« Il est vrai que nous avons un accord avec Solenia, nous leur fournissons des hommes qualifiés, et ils nous défendent. Au moins, ils tiennent parole là-bas. »
« Nous aurions juste besoin d’un sage pour nous aiguiller. Nous recherchons une personne qui pourrait nous aider à vaincre un de nos ennemis, et peut-être même la ramener dans notre camp. Elle est manipulée et refuse de faire du mal à ses amis. Il nous suffit de lui rappeler qui elle est pour la ramener parmi nous. »
« Vous n’avez pas l’air très emballé par cette idée jeune homme. »

Subaru fut un peu surpris, il avait essayé de cacher ses sentiments vis-à-vis de cette peste, et il était évident qu’il était mauvais acteur. Il baissa la tête.

« SI ça ne tenait qu’à moi, je la laisserais dans le pétrin dans lequel elle s’est fourré, mais l’avis du groupe est de la ramener parmi nous. Tout le monde sait que je ne l’apprécie pas. »
« Mais vous faîtes un sacrifice pour les autres, voilà une noble attitude. Je vous amène un sage qui pourra vous aider, mais il y a des risques que vous deviez attendre la nuit tombée. »
« Nous attendrons. »

Sur ces mots, le nain fit appel à son sage, et lui demanda de se mettre à la disposition de ces jeunes gens. Il fallait dire que les deux adultes étaient partis, et qu’Isildur faisait jeune avec ses sentiments qu’il montrait un peu trop au goût de son ancien élève : Subaru. Il était surtout retombé dans l’estime de l’humain. Il le considérait presque comme sa sœur, et il finissait par le détester. Il n’aimait pas ceux qui n’étaient pas capable de contenir leurs émotions. Mais il ne se rendait pas compte qu’à force de se contenir, il finirait par exploser un jour et par faire lui aussi une crise de nerfs. Mais à l’instant présent, il pouvait toujours contenir ce qu’il ressentait en lui.
Ils durent attendre que la nuit soit tombée pour que le sage se mette à lire dans les étoiles. Il était plutôt jeune pour un sage, on lui donnait facilement 40 ans, alors que la plupart des sages avaient la soixantaine passée. Ils attendirent, un peu éloignés pour ne pas le déranger. Après plusieurs heures, le sage revint les voir, ils se relevèrent pour être à sa hauteur.

« Quand la grenouille coasse une fois, c’est qu’elle est triste. Quand la grenouille coasse deux fois, c’est qu’elle cherche des amis. Quand la grenouille coasse trois fois, c’est que vous êtes là. »

Et sur ces mots quelque peu étranges, il partit sans ajouter plus que cela. C’était un bien étrange sage, mais qui considérait les énigmes comme plus importantes que la réponse en elle-même. Maintenant, il fallait réfléchir. Où est ce qu’une grenouille pouvait coasser ? Au bord des fleuves ou des ruisseaux. Ça ne les aidait pas, vu que des ruisseaux, il y en avait pleins. Ils essayèrent de se souvenir de ce que voulait dire cette phrase énigmatique. Malgré toutes leurs connaissances réunies, ils n’arrivaient pas à savoir où il voulait en venir. C’était plutôt gênant. Ils auraient du partir au royaume de Ryuku pour y trouver un sage moins mystérieux que celui qu’on venait de les faire se rencontrer. Puis, soudainement, Isildur sembla se souvenir de quelque chose.

« De là où j’ai grandit, dans la forêt de Kimaro, il y a une légende sur les montagnes Hikari qui se trouvent dans la forêt sacrée, au nord de celle-ci, pas très loin des montagnes de Tsuki. Il y aurait certaines soirées des grenouilles qui coassent d’étrange manière. On peut aller voir là-bas si la légende est vraie. »
« C’est la seule piste que nous ayons. Mais ça nous fera une longue marche, il faut prendre des provisions. »
« Nous chasserons en route, nous n’avons pas de temps à perdre. Plus on agira vite, plus Hana sera fragilisée, et il sera plus facile de la ramener dans notre camp. »
« Bien. Alors allons-y. »

Ils allèrent tout d’abord remercier le roi et son sage avant de repartir, puis, ils partirent presque au pas de course. Ils avaient l’habitude maintenant de marcher vite, ils avaient déjà parcouru le continent en long et en large. Ce n’était pas cette longue marche qui les effraierait. Ils se dirigèrent donc vers les monts Hikari, qui se trouvaient tout au nord de la forêt sacrée. Ils n’avaient pas d’autre choix que de traverser Mutsiko et la forêt Kimaro pour atteindre la forêt sacrée, puis les monts Hikari. Leur chemin fut sans encombres, pas même un brigand ne les arrêtait, et ils purent arriver dans les montagnes Hikari.

Ces montagnes étaient moins hautes que celles de Tsuki, mais elles restaient tout de même enneigées en leurs hauteurs, et il y faisait frais, même pendant la saison chaude. Nos compagnons trouvèrent un marchand ambulant pour acheter des capes, histoire de se protéger un peu mieux du froid. Ils n’avaient pas de tissu adaptés pour leur ascension. Aussi, ils eurent froids, et se jurèrent de trouver un abri pour la nuit, pour ne pas mourir gelés. Ils continuèrent leur route, luttant contre le vent et la neige qui commençait à tomber. La saison chaude s’achevait, et le froid allait bientôt revenir sur les pays du nord. Ils marchèrent ainsi toute la journée sans trouver la moindre trace de vie.

« Il faudrait peut-être faire demi-tour et dormir dans la forêt, où on risque moins le froid. »
« Il en est hors de question, nous sommes bientôt arrivé. »

Isildur n’en savait rien, mais il essayait de remotiver ses compagnons qui commençaient à désespérer. Ils continuèrent leur chemin, puis le vent se stoppa, et la neige cessa subitement de tomber. Ils relevèrent les yeux, et regardèrent devant eux. Ils étaient dans une étrange clairière qui semblait presque féérique. L’eau coulait tranquillement sur le cours d’un ruisseau. Les arbres étaient des feuillus, et non des résineux. L’air y était plus chaud que dans la montagne. Mais où étaient-ils tombés ? Ils entendirent un coassement.

« Si la grenouille coasse une fois, c’est qu’elle est triste. »

Anzai venait de réciter ce qu’il avait retenu de l’énigme du sage. Il s’approcha de l’eau, espérant voir une grenouille, mais il ne vit que des poissons dans l’eau claire. Il pensait qu’ils étaient sur la bonne voie. Il se retourna vers les autres, et d’un simple signe de tête, ils se comprirent. Ils allaient attendre qu’un autre coassement retentisse, mais ils restèrent une dizaine de minute sans rien entendre. Ils décidèrent d’établir leur campement pour la nuit. C’était l’endroit le plus chaud de la montagne, à leur connaissance. Ils établirent des tours de gardes, Anzai commençant. Il resta un moment sans rien entendre, hormis le ronflement léger d’Isildur. Chacun avait l’espoir de trouver cette dame, sauf peut-être Subaru qui n’appréciait toujours pas Hana. Puis vint le tour d’Isildur, qui resta éveillé, toujours sans rien entendre. Puis, alors qu’il observait la lune, il entendit deux coassements l’un après l’autre.

« Quand la grenouille coasse deux fois, c’est qu’elle cherche des amis. »

Il décida de ne le dire à ses compagnons que lorsqu’ils seraient tous réveillés. La nuit se termina sans souci. Au petit matin, Isildur raconta ce qu’il avait entendu. Tous eurent une lueur d’espoir dans leurs yeux, tous sauf Subaru, qui avait décidé de rester à l’écart. Les autres étaient trop sensibles, ça ne lui plaisait vraiment pas. Lui qui cachait toujours ses sentiments, les voir ainsi l’écœurait au plus haut point. Lui qui admirait tant son maître, là il en était déçu. Ils mangèrent rapidement et reprirent leur route dans la vallée magique, se disant que si quelqu’un vivait dans ces montagnes, c’était dans cette vallée qu’elle pouvait se trouver. Aussi, ils enlevèrent leurs capes, qui leur tenaient trop chaud, et les portèrent à la main, étant trop grande pour les garder dans les sacoches qu’ils avaient sur eux. Seul Anzai garda la sienne sur le dos, non pas parce qu’il avait froid, mais parce que c’était plus pour avoir les deux mains de libre. Les autres finirent par l’imiter, trouvant cette idée plus intelligente, surtout pour Isildur et Subaru, qui avaient parfois besoin de leurs deux mains. Ils marchèrent suivant le ruisseau qui coulait. Ils trouveraient bien une personne dans ces alentours pour pouvoir avoir des informations sur l’endroit où se trouvait la mère de Hana. Ils s’arrêtèrent en entendant le bruit d’une grenouille, comme un coassement, ils écoutèrent attentivement, il y avait eu trois coassements. Donc si on en croyait ce que disait le sage, ils étaient arrivés. Mais là, ils ne voyaient personne, et surtout pas d’humain. Ils s’installèrent en rond et se regardèrent, c’était la première fois qu’un sage se trompait. En même temps, il était trop jeune pour pouvoir donner des explications logiques. Anzai regarda le ciel. Quand la grenouille coasse une fois, c’est qu’elle est triste, quand elle coasse deux fois, c’est qu’elle cherche des amies, quand elle coasse trois fois, c’est qu’on est là. Il devait y avoir une logique dans ce que disait le sage. Il avait du faire une allusion à quelque chose, mais qui avait échappé aux jeunes hommes. Qu’est ce qui pouvait ressembler à un coassement d’une grenouille ?

« Elle racontait quoi ta légende Isildur ? »
« Je ne me souviens plus très bien, mais elle disait que certaines nuits, les grenouilles coassaient étrangement, comme une complainte. »
« Mais là, nous avons entendu les grenouilles que de jour. Et il va nous falloir du temps avant que la nuit ne tombe. Qu’est ce qu’on fait ? »
« On va rester ici, et établir notre campement. Nous en profiterons pour aller pêcher du poisson et cueillir des fruits que l’on peut trouver dans les parages. »
« Et qui nous dit qu’on est bien à destination ? »

Vu la manière dont était formulée la question, Anzai devina, sans le voir, que c’était Subaru qui l’avait posée. Lui qui était devenu plus posé et moins hautain, le voilà qu’il recommençait. Anzai se tourna vers lui, comme allant lui faire une réprimande sur son comportement, mais il se ravisa en sachant que ça ne servirait à rien. Subaru restait ainsi quand il n’aimait pas une personne, ou qu’il avait une déception. Il était évident que c’était le comportement du frère de Hana qui l’avait mis dans un tel état, il n’y avait pas d’autres possibilités visibles. Il avait un maître, une idole, et voilà que ça changeait du tout au tout.

« Rien ne nous le dit, mais il faut savoir faire confiance à son instinct par moment. »
« Mais il est vrai que l’instinct des humains est bien moins élevé que celui des elfes. »

La pique qui venait de renvoyer la balle à Subaru était d’Isildur. Il avait été sec et hautain, comme il l’avait toujours été en cours. Il n’aimait pas qu’on contredise une chose qui était décidée. Anzai et Grez se regardèrent, et évitèrent d’exploser de rire, ayant tous deux l’impression de revoir Hana face à Subaru. Pas étonnant que cet elfe soit son frère, Hana avait du le copier, tout en gardant sa personnalité enfantine. Cela voulait dire qu’elle tenait à son frère d’une manière ou d’une autre. Ils cessèrent de ricaner dans leur coin quand les deux autres les fusillèrent du regard. Anzai se proposa pour aller chercher du bois avec Grez, laissant les deux guerriers ensemble. Bien sur, Grez ne comprenait pas cette réaction, et Anzai lui expliqua qu’il valait mieux ne pas se mêler des affaires des autres.

Pendant qu’ils allèrent chercher du bois, Subaru et Isildur retroussèrent leurs pantalons et leurs manches pour attraper les poissons à main nue. Ils en prendraient quatre, un par personne, car vu la taille des poissons qui vivaient dans ce ruisseau, cela ne nourrirait pas tout le monde sur un seul. Ils commencèrent par attraper un poisson chacun, à peu près en même temps, puis ils se défièrent du regard, et la course était lancée, ils devaient attraper leur deuxième poisson en premier. Ce fut Isildur le grand vainqueur.

« Tu as encore des choses à apprendre petit. »

Il amena les poissons pêchés dans la clairière et les tua avant de faire une prière sur eux. C’était sa croyance en le fait que tout avait un esprit qui devait partir du corps suite à soit une prière, surtout pour les animaux, soit par le feu, brûler les corps humains. C’était la tradition chez lui, dans sa famille. Subaru amena le dernier poisson et le confia à Isildur, pour que celui-ci l’achève et fasse sa prière, chose que Subaru comprenait, lui aussi avait des traditions mais il ne les respectait pas. Depuis qu’il était entré dans cette école, il avait fui toutes responsabilités qu’il avait au sein de sa famille. C’était d’ailleurs une des raisons qui l’avait poussé à ne pas rentrer chez lui.

Les deux autres arrivèrent avec du bois pour faire cuire le poisson. Ils mangèrent copieusement, et vu que la journée était loin de se terminer, ils décidèrent de s’occuper chacun à sa manière. Subaru provoqua Isildur en duel. Ils sortirent tous deux leurs épées, et se lancèrent dans un combat acharné. Subaru essayait de l’attaquer par tous les coups qu’il connaissait, et par les stratégies qu’il avait élaborées, mais à part le bruit assourdissant des deux lames, il n’y avait rien qui puisse faire croire à un combat. Isildur bougeait à peine, tandis que son élève s’évertuait à essayer de le toucher. Mais ils avaient une grande marge de différence d’âge, et d’expérience. Un elfe avait plus de chance qu’un humain, il pouvait continuer l’entrainement plus longtemps, et donc devenir plus performant. Isildur était à un âge où il avait vu de tout, un âge que Subaru n’attendrait jamais. Il avait aussi plus d’expérience, et ne disait-on pas que les meilleurs guerriers étaient ceux qui avaient le feeling dans la peau, comme Isildur. Il avait le combat dans ses veines, sa famille était une famille de guerriers, même s’ils utilisaient leurs dons à des fins diaboliques. La famille de Subaru était plus modeste, et il était le premier à avoir montré qu’il pouvait se battre sans en perdre son plaisir. Se battre, Subaru ne vivait que pour ça, se battre et exceller. Mais pour le moment, il essayait déjà de vaincre l’elfe. Faisant des tonneaux autours de lui pour le surprendre, attaquant lorsque l’adversaire ne s’y attend pas, et bien d’autres stratégies, mais son maître ripostait à chaque fois, et frappait avec le plat de sa lame pour ne pas blesser le jeune homme.

Pendant ce temps, Grez était parti chercher des plantes qu’il connaissait pour avoir plus de réserves si jamais il devait concocter une potion. Il avait bien sur des réserves, mais plus il en avait, mieux c’était pour lui. Aussi, il s’éloigna du groupe pour trouver ce qu’il cherchait. Il vit plusieurs plantes qu’il connaissait, et il les cueillit lorsqu’il en voyait l’utilité. Lorsqu’il revint, il pouvait voir que les deux guerriers étaient occupés à nettoyer leurs armes. Il chercha Anzai des yeux, mais ne le vit pas. Il s’approcha des deux guerriers pour leur demander.

« Qu’est ce que j’en sais ? Je ne suis pas sa nourrice ! »

Grez retrouvait aussi le Subaru d’avant. Il eu un sourire, malgré tout, ce Subaru là l’avait manqué, et il préférait le voir ainsi, il était sur qu’il allait bien, il se tourna vers Isildur.

« Je l’ai vu partir, répondit-il. Mais je ne saurais dire où. »

Et bah les voilà bien, ils ne pouvaient pas dire où était Anzai, alors qu’il était un peu le leader du groupe. Grez s’installa dans un coin et tria les plantes qu’il venait de ramasser afin de mieux les ranger. Il avait pour cela des sacs avec des ficelles de différentes couleurs et avec différents nœuds. Ils restèrent tous les trois, chacun dans son coin, à s’occuper de ses affaires. Une fois qu’Isildur eu fini ce qu’il faisait, il s’approcha de Grez, ignorant royalement Subaru. Il lui demanda ce qu’il faisait.

« Je trie. J’ai besoin d’avoir toujours des réserves de plantes si jamais je dois faire une potion ou toutes autres lotions. »

Puis, tout en triant ses plantes, il discuta avec Isildur. De son côté, Subaru les observait du coin de l’œil, astiquant toujours plus son épée, n’ayant rien d’autre à faire. Lorsqu’Anzai revint de sa promenade, la nuit commençait à tomber. Il ne donna pas d’explication à son absence, les autres n’avaient pas besoin de tout savoir. Surtout pas ce qu’il avait fait. Ils se réchauffèrent autour de cette source de lumière et de chaleur. Ils n’avaient pas trouvé ce qu’ils cherchaient, ils reprendraient les recherches le lendemain. En attendant, ils avaient tous besoin de repos, la tension dans le groupe se faisait ressentir. Surtout entre l’elfe et Subaru. Anzai jugeait qu’une bonne nuit de sommeil calmerait les esprits.

Pourtant, lui-même ne réussit pas à dormir. Il s’était mit au bord de l’eau, assis en tailleur, à attendre que le temps passe. Pourtant il sentit à un moment une main sur son épaule. Il se retourna, doucement, et vit qu’il s’agissait d’Isildur. Alors comme ça lui non plus ne dormait pas ? Il fallait dire que la journée avait été une journée emplie d’espoirs, et que ces espoirs avaient été vint. Ils n’avaient pas compris l’énigme du sage. Les deux hommes restèrent silencieux, à regarder la voute étoilée. Isildur connaissait les constellations, mais ne savait pas lire dans celles-ci. Il se contentait de les observer, comme un spectateur. Anzai, lui, ne connaissait presque pas les étoiles. Il se demandait même comment on pouvait faire pour y lire dedans. Ce n’étaient que des astres parmi tant d’autres. Il avait beau essayer de comprendre, il s’y perdait facilement. Il n’y avait pas d’école pour devenir un sage, il fallait suivre un apprentissage souvent long avec un autre sage. Il y avait surtout des humains qui avaient la soixantaine passée, ou des elfes qui en faisaient partis. Il se demandait combien de temps il fallait exactement pour devenir un sage, même si lui-même ne le deviendrait jamais.

Une autre personne vint s’asseoir de l’autre côté d’Anzai. Il regarda pour voir Grez. Lui non plus ne dormait pas. Il se retourna pour voir Subaru qui les observait, debout, sans oser s’approcher. Il lui fit signe de venir. Celui-ci finit par céder et alla s’installer à côté du guérisseur. Les quatre personnes gardaient le silence. C’était un de ces moments de calme que l’on ne voulait pas gâcher par la parole de quiconque. Pourtant, il y avait quelque chose qui les gênaient, comme si on les observait. Anzai finit par se lever et se retourner. Non, il n’y avait personne. Il devait rêver. Pourtant les autres semblaient aussi nerveux que lui. C’était peut-être à cause des tensions qu’il y avait au sein du groupe. Non, il en doutait, avant aussi il y avait des tensions, et pourtant jamais ils n’avaient eu cette impression là. Anzai se dirigea vers la verdure, une sorte de bois qui les entourait, comme s’ils étaient dans une clairière. S’approchant, il entendit un bruit de vêtement volant suite à un mouvement. Il y avait bien quelqu’un. Mais apparemment, cette personne ne voulait pas se montrer. Anzai ne su que dire, lui qui était si pédagogue et protecteur. Il voulait savoir qui était cette personne, ce qu’elle faisait ici. A peine eu-t-il mit un pas dans la forêt qu’il vit des lianes s’en prendre à lui, le bloquant dans chacun de ses mouvements. Ses compagnons, qui avaient vu toute la scène, se relevèrent et Subaru et Isildur prirent leur épée.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:23

« Laissez-les ! »Leur ordonna Anzai.

Ils reposèrent donc leurs armes. Ils ne comprenaient pas pourquoi lui, qui était dans une mauvaise posture, leur demandait de ne pas prendre des armes.

« Ils ne font que se défendre. N’ayez pas peur, on ne vous fera rien de mal. »

Pourtant, les personnes, si elles étaient plusieurs, se cachaient toujours. Anzai décida de leur dire la raison de leur venue, peut-être que ça leur prouverait qu’ils n’étaient pas venus avec de mauvaises intentions.

« Nous cherchons la mère de Hana de Tsuki, nous avons besoin de son aide. »

Une tête se fit voir à travers les arbres. C’était une jeune femme, trop jeune pour avoir eu un enfant plus de cent ans auparavant, se disait Anzai. Pourtant, les lianes qui l’entravaient retombèrent mollement sur le sol. Il pu donc approcher cette jeune femme qui restait tout de même prudente. Gardant ses distances, il lui tendit la main, comme l’invitant à le rejoindre. La jeune femme s’approcha avec prudence, et saisit la main du jeune homme. L’invocateur pouvait constater la froideur de la peau de la personne. Il l’observait, elle était pale comme un linge, ses longs cheveux blancs retombaient jusqu’au milieu de son dos, et elle ne portait qu’une robe légère, toujours blanche, sans chaussures. Ses yeux seulement, ressortaient par leur couleur marron, exactement les mêmes que ceux de Hana.

« Je suis la mère de cette pauvre enfant. Que lui arrive-t-il ? Qu’est ce qu’on a fait à ma fille ? »

Anzai l’invita tout d’abord à venir se réchauffer auprès du feu, que Grez s’empressa de raviver, mais elle refusa de quitter les bois. Les trois autres garçons étaient un peu plus éloignés. Ils savaient qu’Anzai était celui qui savait le mieux s’y prendre quand il fallait raconter quelque chose de difficile. Il expliqua à la femme ce qui lui était arrivée, et comment ils voulaient la sauver. Elle baissa les yeux, avec tristesse.

« Alors ils ont vraiment fait d’elle une arme. Elle qui ne mérite pas cela. Elle n’aurait jamais du venir au monde, quel malheur. Ils vont l’utiliser jusqu’à la fin, elle qui n’a rien demandé. »

De fines gouttelettes d’eau transparentes glissèrent le long du visage de la jeune femme. Celle-ci releva la tête et serra les mains d’Anzai.

« Vous devez la sauver, je suis sur qu’elle n’a pas de mauvaises intention, qu’elle est contrainte d’obéir. Elle pourrait très bien le tuer si ça lui chantait, mais elle doit avoir peur de la mort. »
« Pourtant, coupa Subaru, elle est bien sur les champs de bataille, nous l’avons vu de nos propres yeux. »

Anzai se retourna vers le guerrier et lui jeta un regard noir. La femme qui lui tenait les mains semblait déjà faible, pas besoin d’en rajouter pour nuire à sa santé.

« Je ne peux rien faire pour vous, je suis condamnée à errer dans ces bois jusqu’à voir ma propre fille de mes yeux. Le jour de sa naissance, on me l’a enlevée, et la vie m’a quitté. Je ne suis qu’un esprit errant, cherchant à voir son enfant comme une personne douce et gentille. Mais si elle est devenue une arme, elle ne peut pas être ainsi, n’est-ce pas ? »
« Bien sur que si. Elle doit juste être manipulée. Je vous promets qu’on vous la ramènera saine et sauve, et qu’elle sera tel que vous l’imaginez, bon peut-être un peu différente, mais elle sera gentille et douce, comme elle l’a été avec nous lors de nos missions ensemble. Ne vous inquiétez pas, nous la ramènerons. »

Sur ses paroles, l’esprit recula, lâchant les mains de l’invocateur, et disparut dans les bois. Ils restèrent tous silencieux, jusqu’à ce que Subaru coupe le silence.

« C’est malin, tout ce chemin pour rien ! »
« Nous savons juste que sa mère est un esprit, elle ne peut pas nous aider. » Continua Isildur. 
« Qu’est ce qu’on fait maintenant ? » questionna Grez.

Anzai était toujours debout, à l’orée de la forêt, sans bouger. Il ne réfléchissait pas vraiment, mais cherchait un moyen de tenir sa promesse. Il l’avait faite un peu à la légère, et il n’était pas sur de la tenir. Il se retourna vers les autres et alla s’asseoir auprès du feu. Les trois autres garçons le regardèrent.

« Nous n’avons plus qu’à nous débrouiller seuls, mais au moins on aura essayé. Notre passage ici n’aura pas été inutile, nous connaissons maintenant la mère de Hana, et nous savons ce que nous devons faire. »

Un papillon arriva sur l’épaule de l’invocateur. Il s’agissait de son Shikigami. Il avait envoyé un message assez long à Hana, lui demandant de les retrouver dans cette vallée magique. La réponse était claire, et elle parvint au cerveau du jeune hybride, elle ne pouvait pas. Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas les revoir, c’était qu’elle ne le pouvait pas. Le papillon disparut en devenant moins visible, puis presque transparent, pour enfin qu’on ne le voit plus.

« Qu’est ce que c’était ? »
« Rien de bien important. »

La tension dans le groupe revint aussi rapidement qu’elle avait disparut. Voilà que leur leader faisait des cachoteries. Sentant la tension remonter, il trouva une excuse.

« J’ai envoyé dans la journée ce Shikigami au roi de Solenia pour savoir si ses troupes étaient bien parties. Je viens d’avoir la réponse que oui. Nous n’avons pas à nous presser. Dormons et demain, tout ira mieux. »

Sur ce, il s’allongea sur le sol couvert d’herbe sèche, mais qui n’allait pas tarder à s’humidifier avec la rosée du matin. Il ferma les yeux et fit semblant de dormir, les autres l’imitèrent, et après un moment, Anzai regarda à nouveau le ciel, allongé sur le dos. Si seulement il pouvait lire dans les étoiles, ça serait tellement plus facile. Mais il ne savait pas quoi faire face à cette situation. Hana qui ne les écoutait pas, Isildur et lui-même qui ne pouvaient la raisonner. Il ne pensait pas que Grez y arriverait aussi. Seul Subaru avec ses piques pouvait à la limite la remettre sur le droit chemin, et encore, ce n’était pas certain. Il était un peu perdu à vrai dire, il ne savait pas comment ramener leur amie de leur côté. Il ne voulait pas non plus qu’il y ait cette guerre, lui-même n’en avait jamais vécu une, puisqu’il provenait d’un des lieux où la guerre n’avait pas commis de ravage. Mikato avait beau être l’une des plus petites contrées, elle était plutôt à l’abri. Et s’ils allaient là-bas, ils trouveraient peut-être des magiciens. Non, cette idée était farfelue, Mikato est réputée pour ses invocateurs, pas pour ses magiciens. Il fallait dire que la famille Tsume était une famille imposante et importante dans ce pays. Lui-même faisait parti de cette famille, étant le fils légitime du chef de famille. Mais il préférait taire ce détail, il ne voulait pas qu’on le voit autrement qu’un ami. Il finit par fermer les yeux et s’endormit.

Le lendemain, ce fut les rayons du soleil qui réveilla la troupe. Isildur fut le premier debout, et il rangeait déjà ses affaires alors que les autres se réveillaient en douceur. La nuit avait été courte pour la plupart. Même pour tous, et chacun avait du mal à émerger. Anzai se releva et s’étira. La nuit ne lui avait malheureusement pas porté conseil, et il cherchait toujours comment sauver Hana. Isildur lui donna une tape amicale dans le dos, comme pour le ramener à la raison. Grez en fit de même. Ils le savaient, il n’avait presque pas dormi. Subaru, lui resta de côté. Il s’isolait de ces marques d’amitié. Il avait prit l’habitude avec Yuki et Anälia, mais maintenant qu’ils n’étaient plus là, il n’avait plus son maître, et le seul qui avait réussi à le faire sortir de cet état dans lequel il se trouvait. Mais qu’il soit ainsi, c’était aussi parce qu’ils cherchaient à ramener Hana, et il s’en moquait royalement. Il pouvait partir s’il le voulait. Mais il ne le faisait pas, il n’y avait pas de raisons, mais il n’y arrivait pas. Il sentait que sa place était ici, avec les autres. Mais il n’y était pas de bon cœur. A dire vrai, tout ce qui était surnaturel l’effrayait. Il n’était pas devenu un guerrier pour rien, alors qu’on lui avait conseillé magicien. Il aurait pu être meilleur qu’il ne l’était déjà. Mais ça lui faisait peur, il ne pouvait pas expliquer comment les pouvoirs arrivaient, comment on les utilisait. Il devait aussi se l’avouer, cette histoire le terrorisait et il n’avait pas de quoi calmer sa peur, et il en devenait insupportable.

« Mais maintenant, qu’est ce qu’on fait ? On retourne sur le champ de bataille ou on fait autre chose ? »
« Retourner sur le champs de bataille, comme tu dis, serait une idée suicidaire. »
« Dans ce cas, qu’est ce qu’on fait ? »
« Il faut retrouver Hana le plus vite possible. »
« Dans ce cas il faut aller se battre. »
« Ou détruire celui qui lui dicte sa vie. »

Isildur, qui n’avait rien dit jusque là, ainsi que Subaru, restèrent à l’écart. Ils réfléchissaient dans leur coin, sans partager leurs idées. Isildur s’en voulait de ne pas avoir forcé sa sœur de venir avec lui, mais en même temps, quand il était avec elle, il ne pouvait s’empêcher de la mépriser. Elle était une magicienne hors norme, mais elle était trop facilement manipulable, et les deux n’allaient pas ensemble.

« J’ai promis à sa mère de la ramener quand elle serait en sécurité. Il faut la retrouver, et Subaru essaiera de la convaincre de revenir. »
« Et pourquoi moi ? »
« Parce ce que la douceur n’a pas marché, donc il faut passer par ton mauvais caractère et ta faculté à blesser les gens. »
«Hum … »

Ce fut la seule réponse du guerrier blessé. Il n’aimait pas qu’on lui dise qu’il avait mauvais caractère. Il ne se l’avouait pas, préférant rester à se dire qu’il était supérieur que les autres, et qu’il était normal de les rabaisser. Pour lui les guerriers étaient les plus nobles, parce qu’ils pouvaient attaquer sur l’avant de la bagarre. Les mages, invocateurs et guérisseurs restaient plus à l’arrière. Ils étaient moins courageux pour la plupart. Ils n’allaient pas se battre comme le faisaient les guerriers.

« C’est décidé, rétorqua Isildur, nous allons nous battre pour la retrouver, et nous la ramènerons à sa mère. »
« Cela ne sera pas chose aisée, mais je suis partant. »
« Moi aussi je vous suis. »
« Hn … »

Bon, la majorité était d’accord sur ce point là, maintenant il fallait établir une stratégie. Là, ça devenait plus délicat. Ils pouvaient improviser quand ils arriveraient face à elle, comme ils pouvaient très bien élaborer une tactique qui pouvait être compromise à cause de nombreux facteurs. Ils se mirent d’accord pour improviser. C’était toujours la meilleure des choses que de ne pas prévoir si on ne connaissait pas le terrain. Un rien pouvait changer leur stratégie, donc autant ne rien prévoir, à part que Subaru se précipite sur elle et lui rappelle qui elle est réellement. Parce qu’elle n’arrivait pas à attaquer ses amis, parce qu’elle voulait les protéger, parce qu’elle avait des larmes invisibles qui coulaient à chaque homme tué, elle ne pouvait pas être mauvaise dans le fond.
Le seul souci, c’était qu’ils ne savaient pas où elle se trouvait.

Ils n’allaient pas pourchasser dans tous les pays dévastés, s’il y en avait d’autres que Yume, une personne, qui pouvait se trouver n’importe où. C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Autant dire que s’ils faisaient ainsi, ils ne remonteraient pas jusqu’à Hana. Il fallait donc savoir d’abord vers quel lieu elle se trouvait. Anzai pensa de suite à son Shikigami, qui été allé la voir, mais ça voulait dire révéler ce qu’il avait réellement fait. Cela serait peut-être mal vu par les autres, mais c’était la seule piste qu’il avait trouvé. Il leur fit donc part de ce qu’il avait fait, et tous lui reprochèrent d’avoir fait bande à part.

« On est une équipe, il faut se serrer les coudes ! »

Anzai baissa la tête, oui il avait fait bande à part, mais il pensait que si lui réussissait à parler avec Hana, c’était qu’ils avaient des chances de la ramener à eux. Le problème, c’est qu’à sa proposition, elle avait répondu qu’elle ne pouvait pas les voir. Aussi, il fallait détruire ce qui formait cette barrière. Ils n’avaient plus qu’à la retrouver grâce au Shikigami d’Anzai. Celui-ci le refit apparaitre, et lui demanda de les mener jusqu’à Hana. Le papillon, dans les tons violets, virevolta un instant près d’eux, puis commença à s’éloigner. Ils le suivirent.

La route fut longue mais sans soucis. Ils marchaient dans les montagnes d’Hikari, puis arrivèrent dans les montagnes de Tsuki. Il était assez tard, la nuit était déjà tombée quand ils aperçurent une demeure assez grande. Le papillon, lui, se volatilisa, il les avait menés là où se trouvait Hana. Celle-ci était donc dans cette demeure. Ils l’observèrent comme ils purent dans le bâtiment, et ce fut Isildur, qui voyait mieux la nuit, ainsi que Anzai, qui avait hérité cela de sa mère elfe, qui firent la description aux autres. C’était une sorte de château qui possédait quatre tours, avec des fenêtres étrangement grandes pour un château normal. Tout était construit en pierre. Il y avait aussi des ailes qui permettaient de rejoindre les tours.

« J’aurais du m’en douter. Comme elle a eu une hésitation, on l’a ramené au quartier général, qui est aussi la maison de notre père, certainement pour renforcer son insensibilité. Il va falloir qu’on entre dedans. »
« Oui, mais comment ? »
« En passant par un souterrain. Père ne les connait pas tous, et il y en a un qui menait jusqu’à ma chambre. Il vaudrait mieux que seules deux personnes maximum y aillent. »
« Vas-y avec Grez, Subaru et moi resterons ici. »
« Bien. Aller Grez, on n’a pas une minute à perdre. »

Ils partirent tous deux, laissant Anzai et Subaru derrière eux. Il fallait rester discret, il y avait des gardes autour du château. Isildur resta donc caché par les fourrés qu’il y avait sur la montagne. Ils marchèrent en faisant le tour de la demeure, à distance respectable pour que personne ne les voit. Ils arrivèrent à l’opposé de là où ils se trouvaient juste avant, là Isildur sembla chercher quelque chose. Il finit d’ailleurs par le trouver. Il fit signe à Grez de le suivre. Ils entrèrent dans une sorte de terrier assez étroit. Grez s’y glissa pourtant derrière Isildur sans difficulté. Il dut ramper un peu avant que le plafond ne soit suffisamment haut pour qu’il puisse se mettre debout. Il y faisait noir, et la faible lumière de la lune éclairait à peine par l’endroit où ils étaient passés. Isildur connaissait par cœur le chemin, et il attrapa le bras de Grez.

« Tiens-toi à moi pour ne pas te perdre. »

Grez s’exécuta et attrapa de son bras libre un pan de la tunique de l’elfe. Puis, il marcha à côté de lui. Leur marche dura plusieurs minutes, une dizaine à peu près, et Isildur sembla faire une manœuvre pour ouvrir quelque chose. Un mur tourna, et éclaira faiblement la pièce où ils se trouvaient. Il y avait un lit deux place et une armoire, rien de plus. Eux, ils étaient arrivés par la cheminée. Isildur remit le passage en place, de sorte qu’on ne le voit plus. Puis, ils restèrent d’une discrétion hors norme. Isildur se déplaçait même sans un bruit, et Grez essayait de l’imiter, mais il devait bien avouer que marcher à la vitesse d’Isildur sans faire le moindre bruit était difficile. A chaque fois qu’ils entendaient un bruit extérieur, ils se cachaient comme ils le pouvaient. Une fois arrivés devant la chambre de Hana, Isildur demanda à Grez de rester en arrière et il entra sans un bruit. Il y avait bien Hana qui regardait par la fenêtre, apparemment incapable de dormir. Isildur observa la pièce. A part les meubles qui se résumaient à un lit et une armoire ici aussi, il n’y avait rien d’autre que la jeune fille. Il referma la porte, toujours sans bruit, et s’approcha en silence de Hana. Celle-ci se retourna.

« Toujours à essayer de me prendre par surprise. »

Elle avait sur son visage une cicatrice au niveau de la joue droite. Isildur ne lui demanda pas comment cela se faisait, il se contenta d’aller à l’essentiel.

« Tu ne dois pas rester ici … »
« Non, c’est toi qui n’a rien à faire ici, tu es banni de la famille, tu nous as abandonnés. »
« Je l’ai fait pour ne pas avoir à créer des carnages. Et je suis là pour t’empêcher de le faire aussi. »
« Tu as peur pour ma santé mentale ? »
« Oui. »
« Ha ! Ça serait bien la première fois que tu t’inquiète pour moi ! »
« Non c’est faux. Tu es ma sœur… »
« Non, ta demi sœur, et celle qui a prit ta place dans le cœur de père. Tu n’es que rongé par la jalousie. »
« Je hais mon père, tout comme je te hais pour ce que tu as fait. Mais tu peux encore changer, tu peux te joindre à nous et détruire cet homme qui t’empêche de vivre. »

Un instant d’hésitation et Hana reprit la parole.

« Je ne veux pas détruire père, il est le seul à me reconnaitre à ma juste valeur. »
« Il t’utilise, il ne se sert de toi que comme une arme. Et ta mère … »
« Ne me parles pas de ma mère ! Elle m’a abandonné à ma naissance ! »
« Non, au contraire, elle n’est plus de ce monde physique, et s’est transformée en esprit. Mais elle prit chaque jour pour que sa fille revienne, et sans être du côté de cet homme qui l’a violé. »

De nouveau un moment d’hésitation. Hana ne savait plus vraiment quoi dire, et sa carapace se brisait petit à petit. Un Shikigami apparut à côté d’elle, et Isildur reconnu le messager d’Anzai. Il avait du vouloir faire en sorte que Subaru puisse s’adresser à la jeune fille. Ce fut d’ailleurs sa voix qui résonna dans la pièce.

« Tu sais, on s’en fiche que tu reste ce que tu es devenu, mais tu te perds. Tu es encore plus minable que lorsque tu a passé tous ces examens ratés. Tu es devenu une honte pour l’école et pour nous, tes compagnons. Tout le monde s’inquiète pour toi, mais toi, pauvre petite égoïste, tu ne t’intéresse pas à leur avis, tu préfère tuer des personnes innocentes et enlever ces enfants qui n’ont rien demandé. Tu sais où tout ça va nous mener ? A la guerre. On voit que tu ne l’as jamais vécu. Même moi qui ne sait pas ce que c’est, et qui n’ai pas peur de mourir, je crains la guerre, alors toi, sensible comme tu es, tu n’a pas la force de voir ça. Redeviens toi-même et arrête tes caprices de gamine gâtée. Montre qui tu es vraiment au lieu de te plier à des règles que même toi tu n’apprécie pas. »

Puis le Shikigami se volatilisa. Isildur avait trouvé Subaru plutôt doux dans ses paroles. Mais apparemment cela avait choqué la jeune elfe, qui avait les mains qui tenaient sa tête. Elle pleurait, ne sachant plus que faire. Isildur alla jusqu’à elle lorsqu’elle tomba à genoux. Il s’accroupi et releva la tête de sa sœur.

« On est là pour t’aider. Fuis ce qui t’empêche de vivre, et viens te battre à nos côtés. »

La jeune fille hocha négativement la tête. Elle ne voulait toujours pas partir.

« Tu préfère rester dans cette prison qui t’empêche de vivre ? »
« Si je fuis, mes amis seront en danger. »
« Et tu sera là pour les protéger. N’est ce pas là ton rêve ? Protéger ceux qui sont dans le besoin ? Tous les soirs, j’étais devant la porte de ta chambre, et je t’entendais prier pour chacun de tes amis, qu’ils soient en forme, qu’ils ne leur arrivent rien, et surtout qu’ils soient protégés par les dieux. »

D’un coup, mais sans bruit, Grez passa la tête par la porte.

« Dépêche toi Isildur, il y a du monde qui arrive. »

Isildur prit doucement la main de sa sœur et la força à se relever, puis, il l’emmena dans sa chambre à lui, suivit de Grez. Ils y arrivèrent quand ils entendirent gronder la voix du père des deux elfes. Ils passèrent par le passage qu’ils refermèrent derrière eux. Grez attrapa l’autre main de Hana, et suivit le guide. Ils avaient encore dix minutes à passer dans ce souterrain, apparemment inconnu de la famille Tsuki, à part maintenant de Hana et Isildur. Ils arrivèrent au terrier d’où ils sortirent, et allèrent rejoindre les autres, Isildur tenant toujours la main de sa sœur. Une fois qu’ils arrivèrent, ils partirent sans dire un mot, les cris qui provenaient du château montraient qu’on était à la recherche de la princesse de Tsuki. Ils devaient se cacher pendant quelques temps, le temps qu’ils oublient Hana, et que celle-ci comprenne ce qui se passait réellement. Ils marchèrent presque au pas de course pour s’éloigner de cet endroit. Ils décidèrent de retourner dans la vallée magique où ils se savaient à l’abri de ceux qui allaient les pourchasser. C’était un endroit où l’on n’aurait pas l’idée de venir les chercher. Et puis comme cela, Hana pourrait revoir sa mère une dernière fois. C’était la meilleure des choses à faire, ainsi elles pourraient se parler. Hana comprendrait enfin d’où elle venait, et pourquoi elle était différente de sa famille. Ils arrivèrent après plusieurs jours de marche à la clairière où ils avaient vu l’esprit de la mère de l’elfe. Celle-ci ne se montrait pas, et Hana avait repris ses esprits.

« Mais on est où là ? »
« A un endroit où l’on sera à l’abri pendant quelques temps. Nous avons besoin, tous, de se poser pour que tout aille pour le mieux. Surtout toi. »
« Mais pourquoi ici ? »
« C’est ici qu’on a vu ta mère. »

Hana baissa la tête. Après ce qu’elle avait fait, est ce que sa mère l’accepterait ? Après tous les meurtres qu’elle a commis, serait-elle capable de la regarder droit dans les yeux ? Est-ce que seulement, elle aurait le courage d’aller la voir ? Pour le moment, alors qu’elle restait tête baissée et immobile, les autres s’activaient pour le campement. Ils avaient prévu l’endroit où mettre le feu, l’endroit où ils stockeraient la nourriture qu’ils pêcheraient dans le ruisseau qui coulait à côté de leur campement, ils avaient même sortit leurs couvertures et les faisaient tenir à l’aide de gros cailloux pour éviter qu’elles ne s’envolent.

« Désolé, c’est pas le grand confort, mais c’est déjà pas mal pour dormir. Si tu es fatiguée, tu peux t’installer Hana. »

Elle obéit à Anzai, qui venait de parler, et alla s’installer sous une couverture. Elle resta par contre les yeux ouverts, ou plutôt mi clos, pour regarder ce qu’il y avait autours d’elle. Elle s’endormit pourtant, après un long moment. Subaru et Isildur pêchaient des poissons pendant qu’Anzai et Grez cherchaient des fruits. Leur nourriture n’était pas très variée, mais il n’y avait pas d’autres animaux visibles dans la région. Et ils devaient bien se nourrir pour survivre. Après plusieurs heures, les deux pêcheurs arrêtèrent, ayant assez de poissons pour tenir au moins la journée, et les cueilleurs revinrent les bras chargés de fruits différents et variés. Heureusement que Grez s’y connaissait en aliments, parce que tout seul, Anzai n’aurait jamais su lesquels étaient comestibles. Hana se réveilla à cause de l’agitation, ils avaient commencé à préparer le feu, et avaient évidés les entrailles des poissons pour pouvoir les manger à la broche. Hana se releva pour s’asseoir.
La nuit était sur le point de tomber sur la tête des compagnons de Hana, et celle-ci se sentait mal à l’aise. Elle avait cédé aux ténèbres qu’il y avait en elle, à cause d’une manipulation, ou plutôt d’un marché. Que rien ne serait fait à ses amis si elle suivait les ordres de son père. Grez l’attrapa par l’épaule.

« Hey ! Souris un peu, tu es à l’abri maintenant, et tu as retrouvé la lumière. »
« En parlant de lumière, il parait que tu maitrise cet élément. »
« A vrai dire, je vous ai menti, et caché mon jeu, je ne voulais pas qu’on se rende compte de qui j’étais, vu que mon grand père était déjà connu à cause de ses méfaits. Je n’aurais jamais pensé sombrer aux ténèbres de la famille. Qu’est ce que j’ai fait ? J’ai assassiné tous ces innocents. »
« Le plus important, c’est que tu ai retrouvé ta lumière. Il arrive à tout le monde de céder aux ténèbres qu’il a en lui. Tu as réussi à t’en sortir, et c’est ce qu’il fallait faire. »
« Mais maintenant, je n’ose plus utiliser mes pouvoirs. Ils sont synonymes de destruction ! »
« Ou de renouveau. Tu viens de changer Hana, tes pouvoirs sont bien présents, et il faut les utiliser pour vaincre ceux qui se sont laissé emporter par les ténèbres, et qui veulent asservir le continent. »
« Laisse tomber Isildur, elle est incapable de comprendre la moitié de ce qu’on dit. La seule chose qu’elle sait faire, c’est aider les autres avec ses pouvoirs, elle est incapable d’attaquer. Elle ne maitrise qu’un sort des ténèbres. »
« SUBARU ! »
« Non, tu as tort Subaru, je suis capable de tout, autant d’utiliser mes sorts pour aider, que pour me défendre, et que pour attaquer. »

Hana s’était relevée brusquement pour déverser ces paroles.

« Alors pourquoi nous avoir menti ? »
« Je l’ai dit, je ne voulais pas qu’on sache qui je suis vraiment, je ne voulais pas qu’on me rejette. »

Tout le monde se tut, Hana versant des larmes de douleur psychologique. Pourquoi Subaru continuait à lancer des remarques désobligeantes alors qu’il savait Hana si fragile ? Celle-ci laissait ses larmes couler, depuis bien longtemps, elle n’avait jamais pu pleurer, et elle devait l’avouer, cela lui faisait du bien. Elle resta là, à pleurer, et sans que personne ne la dérange. Grez s’approcha d’elle, ainsi que Anzai, et ils lui prirent chacun une main. Elle les serra fortement, et ils purent s’apercevoir que l’elfe était devenue plus forte physiquement. Elle avait certainement avoir reçu un entrainement difficile, parce qu’on n’acquiert pas autant de force en aussi peu de temps. Elle finit par se calmer, et Grez lui lâcha la main et Anzai lui caressa la joue pour essuyer ses larmes. Personne ne lui faisait la moindre remarque, pas même Subaru qui s’était éclipsé pour aller tremper ses pieds dans l’eau, histoire de ne plus s’en prendre à la pauvre enfant. Isildur s’approcha d’elle à son tour, et la serra dans ses bras.

« Désolé, je n’étais pas là quand tu avais besoin de moi. Je n’ai pas agit comme un grand frère. »
« Tu as toujours méprisé la personne que je suis. Comment aurais tu pu être un grand frère idéal ? »
« Je ne te méprisais pas, j’avais peur de toi, et que père t’embarque dans ses affaires. »
« Alors pourquoi ne pas m’avoir protégée ? »
« J’ai essayé, mais tu me connais, c’est la première fois que j’ai un contact positif avec quelqu’un. »

Il était vrai qu’Isildur n’avait jamais eu de véritable contact physique avec quelqu’un, sauf lors des combats, mais jamais de contact affectueux. Hana n’en fut étonnée qu’après qu’il lui ait fait remarquer. Elle recula, se dégageant des bras protecteurs de son frère et le regarda étrangement. Elle était plus qu’étonnée, elle était agréablement surprise. Pourtant, elle ne le montra pas, et se contenta de baisser à nouveau la tête. Son frère avait changé lui aussi, mais en bien, pas comme elle.

« Hey ! Souris, tu es bien plus jolie quand tu souris. »

Elle regarda son frère, les larmes contenues dans ses yeux coulant sur ses joues.

« J’ai été un monstre, comment je pourrais faire pour me racheter ? »
« Hana, ce n’est pas de ta faute, on t’a manipulé. Tu n’es pas fautive. »
« Mais j’aurais pu fuir comme toi. J’en avais les moyens. Et je ne l’ai pas fait. »
« Chut Hana. Calme-toi. Tu es encore en état de choc. »

Hana s’assit sur une des couvertures, et prit sa tête entre ses mains. Elle en avait assez de ce monde aussi difficile à vivre. Si seulement les choix étaient plus faciles. Si seulement on pouvait revenir en arrière. Si seulement … Mais avec des si, on referait le monde, c’était ce que lui disait un de ses maîtres à l’école. Il fallait qu’elle se calme. Anzai fit signe à Isildur se s’asseoir à côté d’elle au cas où elle avait besoin de quelqu’un. Lui-même alla chercher du bois pour faire le feu. La nuit était bien installée, il n’avait plus qu’à faire ce feu, et à dormir. Tous avaient une couverture sauf Isildur qui avait laissé la sienne à sa sœur. Cependant, cette nuit là, Hana ne dormit pas. Elle fixait tout d’abord les étoiles au dessus d’elle. Elle ne connaissait pas les constellations mais c’était joli. Une étoile filante passa, et elle fit un vœu. Elle fit le vœu de ne plus jamais se laisser envahir par les ténèbres. Puis, alors que tout le monde dormait, et que le feu s’était consumé, elle se releva et alla jusqu’à l’eau qui coulait dans le ruisseau. Elle s’assit devant et observa l’écoulement moyennement rapide de l’élément. Elle posa sa main, paume tournée vers le ciel, devant elle et fit apparaitre une petite sphère d’eau, avec laquelle elle jouait en la déformant. Elle la fit disparaitre en entendant un mouvement de vêtement. Et elle se retourna. Elle vit une silhouette un peu plus loin, dans le bois où ils avaient été chercher le bois pour le feu. Elle s’approcha et se retrouva dans les bois. La personne qui était là semblait se cacher. Hana ne pu la revoir, et elle allait faire demi-tour quand elle sentit une main se poser sur son épaule. Une main dont la froideur transperçait le tissu. Elle se retourna. Et là, elle vit une magnifique jeune fille qui semblait à peine plus âgée qu’elle-même. Elle était très pale et ses cheveux étaient d’un blanc immaculé. Sa robe était de même couleur, et elle ne portait pas de chaussure. Elle prit la parole.

« Ma fille, tu semble bien perdue. Ne t’égare pas du chemin, tu as des guides maintenant. Sois forte mon enfant, et si jamais tu te perds en route, tu sais que tu as ici une maison. Cette forêt sera ta demeure. »
« Mais … Vous êtes … ? »
« Je suis ta défunte mère. J’erre dans cette forêt où je t’ai mise au monde avant de décéder. Tu vois, j’avais beau être une elfe, j’ai péri face à la lame qu’est la tristesse. Si tu veux vaincre tes ténèbres, il faut remonter à la source de celles-ci. Je veux parler de ton père. Il ne se préoccupe pas des autres sauf quand ils lui sont utiles. Il a réussit à me convaincre de me laisser faire, il était si doux, mais quand tu es née, il est redevenu cet animal qui ne recule devant rien. Il t’a enlever à moi, mais tu est revenue ma fille, comme je suis heureuse de te savoir du bon côté. SI un jour tu as peur, sache que tes amis pourront t’aider, et ce sont eux qui se sauveront. Crois en eux, et ne faiblit pas face à ton père. Il ne mérite pas une fille comme toi. »

Sur ces mots, la jeune femme sembla s’effacer. Hana rattrapa ses mains et essaya qu’elle ne parte pas.

« Ne t’en fais pas mon enfant, je serais toujours là, quelque part en toi. »

Puis elle se volatilisa entièrement, laissant une Hana encore plus perdue, mais sure d’une chose, elle avait bien fait de suivre son frère, elle savait maintenant que sa mère n’était pas une personne mauvaise qui l’avait abandonné, mais une jeune elfe défunte qui avait été contrainte de voir sa fille enlevée. Elle commençait à mieux comprendre le rôle que son père lui avait réservé. Elle retourna vers le campement, et vit une personne auprès de l’eau. Elle s’approcha, c’était Grez.

« Tu n’arrive pas à dormir ? »

Le guérisseur tourna la tête, même s’il savait par la voix qu’il s’agissait de Hana, c’était la seule personne à avoir une voix féminine. Il l’invita à s’asseoir à ses côtés, et ils regardèrent tous deux le ciel. Les étoiles étaient bien visible, c’était mieux que dans sa chambre. Elle se sentait plus libre. C’était agréable comme sensation. Elle se tourna vers Grez.

« Merci d’être venu me chercher. SI vous n’aviez pas été là, je n’aurais jamais pu me rendre compte à quel point la vie est fragile et précieuse, et qu’il faut en faire ce que l’on veut, et non pas ce que l’on nous impose. »

« Bah, tu sais, ce n’est pas grand-chose. C’était normal de te sauver de là, on est une équipe non ? »

Elle acquiesça de la tête, et ils regardèrent le ruisseau, dont le reflet de la lune était magnifique. Ils n’étaient pas en période de pleine lune, et donc, ils y voyaient moins bien, mais le quartier descendant était atteint. L’air était agréable, et l’endroit assez accueillant. Les soucis de Hana étaient toujours là, mais elle commençait à se rassurer. Et surtout, elle se retrouvait face à des gens qui montraient sans soucis leurs vrais visages. Et c’était pour elle un soulagement de pouvoir être elle-même, une enfant un peu trop gamine, quoi qu’elle avait grandi, et surtout sincère, qui avait un rêve, et qui n’était pas sous les ordres de quelqu’un. Elle était comme une rose qui s’était fanée, et qui repoussait en une autre saison. Oui, c’était ça, une rose. Ou non, une tulipe. Elle trouvait les tulipes plus jolies. Plus beau encore, une jonquille, mais elle resta sur la rose, une fleur qui s’était fanée et que l’on avait réussi à ramener en bonne santé. Elle se releva et resta debout à côté de Grez. Elle portait toujours sa tenue noire, qu’elle garderait quoi qu’il arrive. Puis, elle retourna s’allonger pour essayer de dormir un peu. Elle y parvint avec bien des difficultés, déjà avec ce que lui avait dit sa mère, et surtout à cause de ce qui s’était passé ces derniers jours. Mais elle commençait à reprendre entièrement ses esprits, et elle était excessivement reconnaissante de ces hommes qui avaient risqué leurs vies pour venir la sauver des griffes de son père.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:24

Après un mois à être resté dans cet environnement idyllique, ils prirent la décision d’aller à Solenia, voir s’ils avaient besoin d’aide. Ils passèrent par Mutsiko, où les voleurs d’enfants n’étaient pas encore passés, et où les champs s’étendaient à perte de vue. Ce n’était qu’un faible souvenir que Hana eu en voyant la forêt Koganei, forêt où elle avait pourtant passé du temps lors de ses premiers entrainements quand elle était à l’école. Elle n’avait pas perdu ses souvenirs, mais elle les avait mis de côté quand elle a commencé à travailler pour son père. Et les souvenirs jetés aux oubliettes, elle avait du mal à les récupérer. Ils se dirigèrent vers Solenia, et son château. C’était Subaru qui menait les troupes pour éviter qu’ils ne se perdent. Il était un de ceux qui avait été au château, et parmi ceux là, le seul qui avait un bon sens de l’orientation. Il évitait d’en placer une pour ne pas être trop blessant, et d’affaiblir mentalement Hana, qui avait encore quelques préoccupations avec son passé récent. C’était qu’il pouvait être pas trop désagréable avec elle le bonhomme. Non en fait c’était Anzai qui lui avait bien dit de se taire. Hana tenait fermement la manche d’Isildur, de peur que tout ce qui arrive ne soit qu’un rêve et qu’elle allait se réveiller dans peu de temps.

Ils arrivèrent devant le château de Solenia, et Anzai et Subaru passèrent devant, demandant une audience au roi. On les laissa à l’entrée du château pour demander à sa Majesté si elle pouvait accueillir le groupe auquel deux de ses soldats indépendants faisaient partie. On revint presque aussi rapidement que le soldat était parti, pour leur dire que le roi les attendait. Ils entrèrent donc dans la pièce aux couleurs vertes et argentés, où le roi était assis sur son trône, d’un côté avec Yuki, de l’autre avec Anälia. S’ils étaient de retour, c’était que la campagne pour repousser les ennemis était terminée. Anzai et Subaru saluèrent bien bas le roi, et furent imités par les autres.


« Relevez-vous. »

Ils s’exécutèrent, et le roi leur fit signe, à Subaru et Anzai, d’approcher.

« On prétend que celle qui menait ses troupes à attaquer les villages aurait disparut depuis maintenant un mois. »
« Nous la connaissions, elle faisait partie de notre équipe lorsqu’on était en dernière année à l’école. Elle n’a pas un mauvais fond, mais elle est trop fragile, et elle a été manipulée. Nous l’avons sortit des griffes de notre ennemi pour la ramener dans notre camp. »


Pendant qu’il parlait, Hana se cachait à moitié derrière son frère, sentant les regards de Yuki et Anälia, qui l’avaient déjà croisé quand elle était sous le contrôle de son père. Elle baissait le regard, et sentit la main de son frère sur ses cheveux. Il se permit de prendre la parole.

« C’est cette jeune fille. Comme vous pouvez le constater, elle est plutôt timide. Elle a honte de ce qu’elle a fait. »
« J’aimerais m’entretenir avec elle, répondit le roi. Je verrais bien si ses intentions sont bonnes. Aller, sortez vous autres. »

Yuki fit signe aux autres de le suivre dans une pièce annexe. Hana fut contrainte de lâcher son frère pour le laisser partir. Elle se retrouva seule face à ce roi, qui apparemment n’avait pas confiance en elle.

Dans leur pièce annexe, les retrouvailles étaient plutôt tendues. Yuki n’avait aucunement confiance en la jeune fille.

« Pourquoi l’avoir ramener ici ? Qui vous dit qu’elle n’essaiera pas de tuer le roi ? »
« Tu es trop tendu, disait Anälia. Elle n’a plus son regard éteint comme avant, ni ses expressions du visage. Elle a changé et ça se voit. »
« Elle n’est malheureusement pas redevenue complètement elle-même, elle a peur de ce qu’elle a fait, et elle reste intimidée par des gens qu’elle ne connait pas. Elle a peur qu’on la juge à cause de ce qu’elle a fait. Elle a honte, tu entends bien ? Elle a honte de ce qu’elle a fait. »
« Isildur, n’insiste pas. Yuki se fiera à l’avis de son roi. Il a toujours été comme cela. »
« J’ai aussi mon propre avis, mais si le roi décide de lui faire confiance, alors je la laisserais vivre sa vie. »
« Et si le roi décide de ne pas lui faire confiance ? »
« Alors je resterais à la surveiller jours et nuits. »

Yuki était vraiment rancunier, et Anzai ne comprenait pas pourquoi. Anälia n’avait pas cette rancœur dans son cœur. C’était assez tendu à cause de la haine qu’avait Yuki dans son cœur. Il fallait dire que lui, il avait connu la guerre, et que cette fille était l’étincelle qui allumerait le feu pour une nouvelle guerre, même si celle-ci n’avait pas encore commencée. Il ne voulait pas que le sang coule, et à cause d’elle, de nombreuses personnes avaient péri, des innocents qui plus est. La porte s’ouvrit, et le roi apparut, main sur le dos de la jeune elfe qui essuyait ses dernières larmes. Anzai s’approcha d’eux et prit la main de Hana. Le roi prit la parole.

« Cette jeune fille est très fragile, et elle regrette ce qu’elle a fait. Elle est prête à nous aider pour atteindre la demeure de son père et de vous aider à l’éliminer pour que la paix revienne sur nos royaumes. »

Yuki se tendit, le roi l’avait accepté, et il ne savait pas comment la jeune fille s’y était prise, mais il avait du mal à accepter la nouvelle. Il resta en arrière, et Subaru s’installa dos au mur, à ses côtés. Les deux n’appréciaient pas la jeune nouvelle, Subaru la trouvait bien plus exaspérante depuis qu’elle était de retour, elle n’arrêtait pas de pleurer pour un rien, et tout le monde la chouchoutait. Il fallait au contraire lui montrer les difficultés et qu’elle récupère en se battant. Hana vit que Yuki ne lui pardonnait pas. Elle s’approcha de lui et le salua en se penchant en avant, comme les japonaises.

« Je suis sincèrement désolé de ce qui s’est passé. Si vous saviez à quel point je le regrette. »
Il détourna le regard et Hana s’en sentit peinée. Mais en même temps, c’était normal. Elle avait commis des crimes, elle n’était pas pardonnable. Elle se redressa, tête basse, et retourna s’agripper à nouveau à un pan de la tunique de son frère. Elle ne bougea plus, et écouta ce que le roi et Anzai disaient.
« Le père de Hana est le leader de cette histoire apparemment, il faudrait trouver un moyen de l’arrêter. »
« Malheureusement, si on l’arrête, il y aura toujours un de ses enfants qui prendra le relais. »
« Ses seuls enfants sont Isildur et moi. Et nous sommes contre ses idées. Si c’est la seule chose que vous craignez, il n’y a pas à s’inquiéter. »
« Et bien, dans ce cas, vous avez quartier libre pour l’arrêter. Mais je vous en supplie, ne le tuez que s’il oppose des résistances jusqu’au bout. »

Dans ce cas, ils pouvaient de suite penser à sa mort. Hana connaissait assez son père pour dire qu’il n’abandonnerait jamais ses idées, et qu’il ne se laisserait jamais faire. Ils n’avaient plus qu’à étudier une stratégie. Hana et Isildur connaissaient des passages secrets pour entrer dans la demeure, et que personne d’autre ne connaissaient, ils y jouaient quand ils étaient jeunes. Qui plus est, Hana connaissait la stratégie de son père, sa manière de fonctionner. Bien sur, il avait pu changer de stratégie depuis ce mois qu’elle avait passé loin de tout, auprès de ses amis et de son frère. Mais Solenia avait du étudier leur stratégie eux aussi.

« Bien, vous partirez tous ensemble pour essayer de l’arrêter. Je vous envoie des soldats pour assurer vos arrières. »

Après avoir tous acquiescé, ils allèrent se préparer, se débarbouiller pour les voyageurs et ils dormirent pendant la nuit au château. Puis le lendemain, à l’aube, ils partirent avec juste des vêtements contre le froid, parce que l’hiver était déjà arrivé. La neige commençait à tomber, et elle tenait sur le sol. Ils avaient de grosses chaussures qui les empêchaient de glisser, et une cape pour se protéger du vent. Ils devraient passer par Yume, et voir les catastrophes causées par les différentes attaques et kidnappings. En passant devant les villages dévastés, Hana se cachait dans sa cape pour éviter que les habitants ne la reconnaissent pas. Par chance, ils savaient que les passages dans les villages étaient difficiles pour la jeune elfe, et ils les évitaient. Yume était dévasté, et devait réclamer de l’aide aux autres pays. Hana se sentit coupable, et elle passait tête basse. Une main se posa sur ses cheveux de l’enfant, qui tourna la tête. Il s’agissait d’Anzai, qui marchait à côté d’elle.
« Tu n’as pas à t’en faire, tu n’es pas vraiment responsable. »
Elle ne répondit pas et baissa la tête. Elle avait quand même honte de ce qu’elle avait provoqué. Tout ça parce qu’elle n’avait pas eu le courage de s’opposer à son père. Elle secoua sa tête de droite à gauche, non, elle n’était pas là pour culpabiliser, mais pour vaincre son père. C’était pour le moment son objectif. Et elle n’était plus seule pour se défendre, il y avait du monde avec elle. C’était le plus important.

Ils traversèrent le pays de Yume en plusieurs jours et arrivèrent aux montagnes de Tsuki. Hana prit le relais pour montrer le chemin. Isildur était juste derrière elle, pour la remotiver si jamais son esprit vacillait. Fermant la marche, Yuki restait à observer les moindres gestes des deux de la famille de Tsuki. Il ne savait pas si on pouvait leur faire vraiment confiance. Cette famille était trop connue pour ses méfaits, comment pouvait-on leur faire confiance ? Ils allaient peut-être les amener dans un piège, que tout était prévu à l’avance. Il en devenait paranoïaque sur ce sujet là, il fallait dire que même si le roi leur faisait confiance, il n’avait pas pardonné à la fille de Tsuki les méfaits qu’elle avait accompli.

La marche était rude puisque les terrains étaient accidentés. Hana passait avec l’agilité d’un félin, les autres suivant avec plus ou moins de facilité. A un moment, Anzai proposa même d’utiliser un de ses dragons, mais le refus fut unanime, cela serait trop voyant. Ils marchaient aux bords des falaises, parfois à plusieurs dizaines de mètre au dessus du vide. Ils devaient vraiment faire attention de là où ils mettaient leurs pieds pour ne pas tomber.

« Pourquoi passer par un chemin aussi escarpé ? Il y a des chemins plus faciles. »
« C’est pour éviter de passer par les routes empruntées par les sbires de mon père. Ils seraient trop nombreux, et si on atteint la source, ils redeviendront libres. Seuls quelques uns ont suivit par volonté, la plupart sont contraints s’ils veulent revoir leurs proche. La manipulation est le point fort de mon père. »
« Et si on l’élimine, qu’est ce que ça apporte ? »
« Isildur prendra sa place sur le trône et tout deviendra paisible. »
« Je vois … Et qui nous dit qu’on peut faire confiance à cet elfe ? »
« Parce qu’il a fui mon père dès le départ. »

La discussion s’arrêta net par cette réplique. Yuki était toujours sceptique quand à la pureté de ces deux elfes. Mais il devait bien se l’avouer, ils étaient plutôt doués pour se repérer dans ces montagnes où tout se ressemblait. Il ravala sa rancœur le temps de passer les passages étroits. Une fois arrivés en haut d’une montagne, on pouvait voir au loin le château où Hana avait été enfermée. Elle leur montra du doigt un parcours.

« Ce n’est pas le plus rapide, mais c’est le plus discret. »

Puis, ils reprirent leur route. Ils passèrent dans des chemins un peu moins étroits, et cachés grâce à des bosquets. Plusieurs fois sur leur chemin, ils durent rester immobiles pour ne pas se faire repérer par les soldats du père de Hana et d’Isildur. Mais ils arrivèrent à la nuit tombée au château. C’était l’un des meilleurs moments pour se faufiler dans le château, en espérant que le roi ne dormirait pas. Aucun d’entre eux n’était assez lâche pour tuer un homme endormi. Ils restèrent donc à guetter l’entrée.

« Il faudrait que certains fassent diversion pendant que d’autres s’infiltrent dans le château. »
« Ok, alors Grez, tu vas avec Hana, Isildur et Yuki. Subaru et Anälia, vous venez avec moi. »

Ils hochèrent de la tête et Anzai amena sa troupe vers l’avant du château, où se trouvaient deux gardes. Subaru ne leur fit pas de cadeau. A peine eussent-ils le temps de crier de l’aide qu’ils étaient transpercés par la lame du guerrier. Le noir de la nuit leur permit de rentrer dans le château sans se faire voir, et parce que le pont levis et la grande portes étaient ouvertes, surement pour une expédition nocturne quelconque, ils passèrent le seuil de la porte et une flèche se planta juste à côté du pied de Subaru.

« Je me disais bien que c’était trop facile. »

Subaru allait attaquer ceux qui étaient en hauteur quand Anzai fit apparaitre un grand dragon, de deux fois la taille de l’homme, de couleur écarlate, qui vola jusqu’aux hauteurs de l’endroit où les archers se trouvaient, et il leur cracha ses flammes qui consumèrent les hommes. Les renforts arrivèrent trop rapidement pour n’avoir été prévenu qu’à l’instant où ils étaient entrés. C’était qu’on les attendait. Ils se regardèrent et d’un simple signe de tête, se donnèrent le feu vert pour attaquer. Subaru se jeta dans la mêlée pour transpercer de son épée les personnes qui osaient l’affronter. Les autres eurent droit aux flammes du dragon, et ils fuirent rapidement, ne pouvant se battre contre cette bête. Pourtant quelques irréductibles qui essayaient de traverser la peau du reptile avec leurs épées et leurs lances. Bien rapidement, ils eurent dégagé le terrain, et c’était assez pour pouvoir maintenir le roi en éveil. Ils restèrent dans la cour, à attendre les renforts.
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MessageSujet: Re: [Histoire]Une petite fleur perdue   Ven 5 Juil - 10:24

Pendant ce temps, les deux enfants du roi, accompagnés de Grez et de Yuki, prirent le chemin secret qui rejoignait la chambre de l’ainé. Ils arrivèrent dans le château, et restèrent un moment cachés à cause de l’animation qui y régnait. Ils purent sortir de leur cachette que quelques minutes plus tard, se dirigeant vers la chambre du roi. Isildur et Yuki avaient sorti leurs épées et suivaient Hana qui marchait le plus silencieusement possible. Grez était entre les deux guerriers et il dressait l’oreille, à l’affut du moindre bruit. A chaque croisement de couloir, ils s’arrêtaient, et Hana vérifiait que la voix était libre. Ils finirent par courir dans les couloirs, puis d’un coup, Hana les poussa dans une pièce étroite et s’y cacha aussi. Elle avait perçut des pas qu’elle ne connaissait que trop bien. C’était le bruit des chaussures de son père. C’était un pas pressé, comme s’il se dépêchait d’aller quelque part. Brusquement, Isildur ouvrit la porte de la pièce où ils se trouvaient et vit un roi seul, mais armé.

« Alors c’est toi cette pagaille ? Tout ça pour un bon à rien de fils. »
« Pour deux bons à rien d’enfants que tu voulais utiliser comme arme. »

Hana était elle aussi sortie de sa cachette, et deux autres restèrent derrière eux. Yuki tenait fermement son épée, prêt à foncer au moindre faux mouvement du roi. Celui-ci eut un rire. Même si Hana l’avait côtoyé pendant plusieurs années, son rire lui faisait toujours aussi froid dans le dos. Il sortit son épée, et prit Isildur en duel. Hana se posa au milieu.

« C’est moi ton adversaire. »
« Toi ? Mais tu es incapable de voir quelqu’un mourir. Tu es la plus faiblarde des deux. »
« C’est ce qu’on va voir ! »

Elle leva la main droite en l’air, et de l’eau commença à apparaitre auprès d’elle, comme la protégeant par un bouclier, puis, elle murmura des paroles et lança à travers ce bouclier aqueux une sphère de lumière. L’homme l’évita et contre-attaqua sa fille. Celle-ci pu se déplacer sur le côté pour éviter le coup, et il se retrouva face à son fils, qu’il attaqua aussi. Celui-ci plaça son épée en travers, devant lui, pour parer ce coup. L’endroit était trop étroit pour que le combat continue, aussi, Hana décida de les déplacer dans un lieu où ils pourraient se battre sans être gênés par le peu de largeur de l’endroit. Ils furent tous téléportés dans la salle du trône. Il y avait les trois autres qui avaient fini par entrer, et qui se battaient, Anälia restant en arrière. Grez alla rapidement la rejoindre, eux deux étaient inutiles en cas de combat. Le dragon crachait des flammes de partout, et Subaru se débâtait contre ses adversaires. Quand ils les virent, la plupart des ennemis se précipitèrent sur eux, et Isildur et Yuki parèrent les offensives. Hana se retrouvait seule devant son père.

« Alors, on a peur ma chérie ? »
« Tu as bafoué l’honneur de ma mère, tu m’as manipulé, tu as détruit tous ces villages, tout ça pour assouvir ta vengeance d’une guerre qui ne te concernait pas. Tu dois payer pour tous les crimes que tu as commis. »

Elle lança à nouveau des boules lumineuses et elle esquiva l’attaque de son père, s’en sortant avec juste une coupure sur la joue gauche. Cette plaie n’était pas assez profonde pour former une cicatrice. Elle utilisa ses deux mains cette fois ci, pour voir de la lumière partir de ses paumes et aveugler l’homme contre qui elle se battait. Elle sentit une flèche voler juste à côté de son oreille, et alla appeler Anälia pour la prévenir de se pousser. Malheureusement, la flèche atterrit droit sur le cœur de celle-ci. Elle s’écroula sur le sol, et Grez se précipita pour lui enlever cette arme de son cœur et essayer de la soigner, mais malgré tous ses pouvoirs, il était incapable de réparer un cœur. Il essaya au maximum de stopper l’hémorragie, mais Anälia lui souffla quelques mots à l’oreille, juste avant de fermer pour toujours ses yeux. Tout le monde avait vu ce qui s’était passé, et Yuki entra dans une colère noire, qui le rendit bien plus fort, mais incontrôlable. Isildur s’éloigna de lui, prenant d’autres adversaires. Ils n’avaient pas le temps pour un deuil.

Hana eu un moment d’inattention et elle sentit la lame de son père l’effleurer au niveau du ventre. Il était totalement aveuglé à cause de la lumière que lui avait lancée sa fille. Celle-ci utilisa une sphère de feu, qu’elle lui envoya droit dans le ventre. L’homme hurla de douleur. Elle enchaina avec des sphères de foudre, puis elle l’immobilisa avec des lianes qu’elle fit apparaitre. Là, elle forma dans sa main une épée à l’aide de l’acier qu’elle pouvait créer à partir des matériaux qu’il y avait dans la pièce, comptant toutes les armes tombées sur le sol. Elle allait transpercer le cœur de son père, mais là, elle se remit à trembler. Non, elle ne voulait plus apporter la mort, et même s’il lui faisait du mal, elle n’y arrivait pas. C’était au dessus de ses forces. Le père se débattait pour échapper à ces lianes qui ne tiendraient pas longtemps. Isildur, voyant la scène, se précipita et posa sa main sur l’épaule de sa sœur.

« Tu peux le faire, sinon tu en souffrira bien plus de le laisser en vie. »

Puis il lui donna son épée, plus résistante que celle de la jeune fille. Les coups continuaient à voler autours d’eux, mais Hana ne les entendit pas.

« Tu vois, tu n’es qu’une incapable. Même tuer, tu n’y arrive pas. On voit que tu n’as pas que du sang de Tsuki. Tu es comme ta mère, et tu finiras comme elle. »

Non, non, elle ne finirait pas en esprit. Elle devait s’enlever tous les regrets et toutes les peines qui auraient pu la transformer en esprit, et ne pas aller aux cieux directement. Elle ferma les yeux, et enfonça l’épée dans le corps de son père. Celui-ci hurla de douleur. Par miracle, elle avait épargné le cœur, malheureusement pour elle, mais elle avait troué un de ses poumons. Son frère prit ses mains pour les retirer de l’épée. Hana se recula. Elle le regarda reprendre l’épée et fendre le crâne de son père pour l’achever. A ce moment là, les coups cessèrent dans la salle, et tout le monde regardait ce corps, dont les lianes se détachaient, tomber lourdement sur le sol. Le roi venait d’être vaincu. Un silence de mort régna dans la pièce, avant que les soldats hurlent de joie et remercièrent les deux héritiers du trône de les avoir sauvés de ce tyran. Mais les voyageurs n’avaient pas le cœur aux réjouissances. Une des leur avait péri dans cette bagarre.

Tout le monde se retrouva auprès d’elle, et Yuki pleura même avec les autres. Seul Subaru contenait avec difficulté ses larmes de peine. Personne n’avait jamais vu l’un des leurs mourir, sauf Yuki qui avait déjà vécu des guerres. Mais là, c’était plus important. Il se baissa jusqu’à la jeune femme rousse, et la pris dans ses bras, en la serrant du plus fort qu’il le pouvait. Anzai avait deviné depuis le début, mais il ne l’avait jamais dit. Ce ne fut qu’à ce moment de tendresse mortelle qu’ils le devinèrent. Yuki aimait Anälia, mais il ne lui avait jamais dit. Il ne savait pas même si c’était réciproque. Il n’avait jamais montré ses sentiments pour elle, sauf en cet instant de tristesse. Elle était encore jeune, et méritait de vivre. Mais les combats étaient ainsi, et il fallait parfois perdre quelqu’un auquel on tenait plus que tout au monde. Perdre une amie n’était jamais facile. Les ex-soldats du roi s’occupèrent de la dépouille de celui-ci, laissant leurs sauveurs autours de cette femme. Grez finit par prendre la parole.

« Elle a dit qu’elle voulait être ensevelie dans la forêt sacrée, auprès de sa mère. Elle m’a aussi dit qu’il fallait que l’on sache la vérité maintenant que plus rien n’importait pour elle, elle est une dryade. »
« Mais non, elle est humaine ! »
« Non Yuki, elle me l’a clairement dit, elle est une demi-dryade. Une des déesses protectrices de la forêt sacrée qui aident les Hatsuyuki. Elle m’a dit que sa mère était chez les Hatsuyuki, qu’elle avait fui le royaume de Tsuki pour y trouver refuge là bas. Elle a envie qu’on l’apporte là bas. »
« Mais … »
Grez alla poser la main sur l’épaule de Yuki.
« Même si elle est morte, elle reste présente, parce qu’elle est là, dans nos cœurs. Nous ne l’oublierons pas, et sa mémoire sera en nous. Elle n’avait pas peur de la mort. Pour elle, c’est un renouveau. »

Yuki ne trouva pas les mots à dire, et il porta celle qu’il avait aimée dans ses bras. Il sortit hors du château, ou des soldats de Solenia étaient en train d’arriver.
« Qu’on m’apporte un cheval et une remorque. » Hurla Yuki de sa voix nouée par le chagrin.

On lui en apporta un, et une charrette en même temps. Il posa le corps dans la charrette et posa un linge blanc sur elle. Les autres le suivirent et ils partirent en direction de la forêt sacrée. Ils marchèrent pendant plusieurs jours en s’arrêtant pour s’hydrater et pour manger ce qu’ils trouvaient sur leur route. Seul Yuki refusait de manger, et plusieurs fois, Subaru le prit de force pour qu’il avale quelque chose. Ils arrivèrent enfin à Naku, le village des Hatsuyuki. Les oiseaux étaient libérés et semblaient attendre à côté d’un des leurs. Celui-ci s’approcha.

« Notre sage nous a raconté le malheur qu’il a lu dans les étoiles. Nous connaissons bien la mère de cette enfant, elle est une des dryades de notre village. Elle est revenue quand sa fille était devenue assez grande pour … »

« Vous êtes toujours aussi bavards vous, les Hatsuyuki ? »

Bien évidement, Subaru avait fait sa mauvaise tête. Il avait vite reprit du poil de la bête.

« Veuillez me pardonner. Suivez-moi, nous allons ramener votre amie auprès de sa mère. »

Ils montèrent sur les oiseaux et Yuki portait sa bien aimée dans ses bras. Il refusait de la laisser ne serait-ce qu’un instant. Il monta sur l’un des oiseaux et s’agrippa fermement d’une main pour serrer Anälia de l’autre bras. Ils arrivèrent en bas et une femme assez jeune s’approcha.

« Merci de m’avoir ramené mon enfant. »

Elle baisa les mains des voyageurs, et serra fortement celles de Yuki, qui tenait toujours Anälia. Ils avancèrent dans le village, et le sage les accueillit, avec un cercueil magnifique derrière lui. Yuki y déposa la défunte et resta un moment à la regarder, des larmes coulant sur ses joues. Une goutte atterrit sur le front de la rousse. Il se recula et regarda ses amis. Ils lui firent tous un sourire attristé, eux aussi se remettaient à peine de cette histoire. Mais maintenant, ils étaient libérés de la menace qui pesait sur les royaumes de ce continent.
La cérémonie d’enterrement dura bien plus d’une heure. Une heure de prières de la part du sage du village. Puis, ils posèrent le cercueil au milieu des flammes, pour que l’âme soit libérée du corps. Isildur alla poser une question à sa mère.

« Comment se fait-il que vous sembliez si jeune ? »
« Une dryade ne vieillit pas. Mon mari m’a permis de m’éloigner de mon arbre grâce à sa magie, mais il est partit en même temps que ma fille. Nous étions à Tsuki, et j’ai préféré revenir ici, sachant que loin de mon arbre, je ne me sens pas bien. »
« Et quel est votre arbre ? »

Elle lui montra un immense chêne, qui semblait bien vieux. Isildur se reconcentra sur la sépulture. Après cela, il alla voir Yuki et pressa sa main contre l’épaule de celui-ci.

« Ne t’en fais pas, elle reviendra parmi nous, tout esprit est appelé un jour à se réincarner. Elle n’est morte que physiquement, son âme restera toujours à tes côtés. »

Yuki acquiesça, sans un mot, il aurait aimé pouvoir rester auprès d'elle, mais il refusait de sacrifier sa vie, qui sait, peut-être qu'un jour, on aurait encore besoin de lui. Il détourna le regard des flammes, en larmes. Isildur le laissa partir, et il se retourna vers les autres, qui décidèrent d'un regard de laisser le guerrier seul. Il avait besoin de se retrouver, après tout, il venait de vivre une épreuve que la vie lui avait imposée.

Après que les flammes se soient éteintes, les aventuriers retrouvèrent Yuki, qui avait les yeux rouges. Il était évident qu'il avait pleuré. Il se releva et se tourna vers ses compagnons.

« Il est temps pour nous de rentrer, annoncer la nouvelle de la déchéance du roi de Tsuki et la mort d'Anälia. Nous ne devons pas manquer à notre tache. »
« Il vaudrait mieux que l'on se repose un peu, nous sommes tous sous le choc et toi le premier. »

Ravalant ses larmes, Yuki réussi tout de même à articuler quelques mots.

« Je … Je dois m'éloigner d'elle. Il faut que je rentre, pour passer cette étape. Et … Tsuki a besoin d'un nouveau roi, ou d'une nouvelle reine. »

Bien que certains pensaient que le repos serait mieux, ils décidèrent d'écouter Yuki. Ainsi, Isildur et Hana repartirent pour leur contrée d'origine, où le couronnement d'Isildur devait se faire, tandis que les autres rentrèrent à Solenia, pour retrouver le roi et lui donner les nouvelles, même si tout le monde savait que les nouvelles étaient déjà envoyées.

En partant, alors que tout le monde avançait, Hana se retourna.

« Adieu, Anälia ... »

Au moment de se retourner, elle devina dans le ciel, par les nuages, la silhouette de la défunte. Elle eut un sourire.

« Veille bien sur Yuki, il a besoin de toi. »

Puis, elle se retourna pour retrouver les autres et rentrer chez elle.


Voilà, c'est fini, c'est assez long, j'espère que quelqu'un aura le courage de tout lire ^^
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